Quelques mois à peine après la sortie de Police, Anne Fontaine fait déjà son retour au cinéma avec Présidents, qui réunit Jean Dujardin, Grégory Gadebois, Doria Tillier, Pascale Arbillot, Jean-Charles Clichet, Pierre Lottin, Roxanne Bret, Jean-Michel Lahmi et nous fait suivre un certain Nicolas, un ancien Président de la République, supportant mal l’arrêt de sa vie politique et espérant un retour sur le devant de la scène, quitte à faire une alliance peu commune…

Avec Présidents, Anne Fontaine navigue dans la sphère politique pour nous livrer une comédie sur l’insatiable soif de pouvoir de nos dirigeants qui prête à sourire et se laisse regarder en premier lieu pour l’abattage de son quatuor principal, dont le plaisir de jouer dans ce projet quelque peu décalé se fait ressentir à travers l’écran.

Donnant rapidement le ton quant à la démarche entreprise, qui est de croquer avec une certaine malice le portrait de nos ex-leaders Nicolas Sarkozy et François Hollande à travers une (recon)quête initiatique, le long-métrage ne se veut aucunement militant, préférant s’aventurer du côté de la farce plutôt que tailler dans le vif et proposer une critique acerbe de notre démocratie. Ainsi, la réalisatrice – qui officie également à l’écriture – imagine ce que pourrait être la vie d’après pour nos présidents et nous plonge dans le quotidien pour le moins ordinaire de nos ex-présidents, voulant séparer l’homme de sa fonction.

Dans cet univers parallèle, où l’on nous prépare une future victoire d’une Marine Le Pen, bien partie pour écraser un candidat Macron au plus bas dans les sondages, l’existence ‘normale’ d’un Nicolas Sarkozy va s’effacer au profit d’un nouvel engagement. Chassez le naturel, il revient au galop, un dicton qui fait l’apanage de Présidents, qui se concentre sur ce besoin irrépressible de lumière de nos ex-meneurs avec en ligne de mire une idée cocasse : Et si la gauche et la droite s’unissaient face aux extrêmes ? Un plan qui n’est pas piqué des hannetons, formenté par notre ancien homme d’État, décidément prêt à tout pour espérer retrouver les dorures de l’Elysée.

Ce point de départ donne lieu à un périple en terre inconnue pour ce dernier, c’est à dire en Corrèze, afin de venir convaincre son successeur de s’engager à ses côtés dans ce pari fou. Entre les deux adversaires, s’engage alors une relation professionnelle pour le moins improbable, alors que l’espoir d’un retour sur le devant de la scène se fait ressentir de chaque bord. Du ridicule d’une telle situation réside le sel du film, qui nous présente des versions alternatives de Nicolas Sarkozy et François Hollande en perdition, n’étant plus l’ombre que d’eux-mêmes. De cette rencontre au sommet, Anne Fontaine se moque gentiment des défauts de nos dirigeants, mettant en avant l’esprit manipulateur de l’un, la côte dragueur et balourd de l’autre pour un résultat probant, qui doit beaucoup à la prestation de Jean Dujardin et de Grégory Gadebois qui s’amuse clairement à forcer le trait sur les tiques de leur alter-ego. À leur côté, dans le rôle de leur Première Dame, Doria Tillier et Pascale Arbillot tiennent la dragée haute et apportent la dose de bienveillance et d’humanité necessaire pour palier aux manquements de nos deux marrons en foire.

Les amateurs de la vie politique esquisseront un sourire sur les répliques que s’envoyent nos anciens présidents ainsi que sur certaines situations comiques, délivrées avec énergie par nos acteurs. Mais, même si cette improbable campagne se veut burlesque, il est regrettable de voir que Anne Fontaine ne parvient pas à capitaliser sur son sujet, prenant des chemins de traverses destinés à gonfler artificiellement son intrigue – quitte à sévèrement dévisser (entre un numéro de chant qui fait office d’ovni et une séquence d’élocution étirée à outrance, nous avons parfois l’impression que l’inspiration a pu être difficile à trouver). Outre ces fluctuations scénaristiques, ce qui fait également défaut au long-métrage est sa réalisation, le voyage en Corrèze étant certes propice à l’introspection pour nos personnages mais encore faudrait-il penser à insuffler ne serait-ce qu’un semblant de rythme pour que l’on reste attentifs à ce qui se passe à l’écran, car question mise en scène, c’est malheureusement le calme plat. Un point dommageable.

Tentant de nous plonger avec légèreté dans les arcanes du pouvoir par le biais de la comédie, Anne Fontaine nous conte le parcours de deux losers magnifiques accro à la fonction présidentielle. Si le postulat de départ annonçait un film caustique, force est de constater que les promesses de campagne de Présidents ne sont pas tenues. En résulte une farce en demi-teinte,manquant cruellement de rythme maks faisant doucement sourire grâce à la performance inspirée de sa distribution, ravie de prendre part à cet exercice.

Universal Pictures

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