[Critique] Ramdam, combat pour le vivre-ensemble

Prévu à la base comme un série, son pilote ayant été récompensé au Festival de La Rochelle en 2017, Ramdam est devenu au fil du temps un long-métrage co-produit par Arte, qui s’occupe également de sa diffusion à la télévision. Réalisé par Zangro et comprenant au casting Lyes Salem, Djemel Barek, Yamin Dib, Sid Ahmed Agoumi, Farida Ouchani, Thaïs Kirby ou encore Michèle Brousse, celui-ci nous entraîne dans un village du Sud-Ouest où la fermeture d’une mosquée va être le sujet de conflits cultuels et personnels.

Avec Ramdam, Zangro signe une comédie traitant avec tact des questions de religion et d’identité, pour aborder de la perception de l’islam en France, une thématique se cristallisant autour d’un affrontement opposant un père et son fils quant à la fermeture d’une mosquée.

Le scénario, que le réalisateur a co-écrit avec Fouad Saanadi, imam et Nacim Mehtar (La Fin De L’Été) avec la collaboration du tandem Vincent Poymiro/David Elkaïm (Ainsi Soient-Ils), évite tout manichéisme et se concentre avant tout sur les notions d’entraide et de solidarité, le tout traité avec une bonne dose de dérision, permettant ainsi de délivrer les messages et critiques avec plus de facilité.

Ramdam nous plonge au sein d’un règlement de comptes, celui régnant au cœur du village de Saint-Marsain où Rachid, président du club de rugby local, souhaite utiliser le bâtiment où se trouve la mosquée locale pour en faire un club-house. Découvrant le projet de son père, avec qui les relations sont tendues, Amine, professeur d’histoire des civilisations à Bordeaux veut aider les fidèles sauf qu’à la suite d’un quiproquo celui-ci se voit nommé imam par ces derniers. Avec humour, Zangro pointe du doigt les petits travers de tout le monde, de la difficulté d’intégration aux préjugés de chacun quant à la religion et l’on se plaît à suivre les mésaventures de cette petite troupe qui, à travers sa volonté de conserver leur lieu de culte, va prôner un sujet plus vaste, le vivre-ensemble.

En plus de mettre en avant, avec pertinence, l’utilité du lien social pour améliorer les rapports humains, que ce soit dans une mosquée ou sur un terrain de rugby, le capital sympathie de cette comédie provient également de la galerie personnages dépeints, qui sont attachants et dont les défauts deviennent au final une force. Des facéties de Djemel Barek et Sid Ahmed Agoumi, contre-balancé par la justesse de Lyes Salem, chef de file de la distribution, le casting s’en donne à cœur joie et cela se ressent à l’écran. Au contraire, on pourra regretter que la réalisation de Zangro ne parvienne pas à insuffler ce petit grain de folie qui aurait ajouté un certain cachet à la mise en scène, qui aurait gagné à être moins rigide, pour mieux gommer cet aspect téléfilm.

Avec Ramdam, Zangro concocte une comédie sociale qui, par le biais de l’humour, parvient à traiter avec bienveillance d’un sujet qui peut prêter à controverse, les relations entre la France et l’islam. Évitant écueils et clichés, le film se veut humaniste et réussi à délivrer avec une certaine justesse ses messages sur l’identité, la tolérance et le vivre-ensemble, pour un résultat drôle et chaleureux.

Ramdam

© Bien Ou Bien Productions

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