[Critique] Roxane, l’œuf et la poule

La réalisatrice Mélanie Auffret signe avec Roxane son premier long-métrage et s’entoure de  Guillaume De Tonquédec, Léa Drucker, Lionel Abelanski, Michel Jonasz, Liliane Rovère, Jean-Yves Lafesse et Kate Duchene pour nous emmener en centre Bretagne, suivre le quotidien de Raymond, petit producteur d’œufs bio qui va voir son exploitation mise en danger.

Pour sa première incursion sur grand écran, Mélanie Auffret livre une oeuvre simple et bienveillante, à l’image de son personnage principal.

Le scénario de Roxane, que la réalisatrice a co-écrit avec Michaël Souhaité, met en valeur le monde agricole à travers le parcours de Raymond et de son exploitation qui, malgré son apparente légèreté se cache un triste constat sur notre société. Dans notre conjecture actuelle, ces histoires de petites entreprises devant faire face à la concurrence déloyale des grands groupes nous parlent et on ne peut être que se sentir concerné par toutes ces fermetures d’exploitation, qui sont malheureusement une réalité.

Cet état des lieux amer sur le consumérisme est contre-balancé par la légèreté propre à l’intrigue de Raymond et son projet insensé pour sauver son travail et ses poules. Certes la facilité est au rendez-vous en ce qui concerne la percée de notre protagoniste sur le web mais la route qu’il emprunte est au final intéressante à suivre car remplie d’optimisme et de ténacité, porteur d’un message d’espoir donc même si un peu naïf mais qu’importe.

L’amour de Raymond pour ses poules, son exploitation, sa famille et pour Edmond Rostand transpirent à l’écran grâce à la combinaison entre l’écriture du personnage et le jeu de Guillaume De Tonquédec, qui est touchant de sincérité et apporte un cachet supplémentaire au film avec sa performance. Il est bien épaulé avec Léa Drucker, toujours impliquée et qui forme avec ce dernier un couple solide ainsi que Lionel Abelanski tantôt drôle et sensible. Dans les seconds-rôles, Liliane Rovère et Kate Duchene sont la caution comique du film tandis que Michel Jonasz et Jean-Yves Lafesse sont plus en sobriété de part le rôle qu’ils jouent.
Mais la vraie vedette et l’atout charme du long-métrage est bien entendu Roxane, la poule éponyme du long-métrage, fidèle bras droit de notre protagoniste principal, véritable actrice-née qui est la mascotte qui fera craquer les spectateurs (même si ses congénères présentes ne manque .

Au niveau de la réalisation, cette incursion dans l’univers agricole est porté à l’écran par Mélanie Auffret avec un soin porté à l’authenticité, en dépeignant sans fard le quotidien de ces homme et femmes et leurs conditions, le tout avec une mise en scène se voulant la plupart du temps resserrée sur ses personnages, à part lors des séquences situées dans les exploitations, qui joue sur ce décalage entre la taille du terrain/bâtiment/densité du bétail et l’agriculteur perdu au milieu de cette immensité. L’aspect authentique est appuyé par l’ancrage en Bretagne où les paysages typiques et la joie de vivre qui y règne permettent d’insuffler cette atmosphère légère et agréable.

Avec Roxane, Mélanie Auffret livre une comédie qui ne manque pas de poésie ni de pertinence, dénonçant le combat des petits producteurs face à la grande distribution et à ses conséquences pour le milieu. Porté par un casting attachant, à commencer par Guillaume De Tonquédec (et Roxane !), ce premier long-métrage véhicule de beaux messages face à l’adversité.

Roxane

©Mars Films

 

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