Actrice accomplie, Joséphine Japy vient de rajouter une corde à son arc en s’attelant à l’expérience de la réalisation avec Qui brille au combat, un drame à dimension personnelle porté par Mélanie Laurent, Pierre-Yves Cardinal, Angelina Woreth et Sarah Pachoud, s’articulant sur le quotidien d’une famille formant un noyau dur autour de la jeune Bertille, atteinte d’un handicap lourd.

Sur le devant de la scène depuis l’âge de ses dix ans (elle est apparue pour la première fois dans Les âmes grises d’Yves Angelo), Joséphine Japy se livre à cÅ“ur ouvert à travers son premier long-métrage, qui est l’occasion pour elle de partager un pan de sa vie et de celle de ses proches. Avec Qui brille au combat, l’actrice désormais cinéaste rend un hommage à ses parents mais surtout à sa sÅ“ur, atteinte d’une maladie génétique rare. Le syndrome de Phelan-McDermid, qui provoque entre autres une retard global du développement.

À travers ce passage derrière la caméra, se construit ainsi un récit semi-autobiographique, évoquant la résilience de ce cercle familial, tout naturellement impacté par la situation de Bertille, une cadette au centre de toutes les attentions (le titre du film se rapporte d’ailleurs à l’étymologie de son prénom). Et sans pathos, Joséphine Japy s’engage sur le terrain du drame en privilégiant l’humanisme dans sa manière d’aborder ce délicat sujet du handicap, qu’elle ne connaît que trop bien. Avec son compagnon d’écriture Olivier Torres, cette dernière dresse le portrait des Roussier, famille se devant de faire front face à la maladie, une épreuve en soi – d’autant plus lorsque plane au-dessus de la tête de chacun le spectre de la mort. Car la condition de la prunelle de leurs yeux rime avec attention constante et rendez-vous médicaux récurrents, soit une réalité demandant une abnégation totale.

Une réalité exigeante, pouvant à tout moment faire vaciller parents et enfants, ce que met en exergue Qui brille au combat, en montrant les fragilités de chacun de nos protagonistes, soumis à une pression de taille entre amour incommensurable, inquiétude de tous les instants, remords. Avançant sur un fil ténu, père, mère et sÅ“ur tentent du mieux qu’ils peuvent de rester unis, d’être des piliers pour Bertille. De leurs moments de doute, de leurs envie d’ailleurs, se renforce le message de cette Å“uvre sensible quant à la puissance des liens du sang. Axant sa mise en scène – à la photographie solaire – sur les visage de son casting, Joséphine Japy laisse l’émotion passer par des regards, des gestes, la sensualité ayant autant d’impact que la parole dans ce cas précis. De quoi permettre à notre quatuor principal, formé par Mélanie Laurent, Pierre-Yves Cardinal, Angelina Woreth et Sarah Pachoud, de s’exprimer avec une belle palette de nuances – ce qui n’était pas une chose aisée pour l’interprète de Bertille, qui s’en sort haut la main grâce aux conseils de sa réalisatrice. Par contre, s’il y a bien un bémol à souligner, ce serait au niveau du scénario, la sous-intrigue quant à la relation amoureuse de Marion, la sÅ“ur aînée, paraissant souvent être de trop – d’autant plus lorsque celle-ci tourne à l’orage (et ne montre pas Félix Kysyl sous son meilleur jour).

Avec Qui brille au combat, Joséphine Japy se livre sur un sujet personnel avec délicatesse, tissant un drame intime sur la résilience d’une famille face à la question du handicap, le tout avec humanité. Ce qui donne lieu à un premier film solide, l’actrice sachant diriger comme il se doit sa distribution pour que la sensibilité soit au rendez-vous.

© Apollo Films

Laisser un commentaire

Trending

En savoir plus sur

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture