Six ans après avoir chapeauté l’adaptation live de Kim Possible pour Disney +, Zach Lipovsky et Adam B. Stein effectuent leur retour derrière la caméra avec Destination Finale Bloodlines. Comprenant au casting Brec Bassinger, Teo Briones, Kaitlyn Santa Juana, Richard Harmon, Max Lloyd-Jone ou encore Anna Lore et Tony Todd, ce sixième volet de la franchise voit les membres d’une même famille aux prises avec la Grande Faucheuse, déterminée à reprendre ce qu’il lui revient de droit, leur vie…
Remisée au placard durant plus d’une décennie, la franchise Destination Finale ressort de son cercueil pour divertir un nouveau public, peu au fait de ces rencontres avec la Mort – qui ont la particularité de se dérouler dans le chaos et la douleur. Pour tenter de redonner du souffle à une marque qui aura connu des hauts et des bas, New Line a laissé le soin à Zach Lipovsky et Adam B. Stein de s’amuser avec cette mythologie déjà bien exploitée depuis cinq films, histoire donner du crédit à ce retour aux affaires, qui doit s’accompagner de son lot de décès pour le moins incongru.
Pour s’y faire, le tandem opère un léger changement sur la feuille de route de la saga, sortant de leur manche la carte famille, une donnée inexploitée jusque là. Et quand les liens du sang sont synonyme de bain de sang, on se dit que le potentiel est là pour faire de Bloodlines un jeu de massacre régressif. Passé un premier quart d’heure se démenant à introduire cette facette inédite, avec en guise d’introduction une plongée incandescente au cœur des années 60, théâtre d’une vision d’horreur avec à la clé un accident grandiloquent digne de la Tour Infernale (avec des CGI malheureusement douteux) déjoué de justesse, le script concocté par Lori Evans Taylor et Guy Busick, revient aux fondamentaux. En rappelant que notre antagoniste à la faux bien tranchée n’a pas son pareil pour récupérer les âmes de ceux qui ont échappé à son courroux. Ce que vont malheureusement expérimenter les descendants d’Iris Campbell qui, en ayant perturbé les plans de la Mort dans les sixties va jeter le mauvais œil sur les générations à venir.
Ainsi, les membres du clan Campbell se retrouvent sur une liste fermée de cibles à abattre, amorçant un calvaire ne manquant pas de piquant pour ces derniers, se retrouvant au beau milieu d’un jeu du chat et de la souris dont il est impossible de ressortir vainqueur. Et sur ce point là, le scénario de Taylor/Busick prend un malin plaisir à torturer ses personnages, comprenant que le public venant en salles attend des accidents tragi-comiques. De ce fait, malgré les interprétations plus ou moins aléatoires de notre casting, en particulier les jeunes (seule la prestation pince-sans-rire de Richard Harmon fait le job), on se laisse malgré tout prendre à ce délire mortel, grâce au soin porté au cheminement improbable menant à la fin brutale de notre tribu. D’une tondeuse malencontreusement mise en état de marche à un camion poubelle se trompant de détritus, les plans fomentés par la Grande Faucheuse font leur effet dans la plupart des cas, la palme du sadisme revenant à une séquence fracassante en plein hôpital, devenant par ricochet un piège sanglant.
Des mises à mort permettant à Zach Lipovsky et Adam B. Stein de s’éclater niveau réalisation, même si comme dis plus haut, une fois que les effets spéciaux prennent de la place, les limites du budget se font ressentir en début et en fin de métrage. Quoiqu’il en soit, Destination Finale Bloodlines redonne un petit coup de fouet à la franchise, la créativité prenant le pas sur l’originalité, ce qui était recherché par les amateurs du genre.
Avec Destination Finale Bloodlines, Zach Lipovsky et Adam B. Stein ne badinent pas avec la mort, s’amusant des codes de la franchise pour proposer un opus synonyme de divertissement régressif – menée avec sadisme par la Grande Faucheuse.
