Sept ans après le court Le Bon Copain, Nicolas Keitel s’est attelé à la réalisation de son premier long-métrage, Louise. Porté par Diane Rouxel, Cécile de France, Salomé Dewaels ou encore Paul Hamy, ce drame se centre sur la quête intime d’une journaliste se reconnectant à son propre passé…
Repéré en 2018 avec Le Bon Copain, qui fût présélectionné aux Oscars, Nicolas Keitel part à la conquête du grand écran avec Louise, première essai laissant transparaître la patte d’un cinéaste équilibriste – avançant sur le fil du mélodrame avec une certaine agilité et faisant fi de la gravité. Une assurance servant d’atout indéniable à la qualité de ce métrage, où le poids des mots aide à panser les maux du passé – aussi douloureux soit-il.
Traitant de la difficulté à passer outre les traumatismes inhérents à une existence chaotique, où la violence fait rage (comme l’expose frontalement son quart d’heure inaugural), l’œuvre révèle ses nuances au gré de l’avancée de l’enquête de notre protagoniste éponyme, journaliste devant cacher sa véritable nature. Suite à une tragédie l’ayant marquée en profondeur, celle qui s’appelait Marion dans une autre vie – avant qu’elle ne quitte avec fracas le domicile familial – retrouve la trace des êtres qui lui étaient les plus chères. Sa mère et sa sœur. Soit le point de départ d’une tentative de reconnexion en mode incognito, alors que l’écriture d’un portrait pour la presse aide à combler les trous d’une obscure période faites de blancs à griffonner.
Si l’on avait peur que ce récit fragmenté use et abuse des ficelles propre au genre, où l’on suscite l’émotion au forceps à grand renforts de scène lacrymales emballées d’une musique lancinante, force est de constater que Nicolas Keitel évite ces écueils en privilégiant le silence et les non-dits. Une approche limite sensorielle, plombant pertinemment chaque pore de la pellicule et permettant au réalisateur de donner de l’ampleur à la prestation de ses actrices principales, à commencer par Diane Rouxel, dont le regard laisse apparaître le tumulte intérieur dans lequel se trouve notre héroïne. Cette dernière est par ailleurs épaulée avec force par Cécile de France et Salomé Dewaels, toutes deux touchantes et agrémenter Louise d’une aura sensible qui lui sied plutôt bien.
Avec Louise, Nicolas Keitel pose son regard sensible sur une (recon)quête d’identité, signant un drame marchant avec précision sur le fil du mélo – donnant ainsi la part belle à son trio d’actrices principales. En résulte un premier film émouvant, sachant tirer profit de ses silences, de son sens du cadre.



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