[Critique] Bienvenue À Marwen, le pouvoir de l’imagination

Deux ans après Alliés, Robert Zemeckis est de retour derrière la caméra avec Bienvenue À Marwen et pour porter à l’écran cette histoire vraie il s’est entouré de Steve Carell, qui incarne Mark Hogancamp, victime d’une amnésie totale après avoir été sauvagement agressé et tentant de reprendre pied en imaginant des histoires extraordinaires se déroulant dans le village fictif de Marwen durant la Seconde Guerre Mondiale. Le casting du film est complété par Leslie Mann, Eiza González, Diane Kruger, Gwendoline Christie, Janëlle Monáe et Merritt Wever.

Robert Zemeckis est en terrain connu avec Bienvenue À Marwen où il concocte une recette à base d’ingrédients qui ont fait sa renommée.

Basé sur la véritable histoire de l’artiste Mark Hogencamp et du documentaire (Marwencol) réalisé en 2010 par Jeff Malmberg, Zemeckis et Caroline Thompson dressent le portrait d’un homme brisé et portent un regard tendre sur sa reconstruction à travers la photographie.

Porté par un Steve Carell investi et impeccable dans ce rôle, le long-métrage nous fait voyager entre réel et imaginaire, donnant l’occasion au réalisateur d’augmenter d’un cran la performance capture, qu’il expérimente depuis Le Pôle Express, pour un résultat bluffant.
Les poupées s’articulant dans le monde de Marwen mais également dans la tête de Mark, permettent d’avoir une atmosphère particulière où la frontière entre les deux univers est fine, pour mieux nous transporter dans la psyché de Hogencamp.

Traumatisé physiquement et psychologiquement, nous suivons une victime tentant de reprendre goût à la vie grâce à une thérapie iconoclaste. Marwen est pour Mark l’occasion d’extérioriser ses sentiments et de surmonter ses blessures. Accentué par la réalisation de Robert Zemeckis, le choc de la violente agression nous permet de saisir pourquoi notre homme trouve refuge dans les méandres de son imagination. Face à la haine et à la violence sa vie a été bouleversée, tout cela à cause de sa différence.

Un message de tolérance et de solidarité nous est adressé avec cette histoire, le tout étant enrobé de délicatesse et de sensibilité. Pour remplir la page blanche qu’est son esprit suite à son passage à tabac et trouver un nouveau sens à sa vie, Mark peut compter sur ses figurines et sur ses amis, toujours là pour veiller sur lui quand il en a besoin, que ce soit dans la réalité ou à Marwen où ce dernier a son propre avatar, Hogie.

Les personnalités féminines ont la part belle dans Bienvenue À Marwen et aident notre héros à surmonter les obstacles inhérents à ses blessures. Les partitions tout en douceur de Leslie Mann, Eiza Gonzàlez et Merritt Wever sont réconfortantes pour le spectateur et personnage de Steve Carell et le travail de Diane Kruger, Gwendoline Christie, Janëlle Monáe n’est pas en reste. Malheureusement, la vision de la femme dans le film est plutôt bancale et le malaise est parfois palpable, venant gâcher cette belle histoire.
En effet, outre le fétichisme de Mark, qui sert l’intrigue, ce qui est problématique et sa manière de voir la gente féminine, très sexualisée dans le monde de Marwen et donnant lieu à des séquences quelques peu gênantes. L’écriture de ces scènes est plus que maladroite et contraste avec les autres intrigues se déroulant dans l’enceinte de cet univers imaginaire. Dommage.

Pour terminer sur une bonne note, comme dit précédemment, la mise en scène de Robert Zemeckis est irréprochable et inventive. Dès l’introduction, il nous confirme sa maîtrise de la performance capture avec cette plongée dans la Seconde Guerre Mondiale made in Marwen. Sa caméra restant à hauteur d’homme, pour mieux cerner Mark et ses traumas, elle virevolte et s’anime quand elle filme les aventures de Captain Hogie, pour appuyer sur le pouvoir extraordinaire de l’imagination. Le travail sur la photographie est particulièrement réussi avec une richesse de tons, renforçant la bienveillance de Zemeckis sur ses personnages.

Bienvenue À Marwen est porteur de messages d’espoir où l’entraide et l’imagination ressortent vainqueurs face à l’adversité et à la haine. Cette ode à la rêverie est le symbole du cinéma de Zemeckis, qui trouve avec ce sujet l’occasion de puiser dans ce qui fait sa force pour nous transporter dans cet univers onirique qu’est Marwen. Porté par un Steve Carell une nouvelle fois touchant, le long-métrage se montre profondément humain malgré une certaine maladresse concernant l’image de la femme. 

Film Title: Welcome to Marwen

@Universal Pictures

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