Depuis l’année dernière, M6 tente de remettre la fiction française au cœur de sa grille des programmes, une résurgence ayant permis aux téléspectateurs de découvrir Brigade Anonyme, Murder Club ou encore Mémoire Vive. Ne comptant pas ralentir la cadence, le groupe se prépare à dégainer une nouvelle création, Clean, portée par Alix Poisson, Léonie Simaga, Thaïs Vauquières, Omar Mebrouk, Bruno Sanches, Lionel Erdogan ou encore Jean-François Cayrey. Présentée en avant-première lors du festival Séries Mania, la série se concentre sur des femmes de ménage tenter de tirer profit de tuyaux financiers pour jouer en bourse – et espérer subvenir à leur fin de mois…

© Tetra Media Fiction

Poursuivant leur collaboration, initiée en Enquête à cœur ouvert, Claire Lemaréchal et Franck Philippon prennent appui sur la série anglaise Cleaning up (diffusée en 2019) pour nourrir leur nouvelle création commune, qui prend le pas de la comédie sociale pour mieux plonger le spectateur dans un monde aimant se jouer des règles en vigueur, celui de la finance. Ainsi, avec Clean, s’initie une intrigue en pente douce, où le pouvoir de l’argent amène à des décisions plus ou moins morales (et légales), peu importe le milieu d’où l’on vient. Ce qui est le nerf de la guerre du show, qui ne tarde pas à nous exposer sa combine pour gagner en dramaturgie, celle-ci consistant à faire inéluctablement basculer ses personnages vers le côté obscur de l’envie. L’envie de se sortir de sa condition, l’envie de meilleurs lendemains mais aussi – et surtout – l’envie de s’en mettre plein les poches.

Ce que démontre les deux premiers épisodes (sur quatre) de cette arnaque contre le capital, qui ont été présentés en avant-première lors du festival Séries Mania, se reposant sur la recherche d’un rythme soutenu pour aller droit au but quant à ses arches narratives. Employée dans une société de nettoyage, Lola a du mal à joindre les deux bouts, que ce soit financièrement et sentimentalement parlant. Entre les factures qui s’accumulent, son conflit judiciaire contre son ex-mari concernant la garde de ses enfants, cette dernière se laisse inéluctablement couler vers le fond. Mais comment se sortir de cette situation précaire ? D’autant plus lorsqu’on ne lésine pas sur sa charge de travail pour combler ces fins de mois difficiles ? Une question trottant constamment dans la tête de notre protagoniste, qui va voir dans une découverte inopportune la solution miracle à ses déboires. En écoutant une conversation qui aurait dû rester confidentielle dans la banque où elle effectue le ménage, Lola va mettre au jour les délits d’initié d’un courtier peu scrupuleux, de quoi lui donner une idée. Se servir de ses tuyaux pour jouer en bourse et tenter de renflouer ses comptes.

Soit le postulat de Clean, qui se concentre sur la mise en place du stratagème de notre héroïne, qui entraîne dans son sillon sa meilleure amie et collègue Jess, afin de se mettre un max de blé grâce à ce système de cash-out dont elle a entendu parler. Sachant placer leurs pions quant à ce fil rouge principal, Claire Lemaréchal et Franck Philippon prennent le parti de ne pas se reposer sur leurs acquis en termes de dramaturgie. De ce fait, en l’espace de deux épisodes, le plan initial de nos femmes de l’ombre prend du plomb dans l’aile, les emmerdes étant de mise pour que ce coup fumant devienne synonyme de mise en péril. L’étau se resserre déjà sur nos novices du CAC40, qui doivent improviser pour continuer à grappiller quelques billets, amenant la série à bifurquer vers le thriller. Cette montée en tension progressive parvient à capter l’attention du spectateur, qui se demande dans quel guêpier sont allées se fourrées notre tandem principal – devenant un trio par la force des choses.

Si la partie consacrée aux problèmes inhérents au cercle familial de Lola suivent pour le moment un chemin on ne peut plus classique (ce qui empêche la série de prendre de la hauteur), celle concernant l’abnégation de notre femme quant à sa volonté de s’enrichir peut provoquer l’étincelle nécessaire pour que les derniers chapitres de Clean soient synonyme de réaction en chaîne explosive – et de descente aux enfers pour elle et son entourage. En tout cas les rouages se mettent en place pour que la chute soit au programme et que personne ne sortent gagnant de ce jeu de dupes se mettant en place, que ce soit au niveau des financiers mais également de ces petites mains se lançant à l’assaut du capital. De véritables risques vont-ils être pris par notre équipe créative en fin de parcours ? Il faudra peu de temps pour le découvrir, la série étant attendue pour le 4 avril sur M6.

Quoiqu’il en soit, grâce à la performance de l’impeccable Alix Poisson, qui se donne toujours à fond et se montre crédible dans la peau de cette mère aux abois, se laissant lentement mais sûrement envahir par sa soif de revanche sur la vie, il n’est pas déplaisant de suivre Clean, qui suit le dénivelé d’une magouille en pente douce.

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