Trois ans après Midway, Roland Emmerich revient derrière la caméra avec Moonfall, qui réunit au casting Halle Berry, Patrick Wilson, John Bradley, Charlie Plummer, Wenwen Yu, Carolina Bartczak, Eme Ikwuakor ou encore Michael Peña et Donald Sutherland. Au programme du long-métrage, la rencontre fracassante entre la Terre et la lune à la suite du changement soudain d’orbite de cette dernière…

S’il s’autorise de temps à autres quelques écarts, le dernier en date lui permettant de s’atteler à la reconstitution de la bataille de Midway, Roland Emmerich ne reste jamais longtemps éloigné de son domaine de prédilection – le film catastrophe – une constante dans sa filmographie. S’employant la plupart du temps à semer le chaos via le prisme de la science-fiction, le réalisateur ne manque pas d’imagination pour trouver des moyens de détruire la Terre. Preuve en est, son dernier ouvrage en date, Moonfall, fait littéralement s’entrechoquer notre bonne vieille planète bleue avec son satellite naturel, pour une rencontre synonyme de destruction massive. De nouveaux ingrédients pour une recette finalement immuable, sentant ce doux parfum réchauffé.

Même si l’on vient découvrir ce blockbuster en connaissance de cause, avec l’assurance d’un spectacle régressif décollant la rétine, difficile de se laisser emporter par ce cru 2022 de la maison Emmerich, tant ce dernier tâtonne dans le dosage de ses ingrédients. Si l’on ne doute pas de sa bonne volonté, celui qui était autrefois l’un des experts du divertissement ‘pop corn’ ne parvient plus à se renouveler, nous mitonnant un petit plat qui manque cruellement de saveur. Bien entendu, nous sommes loin de la piètre qualité du très oubliable Independence Day : Resurgence, qui balayait d’un revers de la main tout ce qui avait fait le charme de son prédécesseur pour nous proposer une superproduction poussive et paresseuse. Mais malgré tout, il est dommage de constater que le metteur en scène peine à se renouveler, alors que le postulat de départ était plutôt alléchant. Mais entre l’idée de faire tomber le ciel sur la tête de l’humanité et son exécution, il y a tout un monde est c’est bien là que le bât blesse.

Au menu de Moonfall, un phénomène astronomique à priori improbable : la collision entre la Terre et la lune, l’astre nous servant de satellite ne tournant plus rond à la suite d’une modification soudaine de son orbite. Un phénomène d’origine inconnue pour une attraction fatale, laissant peu de place à l’optimisme. Face au spectre d’une apocalypse imminente, le scénario va se concentrer sur la mission de la dernière chance pilotée par deux anciens astronautes ainsi qu’un théoricien du complot pour restaurer les lois de la physique. Un programme où l’on sait pertinemment que toute logique va être défiée sur l’autel du grand spectacle – ce qui n’est pas tant un problème en soit lorsque le délire S-F tient un minimum la route. Hélas, en cherchant à se partager entre les étoiles et la terre ferme, Roland Emmerich, qui officie à l’écriture, peine à trouver la trajectoire adéquat pour que la sauce prenne réellement. En résulte une première heure pénible dans la mesure où – en plus d’un montage bancal – le cinéaste multiplie les pistes mais ne leur donnent pas réellement de liant. Entre les problèmes personnels de notre trio principal autour duquel gravitent ceux de leurs proches, ainsi que les tenants et aboutissants concernant la menace planant au-dessus de toutes les têtes, les pièces du puzzle ont du mal à s’imbriquer – d’autant plus lorsque celles-ci font ressortir les marottes propres à notre homme.

Si la deuxième partie du film se révèle moins bordélique, les dégâts provoqués par l’inéluctable rapprochement de la Lune permettant de mettre l’accent sur la destruction – même si l’on ne peut que constater qu’Emmerich en garde sous le pied en terme d’action – il est regrettable de constater que nous sommes face à un gâchis en terme de potentiel. Les balbutiements du début pénalisent l’ensemble de l’œuvre, qui tend à nous introduire à un univers plus large que prévu avec un développement de thématiques S-F telles que les superstructures. L’expédition héroïque du trio formé par Halle Berry, Patrick Wilson, John Bradley (qui sont l’atout de Moonfall en croyant un minimum à ce qu’il se passe devant leurs yeux) dérive alors vers une rencontre du troisième type – amorçant la mise en place d’une franchise. De quoi donner un semblant d’explication aux oscillations multiples du scénario, Emmerich préférant ouvrir des portes plutôt que d’en fermer – ce qui lui porte une fois de plus préjudice. Après Godzilla et Independance Day : Resurgence, nous sommes encore face à un long-métrage censé servir de base à de futures suites. Comme le dit l’adage, jamais deux sans trois et comme il était à prévoir, cette tentative se solde avec un échec – les résultats décevants du box office venant mettre un terme aux envies d’ailleurs du réalisateur.

Avec Moonfall, Roland Emmerich tente de viser la lune mais peine à atterrir ne serait-ce que dans les étoiles, sa nouvelle proposition S-F sentant cruellement le réchauffé – malgré un casting sympathique et une petite dose de destruction massive – à cause d’un scénario des plus brouillons. Du potentiel mais une exécution sommaire, ce qui est dommage.

© Metropolitan FilmExport

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