Un an après la sortie de 200% Loup, la société de production Studio 100 Animation se rappelle au bon souvenir de son auditoire avec un cru 2025 synonyme de voyage vers le passé, puisque nouvelle adaptation des romans Heidi. Chapeautée par le duo Tobias Schwartz/Alzea Roca Berridi, Heidi et le Lynx des Montagnes nous (re)plonge dans la Suisse verdoyante de la fin XIXe, pour suivre notre espiègle orpheline dans ses tribulations au sein du village où réside son grand-père, qui la recueille un temps.

On ne présente plus Heidi, héroïne née sous la plume de l’autrice Joanna Spyri à la fin du XIXe siècle, tant cette dernière aura vécu des aventures diverses et variées sur le petit ainsi que sur le grand écran et ce dès 1920. Mais pour la première fois de son existence, l’œuvre se transpose au format animé dans le milieu du septième art. Aux manettes de cette relecture, à destination du jeune public, le Studio 100 – qui prolonge ainsi son exploration l’univers romanesque imaginée par l’autrice suisse allemande, une décennie après avoir produit la série Heidi de 2015.

Un retour aux affaires prenant le chemin du long-métrage et ce afin de tirer profit des thématiques du récit originel – notamment sur la critique de la révolution industrielle – pour mieux les remettre au goût du jour pour son auditoire. Mis en scène par Tobias Schwartz et Alzea Roca Berridi, Heidi et le Lynx des Montagnes se veut ainsi une expédition bucolique au cœur des alpages, alors que nous suivons notre protagoniste et son acolyte Peter dans une situation particulière, prenant sous leur aile un animal blessé esseulé et apeuré. Un bébé lynx ne demandant qu’une chose, retrouver les siens. Soit le point de départ d’une mission de sauvetage dans la nature sauvage, destinée à montrer aux enfants que la faune de même que la flore méritent que l’on prennent soin d’elles.

Car si la montagne est belle, celle-ci peut perdre de sa superbe à cause de l’Homme. Une menace symbolisée par la présence du véreux Schnaittinger dans l’intrigue tissée par Rob Sprackling, le chef d’entreprise devenant rapidement un antagoniste pour Heidi, son grand-père et plus généralement pour la population. Désireux d’ouvrir une scierie en plein milieu de cette campagne luxuriante, le businessman multiplie les coups bas pour parvenir à ses fins, sa cupidité l’amenant à manipuler, à blesser son prochain. De quoi donner du grain à moudre à ce conte écologique un brin naïf où tradition et modernisme se confrontent dans un but pédagogique, l’équipe créative voulant semer les bases d’une réflexion quant à ce capitalisme retors gangrénant notre société. En martelant que la solidarité, l’amour et l’amitié aident à surmonter l’adversité, Heidi et le Lynx des Montagnes joue la carte de l’espérance, soit un angle pertinent aidant à captiver son cœur de cible.

Les adultes auront davantage de mal à rentrer dans l’histoire ici proposée, le fond et la forme restant trop balisés, pour que les petits restent attentifs à ce qui se déroule sous leurs yeux. Et ce d’autant plus que la réalisation n’est pas des plus fluide, en dépit de réels efforts pour que l’on prenne un bon bol d’air frais, le soin porté à la photographie (aux couleurs vives) et à la retranscription des décors de cartes postales offerts par la Suisse ne se mariant pas naturellement avec l’animation des personnages, manquant de précision. Ce qui n’enlève pas totalement le charme de cette version de Heidi, malgré tout sympathique à suivre.

Petite parenthèse bucolique à destination du jeune public, Heidi et le Lynx des Montagnes se veut un divertissement qui ne manque pas de cœur, où solidarité rime avec eco-responsabilité.

© Studio 100 Internation GmbH

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