Qui aurait pu prédire en 2004 que Saw, réalisé par un certain James Wan, marquerait le point de départ d’une odyssée sanglante dans le milieu du septième art ? Peu de monde. Et pourtant, suite au succès de ce coup d’essai, qui avait électrisé les spectateurs et la critique, amassant 104M$ sur la surface du globe pour un budget de 1,2M$, s’est initiée une licence devenue phare parmi le genre horrifique. En vingt-et-un ans d’existence, la saga ayant remis au goût du jour le ‘torture-porn’ a su trouver son public, amateur de sensations fortes et en dix long-métrages, celle-ci a passé le cap du milliard de dollars recettes dans le monde.
Avec des billets verts se multipliant comme des petits pains, le tout sans folie des grandeurs niveau dépense, il était certain que Lionsgate aurait eu du mal à se séparer de l’une de ses marques emblématiques. Car rappelons-le, celle-ci devait s’arrêter avec Saw 3D mais depuis cette simili-conclusion, la firme a relancé la machine avec Jigsaw, le spin-off Spirale puis un préquel destiné à ramener les fans de la première heure dans ses filets, en convoquant l’esprit de John Kramer, qui fût incarné par Tobin Bell durant huit épisodes. Une formule gagnante puisque ce Saw X, mis en scène par Kevin Greutert, aura engrangé 112,3M$ à l’automne 2023. De quoi amorcer sereinement le développement d’un onzième film. Et pourtant, annoncé pour cette année, ce nouveau tour de piste a été purement et simplement éjecté du calendrier, suite à des soucis en interne. Mais, comme elle l’a prouvé à maintes reprises la franchise a plus d’un tour dans son sac, se préparant à se rappeler au bon souvenir de ses fans.
En effet, les producteurs Oren Koules et Mark Burg ont décidé de se séparer de leur poule aux œufs d’or, ayant revendu les droits de Saw à Bluhmouse, qui consolide un catalogue déjà bien fourni. Incontournable dans le monde de l’horreur, la société de Jason Blum se pare d’un titre de choix. Lionsgate de son côté n’est pas perdant, conservant sa part de 50% sur la propriété intellectuelle, pouvant continuer à distribuer les volets qui débarqueront à l’avenir dans les salles obscures. Car oui cette transaction est synonyme d’ouverture d’un nouveau chapitre, d’autant plus que celui-ci pourra compter sur la présence de deux figures importantes. James Wan et Leigh Whannell, qui ont imaginé ensemble la première partie de ce jeu macabre. Le duo, qui officie chez Blumhouse, récupère ainsi son bébé. De quoi leur permettre de reprendre la main sur une mythologie qui aura échappé à leur contrôle.
« Saw occupe une place particulière dans mon cœur – c’est là que Leigh et moi avons commencé notre voyage à Hollywood. Remettre les pieds dans cet univers avec une nouvelle perspective est à la fois passionnant et profondément personnel » a déclaré Wan suite à cette annonce. « Pour moi, cela marquera un retour créatif de taille au sein de la franchise ‘Saw’ et j’ai vraiment hâte d’embrasser l’esprit original tout en faisant avancer l’héritage de manière audacieuse et inattendue.«
