Un an à peine après 6 Underground, Michael Bay se rappelle au bon souvenir du public, embrayant sur son quinzième long-métrage. Intitulé Ambulance, celui-ci comprend Jake Gyllenhaal, Yahya Abdul-Mateen II, Eiza González, Garret Dillahunt, Keir O’ Donnell ou encore Olivia Stambouliah au casting et se concentre sur la folle cavale d’un vétéran revenant d’Afghanistan et de son frère, tous deux en fuite avec des otages au volant d’une ambulance…

Passée une pause récréative sur Netflix, Michael Bay nous revient sur grand écran, déterminé à nous en mettre plein les mirettes comme à son habitude. Pour s’y faire, le cinéaste a porté son dévolu sur le remake d’un thriller danois (Ambulancen de Laurits Munch-Petersen), qui était dans les cartons depuis des années à Hollywood. Il faut dire son sujet avait tout pour plaire à notre amateur de sensations fortes, avec en guise de hors-d’œuvre une course-poursuite géante faisant chauffer l’asphalte et parler la poudre. De quoi mettre en appétit cet expert de la destruction massive, qui s’est employé à passer la seconde niveau grand spectacle – se démarquant de son modèle européen – fonçant ainsi tête baissé sur l’autoroute de l’anarchie et sans filet de sécurité.

En résulte un blockbuster nerveux, déroulant son intrigue pied au plancher afin de se concentrer sur l’élément phare de la filmographie du réalisateur, le Bayhem, ce sens de la démolition en toute décomplexion dans l’hystérie la plus totale. Sur ce point, le scénario piloté par Chris Fedak aide à atténuer cette volonté d’exagération, qui aura plus d’une fois fait grincer des dents – notamment durant la saga Transformers. De quoi s’installer un peu plus sereinement dans le siège passager et se laisser porter par le chaos ambiant, quitte à voir flou en fin de course. Un risque qui s’accompagne de la certitude que quoi qu’il advienne qualitativement parlant, on en aura plein la vue avec en ligne de mire cette volonté farouche de proposer un divertissement XXL – à voir sur le plus grand écran possible.

Avec Michael Bay aux manettes, Ambulance s’apparente à une attraction grandeur nature filant à vive allure sur un parcours accidenté, multipliant les vrilles et sorties de pistes dans le but d’augmenter le plaisir, quitte à frôler l’overdose – notre homme ayant souvent eu des difficultés à trouver le juste équilibre dans la démesure. Ici, en cherchant à nous embarquer le plus rapidement possible dans ce hit and run effréné dans les rues de Los Angeles, le long-métrage patine et ne maîtrise pas sa tenue de route, exposant maladroitement ses enjeux. Que ce soit les raisons amenant au braquage de banque initiateur de ce bordel en devenir ou la relation entre Will Sharp et son frère Danny, toutes ces cartes sont jetées sans grand intérêt sur le tapis, l’essentiel étant ailleurs. Dès lors que le coup tourne au vinaigre, et que les premiers tirs se font entendre, l’accélération se fait ressentir, les déboires de notre duo central s’envenimant sérieusement, tendant à se montrer plus intéressante à suivre.

Pendant près d’une heure trente, Bay met le pied au plancher pour donner du corps à cette cavale d’un bout à l’autre de Los Angeles, qui rime avec perte et fracas. Si certains astuces scénaristiques sont d’une facilité déconcertante, le voyage n’est pourtant pas déplaisant puisque celles-ci viennent remettre du carburant dans une intrigue qui tend à s’intensifier. Que ce soit à l’extérieur ou à bord de l’ambulance, l’atmosphère devient électrique, les frangins Sharp, leurs otages ainsi que les forces de l’ordre jouant tous à un jeu du chat et de la souris – qui coûte bien cher au contribuables. Entre stratagèmes pensés dans l’instant et obstacles surgissant de toutes parts, l’urgence est au rendez-vous, ce qui donne son cachet à cette poursuite à tombeau ouvert. Au cœur de la désolation, se démarquent le trio principal du film, qui aide à nous investir à ce qu’il se passe à l’écran.

Outre Jake Gyllenhall et Yahya Abdul-Mateen II, qui se fondent plutôt bien dans le petit monde de notre expert ès explosions, Eiza González tire son épingle du jeu en étant à armes égales avec ses compagnons de route – étant le vatout d’Amubulance grâce à sa performance, son rôle d’ambulancière pris entre deux feux comptant parmi les meilleurs personnages féminins de la filmo du cinéaste. Quant à ce dernier, il s’éclate avec ses nouveaux jouets, à savoir les drones, les utilisant parfois à tort et à travers. Reconnaissons que lorsque ces engins technologiques sont utilisés intelligemment, ils donnent un coup de pep’s bienvenue à la mise en scène – notamment durant deux, trois séquences de poursuites bien pensées.

Friand de destruction massive, Michael Bay trouve avec Ambulance de quoi étancher sa soif, ce thriller lui permettant d’appuyer comme il se doit sur l’accélérateur en terme d’action. S’il pêche par ses approximations narratives et une intrigue s’étirant en longueur à la longue, cette virée sur l’autoroute du chaos vaut tout de même le coup d’œil en nous décollant comme il se doit la rétine. Plaisant mais éreintant, du Bayhem pur jus en somme.

© Universal Pictures

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