Quelques mois après la sortie de Blue Beetle, l’heure est venue pour le DC Extended Universe de tirer un trait sur une période compliquée avec Aquaman et le Royaume Perdu, un opus synonyme de chant du cygne avant la reprise en main de la franchise par James Gunn et Peter Safran. Toujours réalisée par James Wan et portée par Jason Momoa, Amber Heard, Patrick Wilson, Nicole Kidman, Yahya Abdull-Mateen II, Temuera Morrison, Dolph Lungren, cette suite d’Aquaman voit Arthur Curry mis sous pression par son ennemi Black Manta…

Sorti il y a cinq ans, Aquaman avait provoqué un raz-de-marée, devenant le film le plus rentable du DCEU en passant en toute décontraction la barre du milliard, totalisant précisément 1 148 528 393$ dans le monde. De quoi logiquement garantir à notre roi de l’Atlantide une suite. Mais la vie de l’univers cinématographique DC n’étant pas un long fleuve tranquille, développer un second opus ne fût pas de tout repos pour James Wan, qui rempile à la réalisation, les changements de directions créatives inhérentes aux hésitations en haut lieu (reshoots, caméos ajoutés puis supprimés) laissant craindre le pire. Surtout avec un DCEU en fin de vie, cumulant les échecs depuis plus d’un an, comme nous avons pu le constater collectivement ces derniers temps avec Shazam ! La Rage des Dieux, The Flash et Blue Beetle.

Conçu dans un océan des plus agités, Aquaman et le Royaume Perdu avait fort à faire pour réitérer l’exploit de son prédécesseur, qui se voulait un divertissement décomplexé, tirant profit de la générosité du réalisateur en terme d’action. Des ingrédients parvenant à séduire le public, donnant une base aux scénaristes engagés sur ce second volet pour tenter de sauver les meubles pour que le baroud d’honneur d’Arthur Curry ait un minimum d’intérêt – et de qualité. Pour s’y faire, David Leslie Johnson-McGoldrick a concocté un parcours semé d’embûches pour mettre à l’épreuve notre Roi de l’Atlantide et ce dans la joie et la bonne humeur. S’il pensait couler des jours heureux en tant que tête couronnée et père de famille, notre héros voit son statut remis en question suite à la résurgence de l’un de ses ennemis, Black Manta, fin prêt à assouvir sa vengeance maintenant qu’il a en possession une arme pouvant changer la donne. Le Trident Noir.

Dans la tourmente, ce cher Aquaman doit se tourner vers son rival de frère Orm, afin de former une alliance et espérer sauver ses proches sur Terre et dans les mers des dérives de son nemesis – qui menace l’équilibre climatique. De quoi poser les bases d’un buddy movie en bonne et due forme, où l’humour et les répliques cinglantes se mêlent à des séquences de bravoure, le tout dans un gloubi-goulba numérique. Si l’idée d’enrichir la mythologie des Sept Royaumes est intéressante, tout comme le fait d’instiller une fibre écologique à l’intrigue, difficile pourtant de se laisser embarquer sur les flots de l’aventure, la faute à une écriture brouillonne. Les tergiversations quant à la tonalité du film, que l’on doit aux têtes pensantes du DCEU qui clairement ne savaient plus comment mener leur barque en terme de construction et cohérence, plombent cette suite qui a du mal à sortir la tête hors de l’eau.

Comme on s’en doutait, les multiples sessions de réécriture ont amené à une dramaturgie aseptisée, l’humour prenant le pas sur la volonté de proposer une intrigue plus sombre. Ce qui se ressent à l’écran, les tentatives de James Wan de muscler son jeu en terme de mise en scène, utilisant l’imagerie lovecraftienne pour noircir le tableau et apporter des éléments de ‘dark fantasy’ se voyant annihiler par les reshoots opérés avant la sortie (mal cadrés, ce qui renforce l’aspect film malade), donnant la part-belle aux facéties de Jason Momoa, qui s’amuse comme un gamin à courir dans tous les sens et à sortir des vannes plus ou moins lourdes. Face à une vedette en roue libre, ses camarades de jeu ont d’ailleurs du mal à prendre un minimum de lumière à l’exception de Patrick Wilson et Yahya Abdull-Mateen II, qui s’en sortent du mieux qu’ils peuvent. Au contraire, Amber Heard et Nicole Kidman se révèlent transparentes, ce qui est d’autant plus notable pour la première qui est reléguée au troisième plan. Un indice de plus sur des coulisses qui n’ont pas dû être de tout repos. Quoiqu’il en soit Aquaman, tout comme le DC Extended Universe, peuvent prendre congés, le temps étant venu de tirer sa révérence au terme d’une décennie d’existence pour le moins troublée dans le paysage cinématographique.

Si nous ne sommes pas à une catastrophe du niveau de The Flash, Aquaman et le Royaume Perdu manque malgré tout de panache pour réellement satisfaire les attentes, James Wan essayant maladroitement de sauver les meubles pour que cette suite ne sombre pas dans les abysses du ridicule. Un défi pour le moins compliqué lorsque l’on est en possession d’un script à la qualité aléatoire et un Jason Momoa proche de la caricature.

Warner Bros

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