[Critique] Antoinette Dans Les Cévennes, sur le chemin de l’épanouissement

Vingt ans après Les Autres Filles, la scénariste et réalisatrice Caroline Vignal fait son retour derrière la caméra avec Antoinette Dans Les Cévennes, une comédie comprenant au casting Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Côte et nous faisant suivre la quête d’une enseignante, partie sur les traces de son amant en plein coeur des massifs des Cévennes…

Avec Antoinette Dans Les Cévennes, Caroline Vignal nous concocte une comédie pétillante et revigorante, pour un voyage initiatique savoureux et sincère respirant la joie de vivre.

Le scénario du long-métrage, écrit par la réalisatrice, a une mission simple, celle de nous proposer une petite bulle de douceur à travers le parcours chaotique mais drôle de son personnage principal, pour une randonnée épuisante physiquement et émotionnellement pour cette dernière mais au contraire revigorante pour le public. Ainsi, ne perdant pas de temps à mettre en place ses enjeux, le film nous introduit à Antoinette, enseignante vivant une histoire d’amour avec Vladimir, père d’une de ses élèves. Si tout pourrait aller pour le mieux, il y a un énorme hic à leur romance, notre homme est marié. D’ailleurs, alors que nos tourtereaux devaient profiter de quelques jours rien que tous les deux, leurs plans tombent à l’eau lorsque ce dernier doit partir en randonnée dans les Cévennes avec femme et enfant, afin de suivre le chemin de Stevenson, un incontournable pour les passionnés de marche et de nature.

Ni une, ni deux, notre malicieuse ingénue prend la décision de s’aventurer elle aussi sur ce terrain, dans l’espoir de croiser l’homme qu’elle aime, un parcours synonyme d’introspection mais également d’embûches, le tout pour une excursion qui se suit avec plaisir grâce à une intrigue épurée, laissant une totale liberté de ton à son actrice phare, Laure Calamy. En se centrant avant tout sur l’épopée de notre amoureuse éperdue, Antoinette Dans Les Cévennes devient un récit d’émancipation où, par le biais d’une série d’épreuves, l’épanouissement et le bonheur pointent à l’horizon. Ici, notre pauvre Antoinette enchaîne déconvenue sur déconvenue, perdue sans son être cher et surtout perturbée par le regard des autres, qu’il soit compréhensif, évocateur ou même lubrique. Cette solitude, que l’on ressent aisément à l’écran, va progressivement devenir une force pour la jeune femme qui va trouver dans cette randonnée de quoi se défaire de ses poids pour se libérer et profiter de sa vie comme elle le souhaite. Un voyage expiatoire qui ne manque pas de sel ni d’humour grâce à un tandem des plus charmants, celui formé par notre aventurière en herbe et l’âne Patrick, son compagnon de route.

Si l’on apprécie les prestations de Benjamin Lavernhe, impeccable en mari/amant faux-jeton et d’Olivia Côte, qui se démarque également dans la peau d’Eléonore, la femme de Vladimir – pas aussi dupe qu’on pourrait le penser – l’actrice qui irradie Antoinette Dans Les Cévennes est sans conteste Laure Calamy, qui tient le haut de l’affiche avec bonhommie et tendresse, parvenant à composer un personnage pour le moins attachant dont on suit avec attention le chemin de croix. L’actrice porte le long-métrage sur ses épaules et peut ainsi montrer l’étendue de sa palette de jeu, son énergie ainsi que sa folie douce apportant un atout non négligeable à cette nouvelle réalisation de Caroline Vignal. Le tandem que la comédienne forme avec le fameux Patrick, l’autre vedette du film est digne d’un buddy-movie, l’alchimie et la complémentarité entre cette dernière et l’animal fonctionnant à merveille. Notre duo de choc nous propose un pas de deux délectable entre engueulades et moments de complicité, soient les meilleures scènes de la comédie.

Saluons également la mise en scène soignée de Caroline Vignal qui aide à instaurer un certain cachet à l’œuvre de par son aspect naturaliste, mettant en lumière les Cévennes à travers ses plans larges, permettant d’admirer le paysage et ses reliefs. De quoi donner envie de s’essayer au chemin de Stevenson et de se replonger dans le récit de l’auteur, Voyage avec un âne dans les Cévennes, présent en forme de clin d’oeil tout le long du métrage.

Nous invitant au voyage, Antoinette Dans Les Cévennes est une comédie légère et délicieuse qui doit beaucoup à la bonne humeur communicative de Laure Calamy (et de Patrick !) qui est l’atout coeur de cette nouvelle réalisation de Caroline Vignal, nous proposant une parenthèse enchantée des plus charmantes.

© Julien Panié / CHAPKA FILMS / LA FILMERIE / FRANCE 3 CINEMA

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