Six ans après avoir co-réalisé le remake d’Enter the Fat Dragon aux côtés de Wong Jing (passé directement par la case SVOD en France), c’est en solo que Kenji Tanigaki se retrouve derrière la caméra, pour The Furious. Un film d’action porté par Xie Miao, Joe Taslim, Brian Le, Yayan Ruhian, Jeeja Yanin, Yang Enyou ou encore Sahajak Boonthanakit, se concentrant sur la quête désespérée d’un père pour retrouver sa fille kidnappée devant ses yeux…
Célèbre coordinateur de cascades – ayant entre autres officié sur Blade II, City of Darkness, la saga John Wick – Kenji Tanigaki aura su rajouter des cordes à son arc au fil de sa carrière, dont celle de réalisateur. L’occasion de montrer de quel bois il se chauffe, ayant les coudées franches pour allier chorégraphies nerveuses et mise en scène millimétrée, comme il le démontre ici dans The Furious, un thriller mené tambour-battant, où les coups pleuvent sans discontinu.
Nous rappelant ce dont le cinéma hongkongais est capable en termes d’action, le long-métrage fonce tête baissée vers la violence, alors que le spectateur suit un père cherchant par tous les moyens à empêcher son monde de sombrer dans les ténèbres. Déjà marqué par les épreuves de la vie, le mystérieux Wang Wei subit un nouveau coup du sort, sa fille tombant dans un piège en pleine rue, l’entraînant à son insu dans les griffes d’un réseau criminel. Soit l’élément déclencheur d’une course la montre pour empêcher la chair de sa chair d’être la dernière victime en date de leur trafic d’enfants. Ne perdant pas une minute pour entrer dans le vif du sujet, l’intrigue écrite par Tin Shu Mak et Kwan-Sin Shum expose clairement son cahier des charges : Proposer une traque sanglante où les poings se déchaînent pour mieux souligner les états d’âmes de ses personnages, des âmes en peine n’ayant absolument plus rien à perdre. Le tout dans un climat d’urgence, histoire de faire monter en pression la cocotte-minute, et laisser exploser la rage dans sa forme la plus pure – et viscérale.
Tombant au cours de sa traque sur Navin, le mari d’une journaliste portée disparue alors qu’elle enquêtait sur les dessous de ce traffic, notre homme aux abois trouve un allié de poids bien décidé à démanteler ce réseau par la force pour savoir ce qu’il est advenu de son épouse. Deux cœurs meurtris, ne reculant devant rien pour sauver l’être aimé. Un sentiment d’alerte aidant à donner du corps à la réalisation de Tanigaki, proposant aux amateurs d’arts martiaux des séquences généreuses où les esprits s’échauffent, où les corps sont mis à rude épreuve. Que ce soit un combat de rue, un affrontement musclé dans un club, où un règlement de compte dans l’enceinte d’un commissariat de police, les moments de bravoure ne manquent pas et tiennent sur la longueur. Privilégiant les travellings, afin que sa caméra ne rate rien des chorégraphies qu’il a imaginé, le cinéaste veut nous en mettre plein la vue et y parvient avec délectation. Ça se tape, ça utilise des outils en tous genre (de la masse au dérailleur de vélo) pour mieux massacrer l’adversaire et ça fonctionne. The Furious est bien le film coup de poing de cet été, sanglant, poisseux.
Avec The Furious, Kenji Tanigaki offre un actioner fiévreux, enchaînant à un rythme soutenu les moments de frictions où parlent les poings et où s’exprime la rage dans sa forme la plus brutale.
