Après avoir fait leurs armes sur la série horrifique Den Sista Dokusåpan (The Last Reality Show), les réalisateurs suédois Tord Danielsson et Oskar Mellander se retrouvent pour leur premier long-métrage, The Other Side qui comprend Dilan Gwyn, Jakob Fahlstedt et Niklas Jarneheim au casting et nous fait suivre une famille recomposée emménageant dans une maison jumelée à une autre, lieu d’étranges phénomènes…

Pour leur passage au format long, Tord Danielsson et Oskar Mellander nous proposent un film d’horreur de facture classique, s’appuyant sur des ressorts attendus pour réellement surprendre mais se laissant apprécier pour son atmosphère lugubre et son côté intimiste.

Ne cherchant aucunement à renouveler le genre ou à y insuffler un vent de fraîcheur , les deux hommes – qui officient également au scénario – se contentent de suivre un chemin balisé en ce qui concerne leur trame et l’utilisation des codes horrifiques avec une histoire de croque-mitaine perturbant le quotidien paisible d’une famille, en l’occurrence ici, Shirin, son compagnon Fredrik et le fils de ce dernier, Lucas. Venant de s’installer dans un nouveau logement, le couple aspire à une nouvelle vie mais des évènements surnaturels vont venir fracturer petit à petit l’équilibre de ce cocon en cours de consolidation. En effet, avec une entité maléfique comme voisin, difficile de profiter de l’instant présent et de s’épanouir…

Se basant sur une histoire vraie, The Other Side se consacre au délitement progressif de la relation entre nos personnages alors que le ‘boogeyman’ d’à côté s’immisce subrepticement entre leur murs pour rentrer en contact avec sa proie, le jeune Lucas. Si l’on sait pertinemment sur quel terrain Danielsson et Mellander veulent nous amener, avec des tropes que l’on connaît par coeur, ce qui se traduit d’ailleurs par un dernier acte poussif, notons tout de même leur effort de ne pas se conforter dans des effets dramaturgiques tels que les fameux ‘jump-scare’ qui, vu le sujet, aurait pu être légions. Ici, notre duo préfère diluer une ambiance malsaine et pesante, tandis que la menace prends corps au fur et à mesure, se dévoilant aux yeux de tous à travers des angles de caméras savamment choisis, travellings et contre-plongées venant renforcer le sentiment d’insécurité ressenti par Shirin et Lucas.

Nos deux protagonistes sont d’ailleurs le cœur du long-métrage, leur trajectoire commune permettant d’ajouter une dose d’émotion offrant un contre-poids à notre histoire de croque-mitaine. L’emphase est mise sur l’amour maternel, l’épreuve vécue par notre famille recomposée en étant d’ailleurs une parabole. Alors que la figure du père s’efface, la place de la mère dans le foyer est ici abordée par le biais de Shirin. Tandis que l’ombre de la femme de Friedrik, décédée tragiquement, plane encore, celle-ci doit trouver sa place et nouer des liens avec son beau-fils. Dans la douleur et l’angoisse va naître cet attachement entre l’enfant et sa mère de substitution, qui fera tout pour protéger sa progéniture face aux dangers environnants, même lorsque les apparences sont trompeuses et jouent en sa défaveur – surtout face à un mari ne saisissant pas l’importance de ce qui se passe chez lui. Grâce à l’interprétation solide de Dilan Gwyn qui, entre fébrilité et force de caractère, porte le film sur ses épaules, ce qui nous aide à croire en ce combat pour la survie des siens.

© Wild Side

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