Quatre ans aprĂšs Les SorciĂšres d’Akelarre, le rĂ©alisateur franco-argentin Pablo AgĂŒero effectue son retour derriĂšre la camĂ©ra avec Saint-Ex long-mĂ©trage qui, comme son titre l’indique salut la mĂ©moire d’Antoine de Saint-ExupĂ©ry. PortĂ© par Louis Garrel mais Ă©galement Vincent Cassel et Diane Kruger, cette hommage nous entraĂźne en direction de la CordillĂšre des Andes, théùtre du sauvetage de Henri Guillaumet, collĂšgue de notre pilote de l’AĂ©ropostale – prĂȘt Ă  tout pour le retrouver vivant…

Quatre ans aprĂšs avoir pointĂ© du doigt les dĂ©rives de l’Inquisition espagnole, Pablo AgĂŒero change de cap pour son nouveau projet, rendant ainsi hommage au courage et Ă  la crĂ©ativitĂ© d’Antoine de Saint-ExupĂ©ry Ă  travers une Ɠuvre onirique. Saint-Ex. Se partageant entre rĂȘverie et rĂ©alitĂ©, cette odyssĂ©e cinĂ©matographique se concentre sur le pĂ©riple du pilote au cƓur de la CordillĂšre des Andes, afin de secourir son meilleur ami et collĂšgue, Henri Guillaumet.

Une mission de sauvetage pĂ©rilleuse, servant de postulat Ă  une aventure au rythme enlevĂ©, le cinĂ©aste s’inspirant des textes de son illustre modĂšle pour donner du corps Ă  son rĂ©cit initiatique, qui prend ses distances avec le motif du biopic. Soit un choix crĂ©atif judicieux sur le papier, surtout lorsque l’on connaĂźt la propension de l’auteur Ă  se servir de l’imaginaire pour Ă©voquer avec symbolisme des thĂ©matiques universelles – que ce soit l’ouverture Ă  l’autre, la dĂ©fense du bien contre le mal (ce que l’on aura pu analyser collectivement dans Le Petit Prince notamment). HĂ©las, en dĂ©pit de cette bonne idĂ©e de dĂ©part, l’exĂ©cution se rĂ©vĂšle maladroite, le script Ă©crit par le cinĂ©aste ne rĂ©ussissant pas Ă  donner de l’ampleur Ă  cette approche lyrique quant Ă  l’expĂ©dition ici retranscrite Ă  l’Ă©cran.

De cette base incroyable mais vraie, comme abordĂ©e dans Terre des Hommes, se dessine un conte philosophique Ă  portĂ©e humaniste, appuyĂ©e par l’abnĂ©gation de Saint-ExupĂ©ry, prĂȘt Ă  passer au-dessus des murs se dressant face Ă  lui pour venir en aide Ă  son camarade de vol. Mais faute d’une intrigue suffisamment solide sur ses appuis, et des dialogues peu engageants, difficile de se laisser embarquer dans ce voyage emprunt de naĂŻvetĂ©. D’autant plus lorsque l’on ressent des balbutiements quant Ă  la marche Ă  suivre question mise en scĂšne, la beautĂ© de certains plans de carte postale de l’AmĂ©rique du Sud Ă  la puissance Ă©vocatrice limpide (Ă  l’image d’un passage imagĂ© de cette infranchissable CordilliĂšre, prenant appui sur le savoir-faire du Condor) se perdant dans un ocĂ©an d’effets numĂ©riques douteux. Ou quand l’utilisation intempestive d’Ă©crans verts nuit au travail effectuĂ© par Claire Mathon sur la photographie naturelle.

Le parti-pris sur cette question de la rĂ©alisation laisse ainsi dubitatif, de quoi se demander si Pablo AgĂŒero n’a pas dĂ» faire face Ă  des soucis de budget de derniĂšre minute, la diffĂ©rence flagrante de qualitĂ© d’un plan Ă  l’autre s’avĂ©rant frustrante pour le spectateur. Quitte Ă  chercher Ă  recrĂ©er une patine proche des annĂ©es 30, pourquoi ne pas avoir pousser le curseur au maximum avec dĂ©cors en cartons pĂątes, histoire de rester visuellement cohĂ©rent d’un bout Ă  l’autre du mĂ©trage ? Cela aurait d’ailleurs pu ajouter ce soupçon de magie manquant malheureusement Ă  Saint-Ex, le pĂ©riple de notre hĂ©ros sur terre et dans les airs s’opĂ©rant en mode automatique. De quoi couper court aux quelques instants suspendus se prĂ©sentant ci-et-lĂ  devant nos yeux, ces Ă©tincelles ne parvenant pas Ă  allumer concrĂštement la flamme de la poĂ©sie.

Si la bonhommie d’un Louis Garrel tout en candeur – incarnant avec une certaine justesse cet aviateur ayant la tĂȘte dans les nuages – aide Ă  rester Ă  minima investi par les pĂ©rĂ©grinations de son alter-ego, l’ennui pointe bien trop souvent le bout de son nez ce qui est dommage. Le potentiel Ă©tait lĂ  mais cette ode Ă  la bienveillance, Ă  l’hĂ©roĂŻsme, Ă©choue Ă  prendre de la hauteur, ne capitalisant pas sur son concept d’hommage sous forme d’allĂ©gorie.

Si l’on apprĂ©cie l’hommage Ă  l’hĂ©roisme d’Antoine de Saint-ExupĂ©ry, l’aventure proposĂ©e par Pablo AgĂŒero avec Saint-Ex peine pourtant Ă  convaincre la faute Ă  un script ne parvenant pas Ă  prendre assez d’altitude pour nous subjuguer.

© StudioCanal

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