Un peu plus d’un an après la sortie de La Chambre d’à côté, qui marquait son premier film tourné en langue anglaise, Pedro Almodóvar est retourné à ses fondamentaux, ayant posé sa caméra sur ses terres espagnoles pour mettre en boîte son vingt-quatrième long-métrage. Autofiction.
Tourné entre Madrid et Lanzarote, ce prochain essai (titré Amarga Navidad en version originale) sera l’occasion pour le cinéaste de décortiquer le script du genre dramatique à travers une intrigue en miroir, où les affres de la vie alimentent le travail d’un réalisateur en quête d’un nouveau souffle. De quoi proposer une mise en abîme sur les coulisses du métier de scénariste et metteur en scène, comme le laisse supposer son synopsis :
« Raúl est un cinéaste culte en pleine crise créative.
Lorsqu’un drame frappe l’une de ses plus proches collaboratrices, il s’en inspire pour écrire son prochain film. Peu à peu, il imagine Elsa, une réalisatrice en pleine écriture, dont le parcours commence à refléter le sien.
Les deux cinéastes deviennent les deux facettes d’un même personnage, dans un jeu de miroirs où l’impudeur de l’autofiction dévoile autant qu’elle détruit. Mais jusqu’où peut-on aller pour raconter une histoire ? »
Mis en parallèle, ces histoires en miroir l’un de l’autre vont ainsi permettre d’entrelacer fiction et réalité, d’explorer comment la vie et la fiction sont intrinsèquement liées – parfois douloureusement. Pour composer la distribution de cette « Autofiction », attendu pour attendu pour le 20 mai dans les salles obscures (après une présentation au Festival de Cannes, où il figure dans la compétition officielle), Pedro Almodóvar s’est entouré de visages qu’il connaît bien puisque se croiseront Bárbara Lennie, vue dans La piel que habito, Leonardo Sbaraglia – qui elle a pris part à Douleur et Gloire – Aitana Sánchez-Gijón et Milena Smit (Madres paralelas) ou encore Victoria Luengo, aperçue dans son dernier cru La Chambre d’à côté.
