Trois ans après Les Hirondelles de Kaboul, qu’elle avait co-réalisé avec Eléa Gobbé-Mévellec, Zabou Breitman effectue son retour derrière la caméra en compagnie du documentariste Florent Vassault (Honk, Lindy Lou, jurée numéro 2) pour superviser Le Garçon, œuvre mêlant réalité et fiction, où une série de photos de famille servent de point d’entrée à une réflexion sur la question de l’identité…

Si en tant qu’actrice elle n’a plus rien à prouver, Zabou Breitman aime se lancer des défis en tant que cinéaste, élargissant ses horizons au gré de ses mises en scène. Après s’être essayée à l’animation avec Les Hirondelles de Kaboul, cette dernière tente cette fois de mêler fiction et documentaire avec son nouvel ouvrage cinématographique, imaginé aux côtés de Florent Vassault. Avec Le Garçon, apparaît ainsi un concept, celui proposer deux films distincts en se basant sur un point de départ commun. En se basant sur des photos trouvées lors d’une brocante, notre duo de réalisateurs s’engage vers des directions opposées, l’une imaginant une histoire à partir de ces instantanés d’inconnus en s’appuyant sur une troupe de comédiens (François Berléand, Isabelle Nanty, Nicolas Aviné, Damien Sobieraff) tandis que l’autre prend la route en quête d’indices pour retrouver la piste de l’homme au cœur de ces clichés.

De quoi nourrir un objet filmique hybride, tirant sa force de sa forme malléable, où la fiction se laisse doucement mais sûrement phagocyter par le réel, la vérité se cachant derrière l’identité de l’homme au cœur de ces instantanés à disposition de nos réalisateurs étant loin d’être celle que l’on pense. Se construisant au gré des informations mises à disposition de Zabou Breitman et Florent Vassault, le long-métrage tâtonne dans un premier temps quant à sa volonté de combler les trous quant à ce garçon et ses proches, notamment la partie scriptée, qui devient un artifice plutôt vain en dépit de la prestation de la distribution. Et pour cause, les progressives révélations quant à cette quête identitaire amènent le duo à se concentrer en tout et pour tout à cette trame, le poids émotionnel découlant de cette excavation d’un passé qui leur est inconnu valant n’importe quelle tentative de scénarisation. Il est dès lors intriguant de voir le puzzle se compléter sous nos yeux, car révélant des thématiques universelles sur la famille, sur l’amour mais surtout sur la solitude.

Alors que l’on obtient les détails donnant du relief à ce portrait, la dramaturgie s’invite dans cet exercice filmique, ce qui en fait sa force. Avec mélancolie, Le Garçon s’achève sur une réflexion quant à ces liens qui nous (dés)unissent, ces choix de vie nous amenant à nous replier sur nous-même. La vie est loin d’être un long fleuve tranquille, comme le souligne ce travail de recherche orchestré par Zabou Breitman et Florent Vassault, qui ne s’attendaient pas à de telles conclusions lorsqu’ils se sont lancés dans cette aventure commune. Et le spectateur non plus.

Entremêlant réalité et fiction, Le Garçon permet à Zabou Breitman et Florent Vassault de s’atteler à un exercice filmique original, dresser le portrait d’un homme dont ils ignorent l’identité. Une démarche suivant un chemin surprenant.

© Nolita

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