[Critique] The Lie, dans la spirale du mensonge

Premier volet de l’anthologie horrifique Welcome To The Blumhouse, proposée sur Amazon Prime Video, The Lie est le remake de Monstres Ordinaires, thriller allemand de 2015, réalisé par Veena Sud (The Killing (US), Seven Seconds). Comprenant au casting Joey King, Peter Sarsgaard, Mireille Enos et Cas Anvar, le film nous fait suivre le désarroi d’un père et d’une mère face à la confession de leur fille, avouant avoir tuée sa meilleure amie…

Pour son premier long-métrage, Veena Sud s’essaye au thriller pour un résultat qui malheureusement laisse de marbre, The Lie échouant à nous embarquer complètement dans cette spirale infernale du mensonge et ne parvenant pas à créer la tension nécessaire pour que l’on croit à ce drame intimiste, qui s’avère plus ronflant plus que prenant.

Reprenant dans les grandes lignes l’intrigue de Monstres Ordinaires de Sebastian Ko dont il en est l’adaptation, le long-métrage part pourtant sur un postulat intriguant, nous questionnant sur l’amour filial et sur les risques que sont prêts à prendre les parents pour leurs enfants. Ne perdant pas une minute, le scénario pose ses bases, nous introduisant à une famille désunie, qui va devoir apprendre à se serrer les coudes quand l’impensable se produit. Nous mettant face aux choix d’un père et d’une mère quant à la confession de leur fille, qui avoue avoir tué sa meilleur amie dans un accès de colère, The Lie tente de nous plonger dans une progressive descente aux enfers.

Si sa volonté de gérer ce drame de manière intimiste paraît au premier abord une bonne idée, Veena Sud peine à nous immerger dans cet univers froid et mystérieux qu’elle conçoit à l’écran. Malgré une mise en scène soignée, jouant sur les rapports de forces entre les personnages par rapport aux différents cadres établis, l’environnement hivernal de même que le loft épuré – servant de lieu principal – soulignant la distance entre les membres de cette famille, le long-métrage gâche la majorité de ses effets à cause d’un défaut flagrant de rythme.

Pourtant d’une durée relativement courte, à peine une heure trente, il est difficile de ne pas trouver le temps long tant le scénario étire son intrigue, enchaînant les maladresses quant aux décisions prises par ces parents désœuvrés et quant à l’attitude de la prunelle de leurs yeux. D’ailleurs, nous ressentons les hésitations de Peter Sarsgaard et Mireille Enos quant au ton à donner à leur alter-ego, ces derniers semblant perdus et ayant du mal à donner corps au dialogues qui leur sont offerts, qui s’avèrent assez faibles il faut le reconnaître. Du côté de Joey King, son manque de subtilité empêche de réellement saisir l’essence de Kayla et de nous questionner sur la véracité de son acte. Nous n’y croyons pas un seul instant.

Si l’on peut regretter la relative faiblesse de l’écriture et de la teneur du drame qui nous accapare, notons tout de même quelques moments intéressants à suivre, notamment lors de l’entrée en scène du père de la victime ainsi que des forces de l’ordre, nous faisant espérer un sursaut qualitatif en matière de suspense, ce semblant d’effort s’écroule malheureusement dans un dernier acte où la tension fait enfin son apparition pour nous embarquer dans un point de non-retour. Sauf que l’absence de finesse des retournements de situations s’opérant ici – dont un twist final attendu – font que cette conclusion se voulant sadique et cruelle se révèle bancale, laissant un sentiment d’inachevé.

Etirant en longueur un concept prometteur et le vidant de sa substance première – le suspense – The Lie de Veena Sud s’avère être un thriller lambda qui, malgré une réalisation léchée, ne parvient pas à mettre en place les éléments scénaristiques nécessaires pour nous embarquer dans cette descente aux enfers familiale. Malgré quelques sursauts, cette première œuvre de l’anthologie Welcome To The Blumhouse ne restera pas dans les mémoires.

© Amazon Studios

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