Deux ans après Astérix & Obélix : L’Empire du Milieu, la bande dessinée culte d’Albert Uderzo et René Goscinny s’échappe une fois de plus de la page à l’écran, pour mieux débarquer avec ses gros sabots dans l’univers du streaming. Sous l’égide d’Alain Chabat et Fabrice Joubert, vient ainsi d’être transposé sur Netflix un album phare de nos irréductibles gaulois, Le Combat des Chefs, qui passe ainsi par la case série. L’occasion de découvrir sous un format inédit cette aventure où un coup du sort (ou plutôt un coup de menhir) vient semer le trouble dans le village de nos héros – qui ont déjà fort à faire avec le dernier stratagème de Rome pour les mettre hors d’état de nuire…
Depuis l’adaptation d’Astérix Le Gaulois réalisée par Ray Gooseens et produite par Gaumont en 1967, la création du duo René Goscinny/Albert Uderzo aura été l’objet de pas moins de quinze longs-métrages – que ce soit au format animé ou en live action – le dernier en date étant Astérix & Obélix : L’Empire du Milieu. En attendant l’arrivée du prochain film d’animation piloté par M6 Studio, mis en scène par Alexandre Heboyan (Mune, Le Gardien de la Lune), les aficionados de la création de René Goscinny et Albert Uderzo peuvent se tourner du côté de la télévision pour avoir leur dose d’humour à la sauce gauloise avec l’adaptation du Combat des Chefs.
Aux manettes de cette mini-série, produite pour Netflix, Alain Chabat, qui renoue ainsi avec un univers qu’il connaît bien puisque celui-ci avait fait rire aux éclats pas moins de quatorze millions de spectateurs avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre en 2002 – ce qui reste le record de la franchise au cinéma. Connaissant le talent de notre Nul pour injecter sa patte comique sans dénaturer l’œuvre des artistes l’inspirant (rappelons qu’il s’est également frotté au Marsupilami de Franquin), il y avait fort à parier que ce second voyage au cœur de l’Armorique ne manquerait pas de panache. Et comme prévu, la version sérielle de ce titre phare se révèle être un délire de premier ordre, faisant rapidement oublier Astérix et le Coup du Menhir, réalisé par Philippe Grimont en 1989, sa précédente transposition de la bulle à l’écran (qui mixait également Le Devin).
En résulte une parenthèse enchantée tendrement barrée, respirant l’amour de la BD d’Uderzo et Goscinny tout en traçant sa propre voie avec des digressions et circonvolutions créatives rajoutant un grain de folie bienvenue à une intrigue déjà bien timbrée. Car dans cette histoire, nos héros se retrouvent dans une sacrée panade, le village devant se débrouiller sans la fameuse potion magique de Panoramix. Et pour cause, ce dernier ayant perdu la mémoire et la raison suite à une malencontreuse rencontre avec un menhir (pour la défense d’Obélix, cet accident avait pour but premier de le sauver d’un enlèvement, pas de l’écraser). Pour mal faire, cet intervient alors que doit se tenir le combat des chefs, qui doit sceller le destin du village tenu par Abraracourcix – défié par Aplusbégalix, un pro-Romain dont l’ambition n’a d’égale que sa bêtise.
Un joli sac de nœuds revisité par Alain Chabat et ses co-scénaristes Benoît Oullion/Pierre-Alain Bloch, qui profite du format à leur disposition – cinq épisodes d’une vingtaine de minutes – pour agrandir leur terrain de jeu. Cela renforce le rôle d’Astérix et Obélix dans les deux trames parallèles se dessinant ici (avec un retour en enfance emprunt de mignonnerie pour nos inséparables) tout en accentuant le côté loufoque propre à la situation ubuesque entourant Panoramix – ou Panono pour les intimes. Pensé comme un grand-huit, Le Combat des Chefs multiplie les vrilles pour mieux dérider nos zygomatiques, avec une avalanche de références pop à la clé, dont un final à la mode Avengers. Ajoutez à cela une mise en scène cartoonesque de la part du réalisateur et de son comparse Fabrice Joubert, reprenant les codes visuels de la bande dessinée, et vous obtenez une relecture survitaminée de cet excellent album. Le travail du studio toulousain TAT, à qui l’on doit Les As de la Jungle ou Pattie et la colère de Poséidon, donne un charme indéniable à cet exercice télévisuel, l’animation sachant reproduire le style d’Uderzo.
Si l’on s’éclate à suivre la série, qui se dévore d’une traite, un bémol est malgré tout à noter : son doublage, Alain Chabat s’entourant de ses amis et alignant les noms au casting vocal, ce qui est à la fois une bonne mais également une mauvaise idée dans la mesure où pour certains, leur timbre de voix reconnaissable ne convient au personnage interprété. D’ailleurs, en prenant le rôle d’Astérix, notre chef d’orchestre ne semble pas à sa place – là ou Gilles Lellouche s’affirme davantage en Obélix après l’avoir incarner en chair et en os pour Guillaume Canet. Mais sinon, à part ce petit point noir, rien à dire, le divertissement est de mise par Toutatis !



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