Après Les Gardiens de la Galaxie Vol.3, la Phase 5 de l’univers cinématographique Marvel se poursuit au cinéma avec The Marvels, réalisé par Nia DaCosta. Comprenant au casting Brie Larson, Teyonnah Parris, Iman Vellani, Zawe Ahston, Park Seo-joon et Samuel L. Jackson, cette suite de Captain Marvel se concentre sur la rencontre fortuite de Carol Danvers avec deux comparses super-héroïques, Monica Rambeau et Kamala Khan, à la suite d’un dérèglement d’ordre cosmique…
Les temps sont durs pour le genre super-héroïque qui peine depuis près de deux ans à faire consensus parmi le public et la critique et ce que ce soit du côté de DC Comics que de Marvel. D’ailleurs du côté de la Maison des Idées, la Phase 5 s’apparente pour le moment à une mauvaise passe, avec entre autres les échecs de Ant-Man et la Guêpe : Quantumania et Secret Invasion, qui sont loin d’avoir fait l’unanimité. Pour le moment seul James Gunn s’en est sorti convenablement avec Les Gardiens de la Galaxie Vol.3, synonyme pour lui de baroud d’honneur avant de prendre définitivement les rênes de DC Studios. Débutant mollement, cet imposant chapitre qu’est The Multiverse Saga, qui se prolongera jusqu’à la Phase 6, remonte t-il la pente qualitativement parlant avec The Marvels ?
Introduite il y a de cela quatre ans après Avengers : Infinity War, histoire de prendre part à sa suite sous-titrée Endgame – qui clôturait ce gros morceau qu’était La Saga de l’Infini – le personnage de Carol Danvers prend de nouveau la lumière au sein du MCU. Sauf que cette fois notre héroïne ne vole pas en solo, devant partager l’affiche avec deux comparses de choc. Avec ce nouvel opus, s’affirme ainsi la stratégie de Kevin Feige de partager son univers entre le petit et le grand écran puisque Monica Rambeau – version adulte – et Kamala Khan ont eu chacune l’occasion de briller dans une série, la première dans WandaVision et la seconde dans Miss Marvel. Leur point commun ? Entretenir un lien avec Carol, que ce soit en terme de pouvoirs et de relation, soit une connexion essentielle, servant de moteur au long-métrage de Nia DaCosta.
La réalisatrice, qui cosigne ici le scénario aux côtés de Megan McDonnell et Elissa Karasik, s’embarque dans une virée cosmique cherchant à tirer profit de son trio central et ce en se basant sur le concept de l’intrication, les effets d’un trou de ver initiant un échange pour le moins incongru pour notre trio, chacune se voyant propulsée dans l’espace pour prendre la place de l’autre. Une idée plutôt bien pensée, qui se veut l’attraction principale de The Marvels et malheureusement son seul atout. Car force est de constater que l’intrigue tissée quant à la problématique Kree se retrouve bâclée, à l’image de la gestion du conflit Skrull dans Secret Invasion. Un défaut que l’on doit avant tout à l’absence de réel plan sur le long terme concernant cette storyline pourtant esquissée dans Captain Marvel, n’amenant finalement à rien. Et pourtant, le potentiel était là , nos deux races d’extraterrestres étant loin de servir de faire-valoir dans les comics. Sauf que Kevin Feige et ses équipes n’ont pas su leur donner la place nécessaire pour exister comme il se doit.
Ainsi, difficile de croire en un quelconque danger quant une antagoniste telle que Dar-Benn débarque de nulle part, avec des motivations sorties tout droit d’un chapeau alors qu’elles seraient compréhensibles si l’on avait réellement suivi la trajectoire de Carol Danvers aux confins de la galaxie depuis ces dernières années. Tout arrive comme un cheveu dans la soupe alors qu’un scène post-génériques ou des informations auraient pu servir à donner un minimum de corps à cette histoire de vengeance, de bataille pour le salut d’une faction Kree et de leur planète. Pour palier à la faiblesse de la mythologie ici présentée, Marvel Studios a sorti les ciseaux, les coupes au montage paraissant nombreuses lorsque l’on voit le produit fini, qui privilégie le rythme à une réelle construction scénaristique.
En résulte un space-opera où la légèreté est au programme, le développement des personnages étant anecdotiques, à commencer par celui de Captain Marvel et de sa nièce Monica Rambeau, qui se laissent porter par le mouvement – en attendant de revenir dans un événement de type Avengers. Même un pilier tel que Nick Fury ne sert plus à grand chose, à part devenir un sidekick comique. La seule qui se démarque dans ce bourbier se retrouve être Kamala Khan, dont la candeur et la bonhommie en font les atouts du film, Miss Marvel réussissant son passage de la télévision au cinéma, démontrant de son utilité sur cet échiquier on ne peut plus bordélique avec toutes les pistes tissées à droite et à gauche depuis l’après Endgame. Iman Vellani s’éclate clairement dans la peau de cette adolescente rentrant dans la cour des grandes aux côtés de son idole et modèle, son énergie étant communicative, permettant d’ailleurs à Brie Larson et Teyonnah Parris de se dérider niveau jeu (la caractérisation de leur alter-ego respectif ne leur permettant pas de proposer une palette variée).
Des moments de complicité servant à Nia DaCosta, qui se révèle inspirée en terme de mise en scène lorsque notre trio fait équipe, que ce soit lors d’une session d’entraînement au doux son des Beastie Boys ou lors des séquences d’action reposant entièrement sur ce fameux concept de l’imbrication de pouvoir, donnant un minimum de punch à The Marvels qui, s’il n’est pas une catastrophe à l’image d’un Thor : Love and Thunder, se révèle n’être qu’un nouvel opus mineur du MCU, son intérêt résidant dans ses ultimes minutes et sa scène post-générique, ce qui est dommage. La réalisatrice ne méritait pas cela pour ses débuts dans l’écurie, d’autant plus que niveau promotion elle n’a pas été aidée par Disney et Marvel Studios – son ouvrage n’ayant pas bénéficié d’un véritable soutien en interne, débarquant presque en catimini sur les écrans. La formule de Kevin Feige a clairement ses limites et se recentrer sur une véritable ligne directrice semble s’imposer par la force des choses. On y verra sûrement plus clair par la suite mais à trop partir dans tous les sens, le public va déserter – comme cela vient d’arriver pour le DCEU.
Peu aidée par un cahier des charges trop formaté, Nia DaCosta ne peut faire de miracles avec The Marvels, nouvel opus paresseux du MCU qui ne doit son intérêt qu’à l’énergie communicative de son casting – principalement Iman Villani.



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