[Critique] Tueurs : braquage et faux-semblants

Carrière atypique pour le réalisateur François Troukens, qui sort son premier long-métrage, Tueurs qu’il a co-réalisé avec Jean-François Hensgens (les deux ont déjà collaboré sur le court-métrage Caïds en 2015). Ancien braqueur de fourgons blindés, l’homme s’est ensuite reconverti dans l’écriture et il est notamment auteur de bande dessinée, romancier et scénariste. Il est cette fois passé à la réalisation avec ce premier film et s’est entouré d’Olivier Gourmet, Bouli Lanners, Bérénice Bao ou encore Lubna Azabal.

Tueurs est un polar nerveux qui se centre sur l’affaire des Tireurs Fous qui avait marqué la Belgique il y a trente ans. Un casse sanglant va remettre ce fait divers sur le tapis : Et si ces braqueurs étaient de retour ?

Francois Troukens et Jean-François Hensgens signent avec Tueurs un polar nerveux qui, s’il ne renouvelle pas le genre est efficace grâce à sa tension ainsi qu’à sa dose d’action et d’adrénaline. Cette production belge nous surprend agréablement au niveau de la réalisation, car avec peu de budget les deux hommes nous offrent un thriller de bonne facture. On ressent la patte de Jean-François Hensgens qui a été directeur de la photographie sur des films de genre tels que Banlieue 13 – Ultimatum, Antigang ou encore Go Fast. Et au niveau de la minutie des scènes de braquages et de leur préparation on peut sans nul doute penser que François Troukens se sert de son expérience passée, ce qui est bienvenue en terme d’efficacité dans le récit.

Tueurs nous fait donc suivre une bande de braqueurs qui prépare un dernier casse mais cela ne se passera pas comme prévu. Après une scène d’introduction qui capte directement notre attention par sa violence, les réalisateurs nous dévoilent ensuite comment on en est arrivés là et le scénario bifurque rapidement sur un fait-divers réel (les tueurs du Brabant) qui a marqué l’histoire de la Belgique il y a environ trente ans. Nos criminels se retrouvent liés à cette sombre histoire et deviennent victimes d’une conspiration qui les dépassent. Ce retournement de situation permet de relancer l’intrigue. Le chef de bande , Frank Valken, incarné par un Olivier Gourmet toujours juste, va donc devoir déjouer la machination dont lui et son équipe sont embourbés et cela va se révéler compliqué.

Le choix de se centrer sur nos braqueurs et de les faire passer pour de simples pions est bien pensé. Les lier à une affaire qui les dépasse en plus de les confronter aux forces de l’ordre permet au scénario de s’étoffer avec ces incursions dans le milieu judiciaire, politique et même journalistique, mais si tout s’enchaîne sans temps mort et dans un temps relativement court (1h22) on se dit que quelques dizaines de minutes en plus n’auraient pas fait de mal pour développer certaines zones d’ombres.

Au niveau des acteurs, en plus d’Olivier Gourmet, notre équipe de braqueurs n’est pas en reste avec Kevin Janssens et Bérénice Baoo qui sont convaincants. Face à eux, Bouli Lanners étonne dans ce registre sombre avec son rôle de flic bourru mais on retiendra surtout Lubna Azabal qui tient tête à ses homologues masculins et qui se démarque du film.

Tueurs est donc un polar tendu et sans temps-mort, un premier long-métrage qui n’est pas sans défaut, avec notamment un scénario au final trop court pour tout ce qu’il y avait à raconter mais qui sait rester captivant grâce à la réalisation et au jeu d’acteur.

tueurs-bouli-lanners

Présenté lors de l’Arras Film Festival, nous avons pu rencontrer François Troukens accompagné de Bérénice Baoo et ils nous ont parlé du film :

Parmi les informations dévoilées, nous avons su que le tournage de Tueurs avait été très rapide, seulement 36 jours.

Preuve de cette intensité une anecdote racontée par Bérénice Baoo : Durant le long-métrage il y a une séquence qui se déroule dans un tunnel et l’équipe a eu le droit de tourner à l’intérieur de 4h45 à 5h30 et a ensuite dû se dépêcher de nettoyer puisque le trafic avait repris, le lieu n’étant plus bouclé.

Bérénice ainsi que les autres acteurs ont eu un entraînement intensif avec plus de 19h de sport notamment et des cours pour apprendre à manier les armes ainsi que les monter et démonter. L’actrice a également réellement conduit durant les scènes d’action où son personnage était au volant.

Parmi les influences de François Troukens pour ce film, il a cité entres autres les films de Jean-Pierre Melville et ceux de Giovanni José (comme Le Trou) ou encore Heat de Michael Mann.

Et pour terminer une information importante divulguée par François Troukens, Tueurs va être développer en série. Une très bonne nouvelle car il y a de la matière pour plusieurs épisodes !

 

 

Une réflexion sur “[Critique] Tueurs : braquage et faux-semblants

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