Scénariste depuis plus de trente ans, Michel Fessler vient de franchir un nouveau cap dans sa carrière en s’attelant à son premier long-métrage, Bambi, l’histoire d’une vie dans les bois. Soit l’adaptation du roman éponyme de Felix Salten, portée par la douce voix de Mylène Farmer, s’articulant sur l’odyssée d’un jeune faon aux côtés de sa mère au cœur de la nature…
À l’occasion de la sortie en salles de cette première réalisation, SeriesDeFilms s’est entretenu avec le cinéaste, qui a gentiment accepté de répondre à nos questions.
SeriesDeFilms : Si vous aviez précédemment réalisé deux courts-métrages, Bambi, l’histoire d’une vie dans les bois marque votre premier long. Après une carrière de scénariste, passer derrière la caméra était une évolution naturelle pour vous ? Quels sont les éléments du roman de Felix Salten qui ont donné envie de l’adapter pour le grand écran ?
Michel Fessler : Oui, cette adaptation du roman de Bambi est une joie – et dans mon ADN – et j’ai accepté avec bonheur de passer derrière la caméra pour réaliser ce film. J’ai grandi jusqu’à l’âge de onze ans proche de la forêt équatoriale en Afrique noire (en Centrafrique), puis au Sénégal proche de la savane entouré d’animaux sauvages. Il était évident pour moi de réaliser ce film pour retrouver mes sensations d’enfant émerveillé par la beauté de la nature et la grâce animale qui m’entourait !
Pourquoi avoir choisi de tourner votre film en prises de vues réelles ? Était-ce pour vous un moyen pertinent d’approfondir votre analyse sur le règne animal, esquissé via vos participations en coulisses à l’odyssée de l’espèce ou encore La Marche de l’Empereur ?
Je voulais à travers l’histoire de Bambi redonner la place de l’animal dans cet émerveillement naturel de la forêt. Pour cela, il fallait que l’animal soit fait de poils et de plumes et réel pour le bonheur des petits et des grands. Dans ma filmographie, les animaux sont toujours présents et font partie de l’histoire que je raconte : Hanuman, L’Odyssée de l’Espèce, L’Enfant qui voulait être un Ours (en animation), La Marche de l’Empereur, Le Chêne et maintenant Bambi.
Bambi est pour moi une ode à la nature, de la poésie pure, une émotion naturelle. Un opéra de la nature, où le chant des oiseaux, le vent, la pluie, le souffle des animaux sont des instruments de musique.
En prenant le parti de filmer de véritables animaux en milieu naturel, la production de Bambi s’est indubitablement allongée, faons, lapins, corbeau ou encore ratons-laveurs se devant de vivre à leur rythme. Comment s’est déroulé votre travail de direction avec la faune composant votre casting et les équipes d’Animal Contact, responsable du dressage de celle-ci ? Comment avez-vous abordé le bien-être animal ?
J’ai eu la chance de pouvoir tourner Bambi dans un Parc où les animaux n’ont pas peur de l’homme parce qu’ils y sont nés, élevés, nourris et soignés par leurs animalières. Ce qui a été extraordinaire, c’est que la forêt dans laquelle nous avons tourné ce film était le terrain de jeu des animaux. Ils allaient et venaient avec une grâce naturelle, heureux de jouer, accompagnés et guidés par leurs animalières devant nos caméras. Si nous avons passé 16 semaines de tournage, c’est pour qu’il n’y ait aucune contrainte, de la bienveillance sur le tournage envers les animaux, de les laisser libres de leurs actions dans leur milieu naturel.

Propos recueillis par Romain Derveaux