[Critique] Scooby!, peu de mystères & trop de compagnie

Seize ans après sa dernière aventure cinématographique, Scooby-Doo fait son retour sur grand écran avec Scooby!, film d’animation mis en scène par Tony Cervone et présentant sous un nouveau jour la rencontre de notre ami à quatre pattes avec Sammy, Fred, Daphnée et Vera ainsi que la formation de Mystères & Cie…

Avec Scooby!, Tony Cervone propose une aventure menée tambour battant, qui plaira davantage aux petits qu’aux grands et décontenancera les puristes en se voulant plus une pierre angulaire à un univers partagé qu’à une réelle adaptation de Scooby-Doo.

En effet, passée une introduction rendant hommage à la création de Joe Ruby et Ken Spears, appuyée par un clin d’oeil aux nombreux génériques du dessin-animé, Scooby! oublie rapidement le concept propre à celui-ci, pour partir à un rythme effréné vers une course au MacGuffin, le tout pour un résultat mitigé.

Le scénario, co-écrit par Adam Sztykiel, Jack Donaldson et Derek Elliott se concentre avant tout sur la création d’un Hanna-Barbera Universe, nous proposant un crossover géant entre différentes productions phares de la prolifique société fondée par William Hanna et Joseph Barbera comme Les Fous Du Volant, Capitaine Caverne ou encore Dynomutt, Dog Wonder (peu connu par chez nous) dénaturant ainsi ce qui faisait le charme de Scooby-Doo. Si le coeur de Mystères & Cie, à savoir Sammy et Scooby, sont aux premières loges de l’intrigue, le reste de l’équipe fait malheureusement office de faire-valoir au profit de super-héros et d’une mission surnaturelle de premier ordre. Fini les ennemis cachés derrière des costumes de monstres, place désormais à une armée de robots et un véritable chien-fantôme, pour une quête mondiale ayant pour solution un certain Dogue allemand amateur de nourriture et de bêtises.

De ce gloubi-boulga high-tech, permettant de réunir plusieurs personnages connus du catalogue Hanna-Barbera, servant à la mise en place de futures productions et de réunions en tout genre, il ne reste presque rien de l’esprit de Scooby-Doo hormis le lien qui unit notre cabot à son meilleur ami Sammy, qui est la clé du long-métrage et par ailleurs le point fort du long-métrage. Si l’on fait abstraction de cette démystification de ce qui faisait le charme du dessin-animé, on peut tout de même reconnaître que Scooby! fait le job pour divertir petits et grands, se déroulant sans temps morts et provoquant quelques sourires, les facéties de notre duo burlesque ainsi que quelques bons mots de notre Scooby-Gang et du tandem Blue Falcon/Dynomutt faisant mouche, les références parlant à plusieurs générations de spectateurs.

Au niveau de la réalisation, Tony Cervone, qui connait bien le monde de Scooby-Doo, ayant mis en scène de nombreux films en direct-to-video, s’en sort avec les honneurs, respectant dans les grandes lignes le chara-design des personnages et nous proposant un long-métrage coloré et à l’animation fluide, particulièrement lors des moments de bravoures du film où l’action est lisible.

Servant plus d’introduction à un univers partagé Hann-Barbera qu’à un véritable long-métrage centré sur Scooby-Doo et son concept, Scooby! est une semi-déception pour les amateurs de l’oeuvre de Joe Ruby et Ken Spears que nous sommes, se perdant dans une quête mystique et multipliant les pistes pour le futur plutôt que de se concentrer sur le principe même de Mystères & Cie, à savoir une enquête teintée de paranormal, déjouant l’horreur par l’humour et proposant plusieurs niveaux de lectures. Ruh-roh !

scooby!

© Warner Bros. Entertainment Inc.

 

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