Trois après Prey, Dan Trachtenberg poursuit son exploration du lore Predator avec Killer of Killers, film d’animation mis en scène aux côtés de Josh Wassung, qui vient d’atterrir sur Disney +. Au programme, une virée à travers les âges, alors que divers protagonistes se retrouvent à croiser le fer avec un Yautja en quête d’adversaires…
En quatre décennies d’existence, la saga Predator aura vécu des aventures pour le moins mouvementées dans le milieu du septième art, cumulant succès et échecs au gré de ses aventures. Passé un énième échec au box office en 2018 avec l’opus proposé par Shane, 20th Century Studios (ou plutôt Disney) a joué la sécurité avec le long-métrage chapeauté par Dan Trachtenberg, Prey, préférant le proposer directement en streaming – ne croyant pas totalement à sa capacité à attirer la curiosité du public. Contre toute attente, l’inverse s’est produit, celui-ci ayant été au rendez-vous de ce préquel s’articulant sur le combat de Naru, une guerrière comanche chevronnée – incarnée par Amber Midthunder – se retrouvant à défendre avec hargne sa tribu face à la menace d’un fameux ‘prédateur.
Disposant désormais d’une totale liberté créative suite à cet essai réussi, le cinéaste s’est décidé à élargir comme il se doit la mythologie propre à notre chasseur venu d’ailleurs. Et avant de découvrir son prochain ouvrage, Predator : Badlands, ce dernier vient de sortir de sa manche un atout pour le moins surprenant. Predator : Killer of Killers, qui amène la franchise vers une nouvelle galaxie, celle de l’animation. Un format permettant à Dan Trachtenberg et Josh Wassung de lâcher les rênes en termes d’intrigues et de mise en scène, le champ des possibles étant des plus larges. Capitalisant sur le concept de voyage dans le temps esquissé dans Predator II (puis explicité dans Prey), en proposant un long-métrage se déroulant à diverses périodes de notre Histoire.
Au menu des réjouissances, trois récits se centrant sur des figures pour le moins combatives : une guerrière viking guidant son jeune fils dans une quête vengeresse sanglante, un ninja du Japon féodal se retournant contre son frère samouraï dans une bataille brutale pour la succession de leur dynastie familiale ou un pilote de la Seconde Guerre mondiale aux prise avec une mystérieuse menace pouvant fragiliser la cause alliée. Trois protagonistes armés pour faire face aux défis se mettant en travers de leur chemin, n’hésitant pas à user de la violence pour recours sortir victorieux du conflit dans lequel ils sont engagés. Une hargne les amenant à se retrouver dans le viseur des Yautjas, qui comme on le sait ont un goût prononcé pour la castagne.
Ce qui nous est démontré une fois de plus dans ce Killer of Killers, qui parvient à créer la surprise en jouant tout d’abord la carte de l’anthologie pour mieux rebattre les cartes en liant les trajectoires de ces personnages s’étant vaillamment défendu face à ces êtres belliqueux venus des étoiles. De quoi alimenter un dernier acte élargissant comme il se doit les règles du jeu, avec un focus particulier sur le mode de fonctionnement de nos extra-terrestres, aimant remettre en cause leur légitimé sur l’autel de la férocité. Il faut du tempérament pour devenir le tueur ultime des tueurs et nos Yautjas le savent bien, parcourant la galaxie pour se frotter à toutes les espèces existantes.
Un point précis de la trame tracée par Dan Trachtenberg et son co-scénariste Micho Rutare, qui redonne du mordant à l’univers Predator, le tout aidé par une mise en scène ne manquant pas de panache, notamment grâce à la patte stylisée de Josh Wassung (parmi les têtes pensantes du studio d’animation The Third Floor, ici aux commandes) – soutien de taille sur ce projet. Le réalisateur est décidément inspiré par ce monstre sacré de la science-fiction, redorant son blason. En espérant maintenant que Badlands saura poursuivre sur cette excellente lancée.
Aux côtés de Josh Wassung, Dan Trachtenberg poursuit son exploration du lore Predator, offrant avec Killer of Killers un film d’animation brutal qui ne manque ni de panache ni d’idées. De quoi redonner du poil de la bête à une franchise en pleine quête de réhabilitation.

1 a réfléchi à «[Critique] Predator : Killer of Killers, l’âme du guerrier»