Passée la déception due à l’annulation à la dernière minute de Batgirl, Adil El Arbi et Bilall Fallah n’ont pas tardé à se remettre en selle en renouant avec la franchise Bad Boys, qu’ils ont aidé à remettre en selle en 2020 – en prenant la suite de Michael Bay. Pour ce quatrième opus, sous-titré Ride or Die, ces derniers se sont à nouveau entourés du tandem phare Will Smith/Martin Lawrence, accompagnés de Vanessa Hudgens, Alexander Ludwig, Paola Nùñez, Eric Dane, Rhea Seehorn ou encore Ioan Gruffudd au casting. Au programme pour Mike Lowrey et Marcus Burnett, une quête pour laver le nom de leur défunt patron, mêlé à une affaire de corruption…
Si leur première expérience au sein de la saga avait mené à un opus plus sombre qu’à l’accoutumée, Adil El Arbi et Bilall Fallah se rapprochent davantage de la cacophonie propre à Michael Bay avec Bad Boys : Ride or Die, tentant de palier les manquements d’un scénario ne sachant pas sur quel pied danser avec leurs expérimentations visuelles, donnant ainsi lieu à un joyeux bordel en dents de scie. En gros, un grand huit mêlant loopings et vrilles hasardeuses, ce qui pour être honnête a souvent été le cas pour cette marque estampillée Jerry Bruckheimer, qui rempile à la production.
Le problème est que cette fois, l’anarchie ambiante a du mal à faire illusion quant à une intrigue fourre-tout, cumulant maladroitement diverses lignes directrices pour mieux les entrelacer dans le but de créer un sentiment de connexion avec les épisodes passés. Une décision qui aurait pu fonctionner si des efforts pour muscler les enjeux du film avaient été établis par l’équipe créative, ce qui n’est pas le cas. Les scénaristes ici à l’œuvre, en l’occurrence Chris Berner et Will Beall, nous sortent le coup de la taupe au sein de la police de Miami et la trame du complot en faisant ressurgir la figure du capitaine Howard, qui a tragiquement passé l’arme à gauche dans Bad Boys For Life. Devenant un élément clé de l’intrigue malgré son passage dans l’au-delà, le chef de Lowrey et Burnett permet de mettre notre duo central face à leur sens de la loyauté pour les leurs, qu’ils soient du bon ou du mauvais de la barrière, ce qui est en soit un idée pertinente pour la franchise – où la famille a une valeur importante.
Hélas, pour que cet angle soit convenablement abordé, il faudra patienter un – long – tour de chauffe, la volonté de revenir à une tonalité plus légère amenant à laisser de la place pour les pitreries de Martin Lawrence, qui en fait des caisses le temps que la machine se mette actuellement en marche, avec une histoire de crise existentielle suite à une attaque cardiaque survenue de nulle part. Un premier acte pour le moins brouillon et pénible, qui heureusement va progressivement repartir sur de bons rails en termes de spectacle, grâce à la bonne vieille ficelle de la cavale, mettant nos protagonistes dans une situation périlleuse avec des moments où la poudre parle efficacement. De quoi raccrocher les wagons avec le troisième volet et de se servir de la carte du rejeton illégitime pour ce cher Mike, permettant à Will Smith d’avoir du matériel question jeu – même si cela est d’un niveau moindre à Bad Boys For Life.
Néanmoins, si la qualité baisse d’un cran, à cause d’une écriture formulatique, Adil El Arbi et Bilall Fallah s’en donnent toujours à fond derrière la caméra, s’amusant à singer gentiment Michael Bay tout en proposant des séquences d’action bien pensées que ce soit en termes de tension et de cadre, à l’image de la session perte de contrôle à bord d’un hélicoptère rendus aux mains des ‘bad guys’ du long-métrage, de l’assaut final dans un parc aquatique à l’abandon où les trouvailles de mise en scène sont nombreuses entre vols de drones et caméras arrachées au plus près des acteurs – sans oublier le moment de gloire de ce pauvre Reggie, second-rôle depuis Bad Boys II ayant le droit à une belle reconnaissance. De quoi pimenter ce Bad Boys : Ride or Die qui, s’il n’est pas foncièrement mauvais commence à montrer de gros signes de faiblesses. Si Will Smith n’est pas trop vieux pour ces conneries, nous ne pouvons pas en dire autant pour Martin Lawrence, qui patine de temps à autres. À voir comment remanier la formule par la suite pour éviter la routine (les résultats au box office de ce quatrième épisode laissent présager d’une prochaine mission pour nos mauvais garçons).
Avec Bad Boys : Ride or Die, Adil El Arbi et Bilall Fallah tente de rester dans le feu de l’action, poursuivant leurs expérimentations visuelles pour donner du corps à un quatrième opus en dents de scie question intrigue, malgré le complémentarité du tandem Will Smith/Martin Lawrence.
