[Critique] Warfare, sous le feu ennemi
Après avoir officié en tant que conseiller militaire sur Civil War, l’ancien Navy SEAL Ray Mendoza vient de passer à la réalisation, avec l’aide de son camarade Alex Garland, pour […]
Pour ceux qui se font des films en séries
Après avoir officié en tant que conseiller militaire sur Civil War, l’ancien Navy SEAL Ray Mendoza vient de passer à la réalisation, avec l’aide de son camarade Alex Garland, pour […]
Après avoir officié en tant que conseiller militaire sur Civil War, l’ancien Navy SEAL Ray Mendoza vient de passer à la réalisation, avec l’aide de son camarade Alex Garland, pour revenir sur un épisode douloureux vécu au cours de la guerre en Irak. Comprenant au casting D’Pharaoh Woon-A-Tai, Charles Melton, Joseph Quinn, Will Poulter, Michael Gandolfini, Adain Bradley, Taylor John Smith ou encore Henry Zaga, Warfare se veut ainsi le récit d’une mission tournant au drame sous le soleil étouffant de Ramadi…Passé par les salles obscures aux États-Unis, le film de guerre vient de débarquer sur Prime Video sur le territoire français.
Superviseur militaire sur le tournage de Civil War, Ray Mendoza renoue son partenariat avec Alex Garland et A24 pour mener à bien un projet pour le moins personnel : rendre hommage à ses frères d’armes, qui en auront baver sur le terrain à travers un long-métrage. Ce qui donne lieu à Warfare, qu’il a co-réalisé, un huis-clos retraçant l’abnégation de ces soldats envoyés au front au péril de leur vie, devant garder la tête froide en toutes circonstances – même lorsque l’issue paraît des plus incertaines…
Ce qui fût le cas lors de la bataille de Ramadi, qui avait eu lieu de juin à novembre 2006 dans l’ouest de l’Irak, dans le but de prendre le contrôle de la capitale de la province d’Al-Anbar. Un conflit auquel ont pris part Mendoza et son peloton, payant malheureusement le prix fort de leur engagement alors que les tensions touchaient à leur fin. Ravivant les douloureux souvenirs de cet épisode traumatisant, ce dernier retrace le déroulé du piège dans lequel l’unité Alpha One des Navy SEALs sont tombés alors qu’ils étaient en pleine opération de surveillance. Prenant le parti de la rétrospective en temps réel, le long-métrage joue dans un premier temps de la notion d’attente, où le calme laisse poindre une tempête en approche.
Un choix créatif faisant sens, permettant au spectateur de se projeter aux côtés de ces militaires, d’être intégré au groupe (une connexion effectuée d’entrée avec une séquence de camaraderie sur la bande son de Call on Me d’Eric Prydz) avant que la situation ne dégénère. Et quand le silence laisse place au chaos, la tension fait son apparition, pour ne plus nous quitter. La poudrière dans laquelle naviguaient nos hommes explose avec pertes et fracas, la maison qu’ils occupaient devenant le refuge de la dernière chance, les forces rebelles les encerclant pour mieux les amener à se calfeutrer – et à tenter de maintenir en vie leurs frères tombés dans cette embuscade.
Les cris, les complaintes, les appels incessants pour du renfort deviennent dès lors les principaux points de repères de l’intrigue, qui parvient à capter la frénésie propre à ces moments de crise, grâce à une mise en scène anarchique symbolisant l’urgence et la confusion propre à un tel événement – en restant au plus près de nos protagonistes. Sur ce point, le casting aide à ressentir ce sentiment de tumulte intérieur, tandis que le guet-apens gagne en intensité. Ray Mendoza convoque les fantômes de son propre passé et l’on ressent le poids de cette tragédie personnelle à la fois dans son écriture et sa réalisation, étant bien aidé par ses compagnons d’armes (présents à la production comme en témoigne son générique de fin) et Alex Garland, qui laisse la place nécessaire à son collègue pour s’exprimer.
Accompagné d’Alex Garland, Ray Mendoza convoque les douloureux fantômes de son passé avec Warfare, film de guerre prenant le pas du huis-clos étouffant, gagnant petit à petit en tension. De quoi rendre un hommage sincère à ses anciens frères d’armes.
