Nouvelle création française de la plateforme Disney +, Ghosts : Fantômes en héritage se veut l’adaptation française de la sitcom britannique éponyme imaginée en 2019 par le collectif Them There. Supervisée par Arthur Sanigou (Un stupéfiant Noël) et Joris Goulenok (Canis Familaris), la série revisite ainsi dans la joue et la bonne humeur un classique de l’horreur, le mythe de la maison hantée, et ce en compagnie d’une joyeuse troupe réunissant Camille Chamoux, Hafid Benamar, Natacha Lindinger, Fred Testot, Tiphaine Daviot, François Vincentelli, Bruno Sanches, Paul Scarfoglio, Mr Poulpe, Paul Déby ou encore Camille Combal.
À l’occasion du lancement de la série sur Disney + (elle sera prochainement diffusée sur TF1), SeriesDeFilms a pu s’entretenir avec l’un des showrunners de Ghosts : Fantômes en héritage, Joris Goulenok, qui a gentiment accepté de répondre à nos questions.
À la base une série britannique, Ghosts aura su étendre son aura dans l’univers du petit écran en devenant l’objet de remakes dans de multiples pays, dont la France désormais. Connaissiez-vous le show avant de prendre part à cette transposition ? Comment vous êtes-vous retrouvé attaché à ce projet et quels sont les éléments qui vous à séduit dans cet exercice d’adaptation ?
Quand BBC Studio contacte Arthur Sanigou qui me parle du projet, nous ne connaissions pas du tout la série. J’ai visionné la version britannique (nous n’avions pas le droit de nous baser sur l’adaptation U.S.) sans idée préconçue et j’ai tout de suite été séduit. J’ai tout de suite adoré les personnages, l’humour et la mise en œuvre de l’idée. Un histoire de château hanté ça peut prendre plein de formes différentes mais là c’était malin. Il y avait un thème de vivre ensemble évident dans une arène qui proposait des personnages qui opéraient depuis des époques et des points de vue très différents. J’ai trouvé ça brillant.
BBC Studios, qui est associée à Disney + et TF1 sur cette version made in France vous a t-elle laissée un espace de liberté conséquent à vous et Arthur Sanigou, qui officie en tant que co-créateur et réalisateur pour vous approprier le matériau de base ou bien y avait-il un cahier des charges bien précis à respecter ? Sur ce point là, au niveau de la nature des multiples fantômes présents dans la série, comment vous êtes vous mis d’accord sur ceux dont il fallait conserver les origines telles que stipulées dans la série-mère et ceux pouvant être sujets à reinterpretation, à l’image d’Albos le chef gaulois érudit ?
Nous avions carte blanche à condition de respecter le concept original. Bien entendu le premier exercice d’adaptation sur lequel nous étions tous d’accord était celui qui concernait la dimension historique et culturelle particulière de la France. On a imaginé plein de personnages que nous avons tirés des grandes périodes de notre histoire mais il n’a pas toujours été évident de trouver comment les faire vraiment fonctionner. Il faut préciser que nous avons beaucoup réfléchi à l’exercice de l’adaptation en lui-même avec Arthur. Entre tout réinventer et se contenter de traduire, il y a toute une gamme de possibles. Notre choix a été de conserver ce que nous trouvions chouette. D’être humbles par rapport à l’existant tout en adaptant ce que nous trouvions moins réussi. Malgré tout, nous avons écrit cette version en imaginant que la série pourrait durer plusieurs saisons. Nous avons installé un certain nombre de choses qui visent à nous permettre de s’émanciper de l’original à terme. Notre référence a été le parcours de la version US de The Office. On est tous les deux de gros fans avec Arthur. La version américaine s’émancipe lentement de l’original. La première saison est très fidèle à la version britannique sans que ce soit problématique à notre sens. C’est un peu la voie que nous avons imaginé suivre si nous avions la chance de faire vivre nos personnages sur plusieurs saisons.
Signalons la présence d’un casting pour le moins connu parmi les fameux revenants donnant leur titre à la série (Natacha Lindiger, Fred Testot, Tiphaine Daviot, Bruno Sanches, Mr Poulpe ou encore Camille Combal), ce qui se révèle être l’attraction principale de votre relecture. Comment avez-vous réussi à embarquer tout ce petit monde dans cet univers fantasmagorique ? Aviez-vous une liste prédéfinie d’artistes ou vos choix ont-ils muté au gré de l’avancée de l’écriture ?
Je crois que c’est avant tout le terrain de jeu qu’on leur propose qui attire les comédiens. Celui de Ghosts est très prometteur pour un interprète. Nous avions quelques idées en tête mais les choses se sont construites au fur et à mesure. Ce qui nous semblait important c’est surtout l’alchimie entre les comédiens. Il fallait parvenir à créer une troupe. Arthur est très fort pour ça. Il sait rendre les gens à l’aise et surtout il est capable de voir les terrains sur lesquels ils vont s’entendre. C’est une troupe de théâtre qui est à l’origine de la version originale. Ça se sent dans l’écriture et dans la façon qu’ont les comédiens de se donner le change. Il nous a semblé important de recréer ça autant que possible.
Au final, était-ce un défi de travailler à quatre mains sur une production de ce genre ? La sitcom, souvent très codifiée, peut-elle permettre de sortir des sentiers battus en termes d’humour selon-vous ?
Dans le métier de scénariste, on est quand même souvent amené à travailler à plusieurs. C’est une habitude qui ne pose pas particulièrement de difficulté à partir du moment où les auteurs parlent la même langue. Entre Arthur et moi, la question ne se pose même pas. On se connait par coeur. Je pense qu’on pourrait même imiter le style de l’autre si on voulait. On travaille à distance, au téléphone, en Visio, par texte interposé. Quand je lis sa prise de note, je vois immédiatement ce qu’il a derrière la tête et réciproquement. On a aussi la même approche de la technique, de la dramaturgie, ce qui fluidifie beaucoup le dialogue entre nous. Et surtout, on a confiance l’un dans l’autre ce qui permet aux égos d’être totalement mis de côté.
Concernant la Sitcom, ses codes, les genres, les registres et plus généralement les formes de séries, je pense qu’on est dans un époque où l’on peut se permettre de sortir des cadres pré-établis. Personne ne nous y oblige mais ça me semble plus propice aujourd’hui à condition de ne pas aller dans une proposition qui exploserait tous nos repères de spectateur. Entre le bouclé et le feuilletonnant il y a dorénavant le semi-bouclé. Des termes qui selon moi désignent moins des cases qu’une ligne sur laquelle on peut déplacer un curseur. Ce n’est pas vraiment un facteur limitant de mon point de vue. On peut se permettre des choses à condition de bien le faire.
Les versions britanniques et américaines ont plusieurs saisons à leur actif (Ghosts US est d’ailleurs encore en diffusion sur CBS). Avez-vous dans l’optique, avec Arthur Sanigou, de vous engager sur plusieurs années avec ces fantômes pour le moins attachants ?
À part dans le cadre d’une mini-série, on écrit jamais une série en se disant qu’il n’y aura qu’une saison. À plus forte raison quand le format existe déjà et qu’il a fait ses preuves au-delà de sa première année. Après on reste dans une industrie où beaucoup de considérations entrent en jeu et que nous ne pouvons pas vraiment anticiper depuis notre poste de scénariste. Y’a d’ailleurs une sorte de petit tabou autour des suites avant qu’on ne les évoque officiellement. Mais une chose est sûre c’est qu’on prend tellement de plaisir sur ce format qu’on pourrait y passer plusieurs années avec joie.

Propos recueillis par Romain Derveaux


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