[Critique] Le Roi Lion, revenir dans la lumière

Vingt-cinq ans après le film d’animation éponyme de Roger Allers et Rob Minkoff, Le Roi Lion a le droit à une relecture de la part de Disney et de Jon Favreau, qui après avoir mis en scène l’adaptation live du Livre De La Jungle nous concocte cette fois une version entièrement numérique des aventures du jeune Simba au sein de la Terre des Lions…

Après Dumbo et Aladdin, Disney poursuit cette année sa frénésie concernant les adaptations live de ses grands classiques avec Le Roi Lion. Contrairement à ses deux prédécesseurs, point d’acteurs présents en chair et en os, nous avons affaire ici à un film conçu entièrement par ordinateur.

C’est sur ce point précis que le long-métrage de Jon Favreau gagne des points car, avouons-le, le rendu 100% numérique est bluffant de réalisme et l’environnement créé est de toute beauté. Nous repartons à la découverte d’une Terre des Lions et d’une savane plus vraie que nature et le résultat est plus que convaincant.

Au niveau du scénario, le script écrit par Jeff Nathanson ne s’éloigne pas de celui imaginé par Irene Mecchi, Jonathan Roberts et Linda Woolverton pour le dessin-animé de 1994. Nous sommes donc en territoire connu dès l’introduction et les premières notes de L’Histoire De La Vie. Du baptême de Simba à son exil en passant à la mort de Mufasa, les grandes lignes de l’intrigue sont identiques et même si d’infimes changements sont à noter, elles ne modifient en rien l’ensemble et sont de l’ordre du détail.
Cette envie de coller au plus près de l’oeuvre de Roger Allers et Rob Minkoff est un parti-pris de Jon Favreau mais ce choix aura ses détracteurs comme ses défenseurs. N’est-ce pas un choix purement mercantile de la part de Disney de nous livrer une telle copie ? Une question tout à fait légitime. Surtout que si l’on fait la comparaison avec Dumbo, qui s’éloignait de son homologue avec la patte de Tim Burton et Aladdin, qui proposait quelques modifications, ce Roi Lion est plus que fidèle à son pendant animé.

D’ailleurs, le projet se voulant réaliste et proche du documentaire animalier ce que l’on constate facilement visuellement avec les décors naturels et le design de nos protagonistes, un contraste subsiste tout de même entre l’apparence de ces derniers et leurs paroles et il en ressort un manque d’expression criant, qui n’aide pas à instaurer l’émotion nécessaire lors de certaines séquences clés du métrage. Heureusement, la bande originale d’Hans Zimmer, remise au goût du jour fait toujours son effet et donne encore des frissons sur grand écran.

Avant d’évoquer le domaine musical, parlons du doublage et regrettons tout d’abord le casting français du dessin-animé, qui était plus mémorable avec une meilleure direction artistique et des comédiens qui s’en donnaient à coeur joie. Ici, si Jean Reno est encore de la partie dans la peau de Mufasa et que malgré les réserves Jamel Debbouze et Alban Ivanov ne s’en sortent pas si mal dans leur incarnation du duo iconique Timon et Pumbaa, leurs camarades n’arrivent pas à s’approprier leur personnage et l’exemple le plus frappant est Michel Lerousseau, qui gomme toutes les nuances de Scar, dont son sarcasme et sa perfidie, n’en faisant qu’un méchant lambda, contrairement à l’interprétation inspirée de Jean Piat, dommage.

Pour en revenir aux chansons, si malgré le doublage actuel celles-ci restent divertissantes, elles ne sont malheureusement pas valorisées à cause de la réalisation de Jon Favreau qui, lors de ces passages musicaux, préfère jouer la carte de la sobriété en matière de mise en scène. La folie de Je Voudrais Déjà Être Roi et de Hakuna Matata de même que l’énergie et la tension de Soyez-Prêtes sont au final invisibles à l’écran. Quitte à se vouloir photo-réaliste, peut-être que faire l’impasse sur les titres phares ou alors ne jouer que les parties instrumentales aurait été plus judicieux.
L’autre soucis avec ce parti-pris est qu’au niveau de la photographie, si la reconstitution de la savane est plus vraie que nature, les couleurs vives qui émaillaient son modèle sont ici effacées.

Avec cette nouvelle version du Roi Lion, Jon Favreau propose une adaptation fidèle et visuellement bluffante du film d’animation de Roger Allers et Rob Minkoff. Si retrouver la Terre des Lions et revoir cette galerie de personnages que l’on a connu il y a vingt-cinq ans est plaisante sur le moment, au final cette copie conforme n’apporte aucune plus-value à son homologue, n’arrivant pas à prodiguer le même flot d’émotions que ce dernier. 

2 réflexions sur “[Critique] Le Roi Lion, revenir dans la lumière

  1. Totalement d’accord avec toi, j’ai été déçue par « Soyez Prêtes », la chanson des hyènes (oui, j’ai vu ce film en VF, pour comparer à la version de mon enfance), qui manquait de peps et de démesure.
    De même, j’étais très attachée aux voix françaises de l’époque mais le film ne pouvait pas non plus être un copié / collé de la première version. Au global, j’ai tout de même été portée par le film et j’ai versé un véritable ruisseau de larmes.

    Aimé par 1 personne

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