Instigateur de la résurgence des Looney Tunes à la télévision, Peter Browngardt poursuit son entreprise de réhabilitation de l’une des marques phares de Warner Bros. – quelque peu délaissée par les têtes pensantes de la firme – en s’attelant à la réalisation de Daffy & Porky sauvent le monde, qui voit le célèbre canard et son copain de cochon être au cœur d’un complot…extra-terrestre. Un film d’animation qui se présente à un nouveau public en DVD, après une exploitation en salles passée quelque peu inaperçue.
Trois ans après une expérience pour le moins décevante sur grand écran, Space Jam : Nouvelle Ère ayant marqué peu de points aux yeux du public et de la critique, nos joyeux drilles que sont les Looney Tunes nous démontrent qu’ils en avaient encore dans le ventre en revenant sous une forme qui leur sied à merveille. L’animation 2D. Ce qui, étonnamment est une première puisque jusqu’ici, les aventures XXL de nos fantasques héros dans le milieu du septième art ont toujours inclus des prises de vues réelles.
Un changement de stratégie à la fois derrière et devant la caméra puisque pour une fois, Bugs Bunny ne fait pas office de tête d’affiche, se faisant voler la vedette par deux de ses camarades de jeu, Daffy Duck et Porky Pig, qui prennent la lumière au gré d’une farce S-F où tous les gags sont permis. Sous la supervision de Peter Browngardt, tête pensante du reboot télévisé initié en 2020 sur la plateforme Max, notre tandem prouve qu’il a les épaules solides pour porter un film en bonne et due forme, le tout en respectant un esprit complètement ‘looney’. Grâce à un scénario synonyme de feu d’artifice créatif, où les idées fourmillent, s’initie une aventure dépassant les frontières du réel, avec à la clé une rencontre du troisième type insidieuse – les petits hommes verts atterrissant sur notre belle planète bleue ayant un plan précis pour assouvir l’espèce humaine. Utiliser l’appétence de l’Homme pour les chewing-gums.
Un complot pour le moins bien rodé, d’apparence implacable. C’était sans compter sur un petit grain de sable. Ou plutôt deux. Non non trois en fait. En effet, l’entreprise se retrouvant par la force des choses au cœur de cette machination compte en son sein des employés n’ayant pas la chance de leur côté. Daffy, Porky et une nouvelle venue, Petunia Pig, une partenaire de choix qui ne manque pas d’atouts dans sa besace pour aider à déjouer cette invasion des profanateurs partant dans tous les sens. Tirant profit de sa patte cartoonesque Daffy & Porky sauvent le monde se plaît à multiplier les digressions et instants grand-guignolesques pour dérider les zygomatiques des enfants mais aussi des adultes, qui saisiront les références à des classiques de la science-fiction.
Sachant maîtriser les codes des productions Looney Tunes, Peter Browngardt apporte une preuve supplémentaire à son amour pour l’univers fantasmacomique de la Warner, en apportant ce grain de folie-douce qui auront fait le charme des dessins animés estampillées ‘Merrie Melodies’. C’est à dire en mêlant humour délirant et personnages attachant. Une recette utilisée à bon escient, par une équipe impliquée, voulant nous rappeler pourquoi on aime nos toons. De quoi apprécier la chance de découvrir ce film, qui a failli passer par la case streaming.
Daffy & Porky sauvent le monde permet au réalisateur Peter Browngardt de prouver son amour pour les Looney Tunes, à travers un délire S-F qui ne manque pas de goût.
