[Critique] The Rental, week-end chaotique

Avec The Rental, l’acteur Dave Franco passe pour la première fois de sa carrière derrière la caméra, s’entourant de Dan Stevens, Alison Brie, Jeremy Allen White, Sheila Vand, Toby Huss et nous faisant suivre le week-end de deux couples au bord d’une maison de rêve, qui cache bien des secrets…

Avec The Rental, Dave Franco privilégie le drame à l’horreur pour mieux analyser les rapports humains, pour un thriller qui se veut intimiste mais qui ne marque pas les esprits, la faute à un rythme inégal.

Le scénario du long-métrage, co-écrit par Franco et Joe Swanberg, figure du mouvement mumblecore, se concentre avant tout sur l’exploration du sentiment d’insécurité, qui se traduit à la fois par le parcours des couples au coeur de l’intrigue et par un sous-texte sur le racisme. Ainsi, nous suivons deux frères, Charlie et Josh partir avec leur compagne respective dans une villa au bord de mer pour un week-end détente. Ce séjour dans cette location sublime, gérée par un propriétaire douteux, va être synonyme de malaise aussi bien pour les personnages que pour le spectateur.

S’articulant avant tout sur les liens unissant notre quatuor, The Rental joue avec les codes de l’horreur pour mieux instiller une ambiance de doute et de paranoïa, les agissements de chacun prenant le pas sur les sombres secrets de la location les hébergeant. Prenant son temps avant de faire éclater l’équilibre des couples et nous plonger dans une spirale infernale, cette descente progressive vers l’irréparable se déroule à un rythme apathique, une apparente lenteur qui pourra décontenancer pour ceux qui s’attendait à plus de tension. Mais cette volonté intimiste à son charme, laissant libre cours au jeu d’acteurs et nous attachant aux principaux protagonistes incarnés avec justesse par Dan Stevens, Jeremy Allen White, Sheila Vand et Alison Brie, même si l’on pourra regretter une certaine mise en retrait de cette dernière.

Cette étude du couple et plus généralement des rapports humains, entre méfiance et repli sur soi, laisse place à l’horreur dans la dernière partie du film, pour une rupture de ton qui au final fait défaut à l’ensemble de l’oeuvre, bifurquant vers une trajectoire prévisible lorsque la mort entre en scène. Pire, en voulant rajouter une dose de slasher pour terminer ce week-end cauchemardesque sur une notre sanglante, Dave Franco et Joe Swanberg perdent toute nuance et optent pour un accès de violence qui, au vu de ce qui avait été précédemment établi, n’a pas sa place ici.

Si le scénario ne tient pas ses promesses et se montre bancal, la mise en scène de Franco est à souligner, faisant le job, le réalisateur sachant installer une atmosphère trouble, servant le propos de The Rental. Enfermant principalement son casting entre quatre murs, pour mieux renforcer sur le côté intimiste, ce dernier s’efforce à créer un lien entre les personnages et le public, ce qui fonctionne dans ce cas précis. Outre la direction d’acteur, on retient également la photographique grisâtre et brumeuse de Christian Sprenger, infusant une aura anxiogène.

Avec The Rental, Dave Franco nous joue la carte de l’intime pour observer à la loupe les rapports humains avant de sombrer dans l’horreur, pour un mélange des genres qui a du mal à convaincre, la faute à un scénario ne tenant pas sur la longueur. S’il ne restera pas dans les mémoires, ce week-end cauchemardesque se laisse regarder pour son casting, le point fort du film.

© Metropolitan FilmExport

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