Cet avant-dernier week-end du mois de mai était particulier aux Etats-Unis, durant exceptionnellement jusqu’au lundi avec le Memorial Day, jour férié destiné à rendre hommage aux forces armées américaines mortes au combat. Une fenêtre stratégique pour les studios, amorçant réellement la saison estivale, bien entendu riche en blockbusters. Ainsi du 22 au 25 mai, le public pouvait découvrir en salles The Mandalorian & Grogu de Jon Favreau, mais également Passenger d’André Øvredal et I Love Boosters de Boots Riley. Parmi ces principales propositions, une est parvenue à s’envoler vers les cimes du box office. Analysons les chiffres.

Si l’an dernier, Lilo & Stitch offrait une belle rampe de lancement à la saison estivale, cette fois le fameux week-end du ‘Memorial Day’ ne secoue pas autant le box office, The Mandalorian & Grogu manquant de panache pour son décollage en direction des salles obscures – et ce malgré sa top position.
En l’espace de quatre jours, le nouveau spin-off de Star Wars – mis en scène par Jon Favreau et étirant la mythologie de la série The Mandalorian – a amassé 100M$ (dont 81M$ de vendredi à dimanche) ce qui n’est pas le lancement le plus éclatant de la saga. Loin de là. En effet, ce film dérivé ne fait pas mieux que Solo qui, en 2018, avait récolté 103M$ au même stade…pour mieux atteindre les 213,7M$ en fin de course, ce qui fût considéré comme décevant pour Lucasfilm/Disney. Il est donc déjà acté que les firmes ne seront pas non plus satisfaits du résultat de cet opus.
Débarquant également dans une belle poignée de pays, The Mandalorian & Grogu ne semble pas réellement attirer les fans de la franchise S-F, ses recettes ne grimpant qu’à 163M$ – et ce pour un budget de 165M$. Ce qui veut dire que le blockbuster devra rester solide sur ses appuis pour espérer être rentable.

Si The Mandalorian & Grogu truste la pole position, il n’a pas vampirisé les autres titres encore en lice, à l’image d’Obsession qui se paye le luxe de progresser dans le Top 3 et de tracer sa route vers le succès en deuxième place.
En parallèle de cette remontada au classement, le premier film de Curry Barker – talent issu de la sphère Youtube – se maintient à une excellent niveau avec une fréquentation déclinant de 30%. Ce qui se traduit par l’ajout de 30,3M$ de vendredi à lundi, pour un box office de l’ordre de 60,7M$. Une performance de choix, rappelant le récent succès d’Iron Lung (mis en scène par un cinéaste ayant fait ses armes sur le web, Mark Fischbach) qui avait obtenu 40,8M$ en fin de parcours.
Déployant progressivement ses ailes dans d’autres territoires, Obsession voit ses recettes virevolter à 68,3M$ et ce en disposant d’un budget de 1M$ à peine. De quoi lancer avec fracas la carrière de Curry Barker.

Alors qu’il venait se récupérer sa couronne, Michael trébuche lourdement face à la concurrence, tombant malheureusement de son piédestal – ce qui ne l’empêche de continuer à divertir le public sur la troisième et dernière marche du podium.
En dépit de cette chute, le biopic consacré à Michael Jackson réalisé par Antoine Fuqua limite la casse financièrement parlant – sa fréquentation décliner de 21%. Amassant 36,9M$ supplémentaires (en quatre jours), le long-métrage passe finalement le seuil des 300M$, ayant désormais 321,1M$ en poche. Soit un record pour le genre, ce titre surpassant désormais de loin le recordman Bohemian Rhapsody (produit par la même équipe qui officie ici) qui avait engrangé 216,6M$ en 2018. Même constat pour Antoine Fuqua, qui n’avait jamais atteint un tel niveau de toute sa filmographie (son résultat le plus puissant était jusqu’ici de 102M$ pour The Equalizer II).
Tout comme aux États-Unis, Michael fait des merveilles dans le reste du globe, ayant à ce stade accumulé 789,2M$, ce qui est satisfaisant. Cette fois le compte est bon, son budget de 200M$ étant finalement renfloué – les bénéfices sont de la partie.