[Critique] The Craft : Les Nouvelles Sorcières, dispensable alliance

Vingt-quatre ans après sa sortie, Dangereuse Alliance – ou The Craft en V.O. – d’Andrew Fleming fait l’objet d’une suite/reboot de la part de Sony Pictures et Blumhouse. Réalisé par Zoe Lister-Jones (Anna et Ben), ce nouveau volet intitulé The Craft : Les Nouvelles Sorcières comprend au casting Cailee Spaeny, Gideon Adlon, Lovie Simone, Zoey Luna, Nicholas Galitzine, Charles Vandervaart, Michelle Monaghan ou encore David Duchovny et nous introduit à Lily, une jeune fille introvertie qui va se lier d’amitié avec trois camarades de son lycée, adeptes de la magie…

Voulant profiter de l’aura de Dangereuse Alliance, qui a su devenir une œuvre populaire avec le temps – particulièrement aux Etats-Unis – Sony et Blumhouse ont tenté de développer son univers avec une suite qui, à part être opportuniste, n’apporte aucune plus-value au film original d’Andrew Fleming.

Alors que son prédécesseur était en avance sur son époque quant à ses thématiques et son exploration du mal-être adolescent, on aurait pu se dire que The Craft : Les Nouvelles Sorcières allait faire de même et proposer une réflexion pertinente sur des notions telles que le féminisme, la masculinité toxique, le racisme ou encore la cause LGBT qui sont des problématiques actuelles. Ces sujets sont, comme on l’attendait, traités mais force est de constater que le résultat manque cruellement d’épaisseur mais surtout de nuances, avec un machinéisme on ne peut plus basique.

Reprenant dans les grandes lignes la trame du long-métrage original, nous voilà donc introduits à Lily, jeune-fille timide venant de débarquer avec sa mère dans une nouvelle ville, cette dernière emménageant chez son petit-ami. Déboussolée face à ce changement, notre adolescente esseulée va rapidement trouver du réconfort dans sa relation avec trois camarades de classes, avec qui elle va pratiquer la magie. Formant ainsi un coven – un groupe de sorcières – nos quatre amies vont alors user de leurs pouvoirs pour améliorer leur quotidien, quitte à se brûler les ailes. Si Dangereuse Alliance avait ses défauts, le soin porté à l’ésotérisme et à la relation entre ses personnages (sans compter son esthétisme so 90’s) aidaient à notre immersion, ce qui n’est pas le cas dans cette suite.

Difficile de se laisser envoûter par The Craft : Les Nouvelles Sorcières tant nous ne croyons pas à l’esprit de sororité ici mis en place, l’alchimie entre les actrices ne fonctionnant pas du tout, malgré l’interprétation solide de Cailee Spaeny, la seule a faire un minimum d’efforts pour rendre crédible le parcours de son alter-ego, Lily. Ici, la sorcellerie et son mode de fonctionnement sont balayés d’un revers de la main, préférant se concentrer sur un montage où nos magiciennes 2.0 s’amusent à prendre des selfies. Pour le côté mature, qui était présent dans le film d’Andrew Fleming, on repassera. Seul aspect positif quant à cette exploration du fantastique, l’un des sorts portés par notre coven, permettant de traiter de la bisexualité à travers l’évolution de Timmy, petite frappe du lycée se révélant et remettant en cause les diktats du masculinisme. Ce sera l’exception quant au traitement de cette thématique malheureusement.

En effet, en parlant de masculinité toxique, Zoe Lister-Jones pêche par une écriture simpliste et caricaturale, ce qui est bien dommage car il y avait de la matière pour pointer du doigt avec justesse cette dérive sauf que la critique est on ne peut plus basique. Pour preuve, l’intrigue tournant autour de la figure du beau-père, dont on devine sans détour la finalité et qui frôle le ridicule, un effet renforcé par la prestation ringarde d’un David Duchovny venant cachetonner (tout comme Michelle Monaghan). Même la réalisation ne relève pas le niveau, la mise en scène de Lister-Jones étant digne d’un téléfilm avec une photographie terne et une absence de rythme flagrante, la faute à des plans basiques, ne parvenant jamais à instaurer un soupçon de tension ou de noirceur au long-métrage. Ne parlons même pas de son acte final fauché, avec un affrontement proche du nanar et des effets spéciaux datés.

Il n’y a rien de magique dans The Craft : Les Nouvelles Sorcières, qui n’a malheureusement aucun intérêt à part vouloir étendre un univers par pur opportunisme. Une démarche vaine, qui se ressent à l’écran puisque malgré ses quelques efforts Zoe Lister-Jones n’arrive pas à livrer un film correct, plombé par un scénario raté et une réalisation plate. L’alliance entre Sony Pictures et Blumhouse sur ce projet se révèle plus que dispensable.

© CTMG

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