Trois ans après un retour triomphal dans le milieu du septième art, se traduisant par un box office mondial culminant à plus de 1,3 milliard de dollars, la saga Super Mario poursuit sa reconquête du cinéma sous l’égide de Nintendo et du studio Illumination. En résulte Super Mario Galaxy Le Film, une seconde partie XXL pilotée par le duo Aaron Horvath/Michael Jelenic et pouvant toujours compter sur la présence vocale (en version originale) de Chris Pratt, Anya Taylor-Joy, Charlie Day, Jack Black, Keegan-Michael Key ou encore Seth Rogen – emmenant le célèbre pompier à la salopette rouge et ses camarades de jeu hors de la surface terrestre pour une aventure un peu plus près des étoiles.
Fort du succès de leur premier film commun, Nintendo et Illumination poursuivre leur pas de deux dans l’arène de l’animation, qui semble convenir à leur mascotte – du moins visuellement parlant. Car si le public pouvait en prendre plein les mirettes en voyageant aux côtés de Mario et Luigi au sein des différents royaumes s’offrant à eux, question intrigue, force était de constater que l’équipe créative préférait avancer tête foncée vers l’action plutôt que de chercher à lier habilement tous les éléments propres à la franchise imaginée par Shigeru Miyamoto durant les années 80 – et qui ne cesse de s’étendre. Maintenant que les bases ont été posées, que nos protagonistes ont compris les règles de ces mondes qui les entourent, le terrain était donc déblayé pour mieux élargir leurs horizons. De quoi amener le tandem formé par Aaron Horvath et Michael Jelenic à s’essayer à l’adaptation d’un titre phare de la saga vidéoludique, Super Mario Galaxy.
En résulte un second opus synonyme d’excursion à rythme soutenu à travers les étoiles, multipliant les références plutôt que de solidifier un script qui part littéralement dans tous les sens. Alors qu’ils viennent de trouver leurs marques au Royaume Champignon, Mario et son frangin Luigi se retrouvent propulsés malgré eux au cœur d’un sacré mic-mac, nos experts de la tuyauterie devant faire face à la quête vengeresse d’un Bowser Jr. déterminé à libérer son papa de ses chaînes – pour mieux dominer la Voie lactée avec lui. Soit le point de départ de deux quêtes parallèles puisque nos ‘bros’ ne sont pas seuls à vouloir jouer les sauveurs, Peach étant la clé de cette histoire, son mystérieux passé (et son lien avec la princesse Harmony) s’éclairant au gré de son exploration des planètes se présentant à elle. Et au milieu, nous avons un Bowser désireux de s’éloigner de son côté obscur qui lui fait tant défaut. Un programme chargé, s’étirant durant une petite heure et demie, à vitesse grand V.
S’éloignant rapidement de la trame du jeu-vidéo donnant son nom au long-métrage, Matthew Fogel nous concocte une partie comprenant trop de joueurs pour son propre bien – séparant ses personnages en petits groupes afin de nous introduire à de nouvelles têtes connus de la galaxie Mario tells que Yoshi, Harmony, Bowser Jr….et même Fox McCloud. On le comprend rapidement, avec cette suite se renforce la volonté de créer un univers partagé estampillé Nintendo, qui devrait nous mener en toute logique vers un crossover à la Super Smash Bros. Mais en attendant, en allant trop vite en besogne question développement de la mythologie, cette odyssée hors de l’atmosphère terrestre réitère les défauts de son prédécesseur en termes d’écriture.
Ainsi, si la frénésie de la mise en scène enlevée de Aaron Horvath et Michael Jelenic aide à faire passer la pilule – puisqu’il n’y a littéralement aucun temps mort – les tribulations de Mario et Luigi d’un côté, de Peach et Toad de l’autre manquent de piquant. Certes nous sommes un minimum divertis, surtout les plus jeunes, mais au final en dépit de quelques séquences amusantes et des clins d’œils à destination des fans de la première heure, Super Mario Galaxy Le Film ne laisse pas un souvenir impérissable une fois son visionnage terminé, ce qui est dommage. Mais ne désespérons pas, il y a tout de même de l’amélioration par rapport à Super Mario Bros., avec un second degré qui fait quelque fois mouche (merci Bowser) et une réalisation s’affirmant, avec des parenthèses visuelles bienvenue – que l’on ressorte le 8-bit du placard ou que l’on voyage le temps de l’introduction de Fox McCloud vers l’animation japonaise. Il y a des idées mais l’exécution n’est pas des plus convaincantes. À voir si cette marge de progression augmentera dans les prochains volets, le potentiel reste là.
Avec Super Mario Galaxy Le Film, Nintendo et Illumination proposent aux fans du plombier le plus célèbre de la pop culture une aventure frénétique à travers les étoiles – courant trop de lièvres à la fois pour rester cohérente narrativement parlant.
