Opérant en tant que scénariste depuis trois décennies, Michel Fessler s’attèle à une nouvelle expérience en passant derrière la caméra pour mettre en scène Bambi, l’histoire d’une vie dans les bois, soit l’adaptation du roman éponyme de Felix Salten, se centrant sur les aventures d’un jeune faon aux côtés de sa mère au cœur de la nature…
Si dans la mémoire collective, l’évocation de Bambi renvoie indubitablement au classique de Walt Disney Pictures, qui aura bercé des générations, l’histoire de notre jeune chevillard provient à l’origine d’un roman de Felix Salten, publié en 1923. Une œuvre se voyant à nouveau portée à l’écran, en prises de vues réelles, ce qui n’était pas arrivé depuis le milieu des années 80 et le diptyque russe Detstvo Bambi/Yunost Bambi, une bizarrerie réalisée par Natalya Bondarchuk où les animaux se muaient bien rapidement en humains.
Ce qui n’est pas le cas pour cette production française, qui se veut dans la continuité de son modèle littéraire, le réalisateur Michel Fessler se servant de son expérience dans le monde documentaire (il a notamment participé à l’écriture de L’Odyssée de l’espèce ou encore de La Marche de l’Empereur) adoptant ainsi une approche naturaliste pour revisiter ce récit initiatique, devenant ici une ode à la nature où la faune se révèle sous un meilleur jour que l’homme. Pour son premier long-métrage, le cinéaste prend le parti de la fable, posant sa caméra dans des décors sauvages pour mieux observer les déambulations de sa distribution en chair et en fourrure, le tout bercé par la voix sensuelle de Mylène Farmer. Narratrice de choix aidant à instiller cette atmosphère surannée donnant du cachet à cette relecture, rappelant aux petits comme aux grands l’importance de la fraternité et de l’union face à l’adversité.
Tourné dans le vaste parc d’Animal Contact, un écrin de verdure de près de cent-vingt hectares, Bambi, l’histoire d’une vie dans les bois se repose donc entièrement sur la performance de nos amies les bêtes, dirigées par la dresseuse professionnelle Muriel Bec et ses équipes. Se mettant au rythme de ses compagnons à quatre pattes, Michel Fessler prend le temps nécessaire pour dérouler sa trame, s’articulant sur les premiers pas de notre prince de la forêt, apprenant à faire face aux joies et aux peines que peut offrir la vie. Entouré de sa mère et de ses camarades de jeu tels le lapin (adorable Pan-Pan), le corbeau, le raton laveur ou bien entendu la prunelle de ses yeux la faonne Faline, notre protagoniste découvre le monde au gré de ses interactions avec les animaux, au gré de son appréhension de l’environnement alentour. Un bestiaire des plus mignons dont l’évolution devant la caméra de notre réalisateur, qui sait parfois user d’artifices pour créer des séquences – à l’image des échanges entre Bambi et son majestueux paternel – augmente la dimension naïve du texte de Felix Salten.
Mais à l’opposé, ce regard naturaliste limite la portée dramaturgique inhérente à l’œuvre de l’auteur autrichien, les bons sentiments primant sur l’émotion, sur la tragédie (la mort de vous-savez-qui, qui n’a pas le même impact que dans le film d’animation de David Dodd Hand). Quoiqu’il en soit, Bambi, l’histoire d’une vie dans les bois n’en reste pas moins une sympathique adaptation véhiculant de jolis messages quant à l’inclusion et au vivre-ensemble, ce qui plaira au cœur de cible du long-métrage, les enfants – qui auront sans nul doute envie de prolonger leur découverte de l’univers imaginé par Felix Salten, que ce soit en lisant son livre ou en (re)découvrant le dessin-animé de 1942.
Avec Bambi, l’histoire d’une vie dans les bois, Michel Fessler prend le pas de la fable naturaliste pour porter à l’écran le roman culte de Felix Salten, racontant en toute simplicité l’odyssée intime du prince de la forêt.
