Trois ans après Un talent en or massif, Tom Gormican effectue son retour derrière la caméra avec Anaconda, qui comprend au casting Jack Black, Paul Rudd, Thandiwe Newton, Steve Zahn, Daniela Melchior ou encore Selton Mello et nous entraîne au cœur de la forêt amazonienne – théâtre du périple tragi-comique d’une équipe de tournage cherchant à réaliser leur version maison…du film horreur Anaconda. Tout un programme.

En 1997, Jennifer Lopez s’immergeait dans le genre horrifique en prenant part à Anaconda, le prédateur, film de série B mis en scène par Luis Llosa (Sniper), qui voyait la chanteuse s’aventurer au fin fond de la forêt amazonienne aux côtés d’Ice Cube, Owen Wilson et Jon Voight. Au menu de ce gentil navet, qui aura su devenir culte pour les amateurs de ce type de productions, la tentative désespérée d’une équipe du National Geographic d’échapper aux crocs – et à l’étreinte mortelle – d’un des plus grands serpents du monde. 

Une production donnant naissance à une franchise en bonne et due forme, avec des suites à la qualité discutable et même un crossover avec une autre saga ne manquant pas de mordant, Lake Placid. Des épisodes renforçant l’aspect nanardesque de la marque, qui n’a plus fait parler d’elle depuis 2009. Mais comme on le sait à Hollywood, n’importe quelle propriété intellectuelle peut ressurgir des placards des studios. Ce qui n’a pas échappé à Tom Gormican, qui continue de tracer son sillon dans le domaine de la comédie pour le moins méta. Ainsi, après Un Talent En Or Massif, qui alimentait une réflexion sur le star-system, le réalisateur récidive en abordant la question de la créativité au sein d’une industrie qui se plaît à tourner en rond. Dans son viseur, la mode du reboot, pouvant donner lieu à des projets sans queue ni tête. Comme monter une nouvelle version d’Anaconda pardi.

De cette idée, s’initie un long-métrage se voulant un ersatz de Tonnerre sous les Tropiques, où un tournage tourne à juste-titre à la catastrophe à cause de décisions peu avisés de la part d’une équipe certes motivée mais manquement clairement de discernement. En l’occurrence un groupe d’amis cinéphiles, désireux de se retrouver sur une œuvre commune – eux qui auraient aimé s’épanouir dans la grande famille du septième art. Ce qui pourrait se réaliser quand ces derniers se décident à mettre en scène leur propre version du film original de 1997 – dérivé d’un obscur roman – en se rendant eux aussi le long du fleuve Amazone. Pensant passer du rêve à la réalité, nos protagonistes vont malheureusement s’engouffrer du rêve au cauchemar, leur aventure tournant au chaos. Entre frictions avec des trafiquants ou encore rencontre fortuite avec un anaconda grandeur nature, Doug, Griff, Kenny et Claire ne sont pas au bout de leurs surprises…au contraire du spectateur.

Ne sachant pas quel angle adopter pour traiter de son sujet, Tom Gormican et son co-scénariste Kevin Etten tâtonnent, lorgnant tantôt du côté de la parodie, tantôt de la comédie potache, le tout entrecoupé de tentatives – désespérées – de renouer avec l’aspect horrifique de son modèle…sans réelle volonté de faire un choix radical. En ce sens, Anaconda se prend rapidement les pieds dans le tapis, le script tournant à vide en l’absence de direction artistique, laissant Jack Black, Paul Rudd, Thandiwe Newton et Steve Zahn se débrouiller avec peu de matériel. Ne pouvant compter que sur lui-même, notre quatuor principal gesticule dans le vide, ne croyant pas en ce qu’il doit se passer à l’écran. Preuve en est, Black et Rudd n’en font même pas des tonnes niveau jeu, se contentant du minimum syndical, permettant à Steve Zahn de leur voler bien souvent la vedette.

Vous l’aurez compris, en dépit d’un concept qui pouvait être synonyme de délire meta, le film se mord la queue et oublie sa raison d’être, préférant tracer sa route vers la comédie lambda – que l’on oublie aussitôt visionnée. Si vous voulez voir Jack Black témoigner de son amour du cinéma, privilégiez Soyez sympas, rembobinez (et comme cité plus haut Tonnerre sous les Tropiques qui lui savait être satirique et réellement loufoque).

En revisitant à sa sauce une franchise qui ne manque pas de mordant, à savoir Anaconda, Tom Gormican nous rejoue la carte de la comédie meta mais se prend les pieds dans le tapis – proposant un délire sans queue ni tête.

© Sony Pictures

Laisser un commentaire

Trending

En savoir plus sur

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture