Neuf ans après avoir orchestré le reboot d’Evil Dead, Fede Álvarez s’attaque à une autre franchise horrifique en produisant un nouveau Massacre À La Tronçonneuse – dont la réalisation a été confié David Blue Garcia, qui s’est fait repéré il y a quatre ans sur le sol américain avec Tejano (inédit dans notre pays). Comprenant au casting Sarah Yarkin, Elsie Fisher, Mark Burnham, Jacob Latimore, Moe Dunford ou encore Olwen Fouéré, le long-métrage se concentre sur l’arrivée d’un groupe d’entrepreneurs dans la petite ville d’Harlow, un soi-disant havre de paix qui va devenir le théâtre d’un véritable cauchemar…

Comme la plupart de ses comparses issus du genre horrifique tels que Freddy Krueger, Michael Myers ou encore Jason Voorhes, Leatherface a toujours su renaître de ses cendres pour revenir effrayer les spectateurs. Pour preuve, depuis le Massacre À La Tronçonneuse originel de Tobe Hopper, qui date de 1974, nous avons eu le droit à sept films consacrés au personnage – et à sa cannibale de famille – le tout pour une saga à la chronologie pour le moins bordélique, se partageant entre suites, préquels et reboots. Avec la mode du requel qui agite depuis quelques années Hollywood, ce n’était qu’une question de temps avant que la franchise efface une partie de son historique pour repartir sur des bases ‘saines’.

Ce qui n’a pas manqué, Fede Álvarez ayant remis en marche la machine avec un neuvième Massacre…, pour lequel il s’est contenté du poste de producteur, préférant confier les rênes de ce projet à un petit nouveau dans ce domaine, David Blu Garcia – qui signe là sa seconde réalisation. Premièrement développé pour le cinéma par Legendary Pictures, ce volet vient finalement de débarquer sur Netflix, de quoi faire planer une certaine crainte quant à la qualité intrinsèque du produit fini puisque dans une grande majorité de cas, lorsqu’un studio accepte de revendre ses productions à une plateforme streaming, c’est que celui-ci ne croit pas en son potentiel – préférant s’en débarrasser. Si, tout du long de son existence, la saga a connu des hauts mais aussi de nombreux bas, que dire de ce dernier cru qui nous est proposé ? Pas grand chose malheureusement.

Cherchant à recoller les morceaux avec l’œuvre de Tobe Hopper tout en se dirigeant vers une nouvelle direction, ce qui est somme toute le schéma classique de ce type de relecture, cet épisode aurait pu donner un second souffle à la mythologie Massacre À La Tronçonneuse si elle avait vraiment eu l’ambition de ses moyens. Ce qui n’est absolument pas à l’ordre du jour, l’équipe créative se contentant de se payer les génération Z à grand renfort d’hémoglobine, oubliant dans ce processus ce qui faisait l’essence de son prédécesseur dont il prétend être son prolongement. Se basant sur une histoire de Fede Álvarez et Rodo Sayagues, le script concocté par Chris Thomas Devlin nous entraîne cinquante ans après les événements ayant secoué le Texas et bouleversé à tout jamais l’existence de Sally Hardesty, où le spectre de Leatherface va se faire insistant. Restant calé sur des éléments clés du requel, celui-ci se concentre sur une galerie de protagonistes inédits auxquels se greffent des figures connus de l’univers, le tout pour un passage de flambeau s’opérant dans les cris et la douleur – à l’image de ce que l’on a vu récemment avec Halloween puis Scream.

Seul hic, et de taille, le scénario proposé tourne rapidement à vide, ne parvenant ni à créer une ambiance ni à développer de manière convenables les thématiques abordées. En résulte un film court, une heure vingt générique compris, témoignant d’une difficulté à trouver de la matière pour établir une intrigue au minimum intéressante. Ainsi l’entreprise d’un duo d’entrepreneurs, Melody et Dante, qui – accompagnés de la sœur de la première et de la compagne du second – cherchant à réhabiliter une bourgade tombée à l’abandon, tourne rapidement au cauchemar pour ces derniers ainsi que pour le spectateur. Laissant la réflexion sur le pas de la porte, l’intrigue coupe court à la moindre réflexion sur la start-up nation, la gentrification et ses dérives, préférant rentrer dans le vif du sujet avec de gros sabots : Enerver Leatherface et laisser éclater sa rage. Nous ne sommes alors plus dans l’instauration d’un climat malsain et glauque, comme Hopper l’avait fait avec brio, mais dans la démonstration pure et dure. Notre mutique tueur ne fait pas dans la dentelle et s’acharne comme un beau diable à semer la mort et la terreur sur son passage.

Au milieu de cette boucherie, réapparaît une Sally Hardesty prête à en découdre avec son oppresseur (désormais incarnée par Olwen Fouéré suite au décès de Marylin Burns en 2014), ce qui rappelle fortement le cas Laurie Strode dans le Halloween de David Gordon Green. Une résurgence qui annonçait un face à face tendu entre bourreau et ancienne victime mais là aussi peu d’efforts sont établis pour que la tension soit à son comble. Ce qui compte sont les moyens mis en œuvre par notre boogeyman pour trucider ceux qui se trouvent sur son chemin, l’attraction du long-métrage. Au moins cela permet à David Blue Garcia de s’amuser au niveau de la réalisation – le pauvre n’ayant pas hérité d’un script solide – celui-ci multipliant les trouvailles visuelles pour que le bain de sang soit au rendez-vous. Point d’orgue de cette orgie d’hémoglobine, une séquence hallucinante dans un bus rempli d’influenceurs, où la violence atteint son paroxysme de façon totalement gratuite. Grandiloquent mais efficace en terme de divertissement macabrement décérébré, ce qui est déjà ça de pris dira t-on.

Peu de choses à se mettre sous la dent avec cette cuvée 2022 de Massacre À La Tronçonneuse qui, malgré les efforts de David Blue Garcia pour faire parler le sang, n’est qu’une suite peu inspirée – la faute à un scénario cliché et brouillon se contentant d’une boucherie sans aucune piste de réflexion. Pour son retour à l’écran, Leatherface méritait mieux.

© Netflix

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