Quelques mois après la diffusion de Wonder Man sur Disney+, Destin Daniel Cretton effectue son retour au cinéma – sous le giron de Sony Pictures et Marvel Studios – avec Spider-Man : Brand New Day, quatrième film consacré au super-héros arachnéen incarné par Tom Holland. Pouvant toujours compter sur la présence de l’acteur, Zendaya, Jacob Batalon, le retour de Michael Mando ou encore la présence de Jon Bernthal, Sadie Sink, Tramell Tillman et Mark Ruffalo, ce chapitre se concentre sur un Peter Parker plus isolé que jamais suite aux événements du précédent opus, No Way Home…
Depuis son arrivée au sein du MCU (grâce à l’aval de Sony Pictures), Peter Parker et son alter-ego super-héroïque auront redonner un coup de fouet au personnage que ce soit via des crossovers ou longs-métrages solo. Et cinq ans après Spider-man : No Way Home, qui paracheva la trilogie chapeautée par Jon Watts avec une rencontre au sommet entre Tom Holland et ses prédécesseurs Andrew Garfield et Tobey Maguire – qui amassa la bagatelle de 1,9 milliard de recettes sur la surface du globe – l’heure est venue pour l’homme-araignée d’ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Pour s’y faire, Marvel et Sony se sont entourés de Destin Daniel Cretton, qui a déjà chapeauté pour la firme Shang-Chi sur le grand écran puis Wonder Man sur Disney +. Un choix se révélant judicieux, le cinéaste mettant son sens de la mise en scène au service d’une histoire se voulant moins spectaculaire qu’à l’accoutumée, privilégiant le développement de ses personnages à l’action – tout du moins lors d’une grande partie de ce (semi) nouveau départ qu’est Brand New Day.
S’éloignant du style de son prédécesseur, le réalisateur se sert de la conclusion du volet précédent pour nous présenter un héros à la croisée des chemins, n’ayant nul autre choix que de se réinventer maintenant que le monde entier à oublié que Peter Parker était Spider-Man. Plus isolé que jamais, notre protagoniste a mis sa vie personnelle entre parenthèse, préférant n’être que la petite araignée sympa du quartier. Une décision qui fait le bonheur des autorités, ce dernier ne chômant pas pour mettre un terme aux méfaits d’une bonne galerie de vilains, mais qui n’est pas sans conséquences. Ayant fort à faire dans son quotidien désormais morose, ce pauvre Peter arrive donc à un stade crucial de son évolution et va découvrir que cela impacte ses pouvoirs…
Vous l’aurez compris, ici ce qui compte est la psyché de Peter, avec un retour sur le devant de la scène de la notion de double identité. Destin Daniel Cretton et ses scénaristes – Chris McKenna et Eric Sommers – se rapprochent ainsi des thématiques abordées il y a deux décennies par Sam Raimi, où l’humain prime sur le spectaculaire. De quoi renforcer le capital sympathie pour le Spider-Man de Tom Holland qui, en dépit de son exposition dans le MCU (outre ses aventures solo, il aura tisser sa toile dans Captain America : Civil War, Avengers : Infinity War/Endgame), a encore des choses à dire à l’écran. Si voir ses proches s’épanouir loin de lui ne suffisait pas, ce pauvre Peter vit un bouleversement intérieur, son corps mutant – ce qui impacte son quotidien héroïque. Une storyline qui là aussi joue une carte déjà jouée par le passé – Spider-Man 2 en l’occurrence – mais qui reste pertinente pour cette version, donnant du corps aux errances de ce Peter ne cessant de cogiter.
D’autant plus que cela vient renforcer les autres fils scénaristiques du film, où l’on remet en question la place de chaque pièce de ce volet sur cet échiquier Marvel, en perpétuelle mue. Frank Castle et Bruce Banner en sont des exemples probants, en particulier le premier, se montrant sous un jour plus lumineux, quand le second se retrouve malgré lui dans un rôle délicat, suite à une manipulation de l’esprit. Un retour au Hulk sauvage, que l’on doit à « l’antagoniste » de Brand New Day, une télépathe elle aussi en plein tumulte intérieur, ce qui la rapproche de la trajectoire de Peter. Un autre choix qui fait sens même si au premier abord, on se demande pourquoi greffer l’univers de Spider-Man à celui d’une autre franchise culte (qui commence avec un X…) d’autant plus lorsque les rangs sont déjà bien remplis niveau héros et méchants. Mais les éléments dramatiques venant s’immiscer entre deux moments de bravoure durant le dernier acte du long-métrage lui apporte un supplément d’âme – tout en donnant du matériel à sa distribution, Tom Holland et Sadie Sink en tête.
Si durant ses deux-heures-vingt-cinq de durée l’intrigue fait du yo-yo, surtout dans son ultime demi-heure, Spider-Man cuvée 2026 ne ménage pas ses efforts pour que le public reste attentif aux déboires de Peter Parker et y parvient grâce à un élément essentiel. La direction artistique de Destin Daniel Cretton, qui se concentre avant tout sur les personnages et se laisse des temps de respiration pour améliorer leur évolution. Si tout n’est pas parfait, on ressent la sincérité du réalisateur pour laisser transparaître son amour pour les comics, celui-ci n’étant pas un simple yes man. Visuellement, la qualité est au rendez-vous et grimpe même d’un cran comparé à la trilogie de James Watts, les rues de New York fourmillant à nouveau, les instants héroïques ayant de l’ampleur. Ce qui permet à Brand New Day de marquer des points à une période où le MCU a du mal à trouver sa voie. Avec cet opus, Spider-Man reprend des couleurs et conforte Tom Holland dans un rôle qui lui colle désormais à la peau – l’acteur donnant de sa personne pour que l’on croit aux tourments de son alter-ego.
