Cinq ans après son court intitulé Pollux, Michaël Dichter passe au format long avec Les Trois Fantastiques, qui comprend au casting Diego Murgia, Jean Devie, Benjamin Tellier, Emmanuelle Bercot ou encore Raphaël Quenard et se centre sur trois adolescents voyant leur amitié se détériorer le temps d’un été en pente douce…

Le passage à l’âge adulte, une étape clé de l’existence intriguant bon nombre de cinéastes, qui voient dans cette phase transitoire un terreau fertile pour aborder des thématiques variées telles que l’amitié, le sentiment amoureux ou encore le mal-être adolescent. Des piliers que l’on retrouve dans Les Trois Fantastiques, la première réalisation de Michaël Dichter, qui se veut une réflexion sur ces liens qui se renforcent ou se distendent selon les épreuves traversées par chacun, pouvant fragiliser l’équilibre d’un groupe voire d’une cellule familiale.

Pour symboliser cette étape fondatrice qu’est la perte de l’innocence, le cinéaste – qui officie également à l’écriture du film aux côtés de Mathias Gavarry – concentre son regard (et sa caméra) sur Max, Vivian et Tom, un trio inséparable se retrouvant entraîné sur une pente glissante à la suite de décisions douteuses. Dans une ville où les opportunités s’amoindrissent, le climat social n’étant pas au beau fixe avec entre autres la fermeture de la dernière usine locale, nos camarades tentent de se sortir de cette torpeur ambiante et à faire de leur été l’un des plus beaux de leur vie. Mais de l’espoir de meilleurs lendemains à l’angoisse de ce que le jour suivant réserve, il n’y a qu’un pas.

Débutant comme un teen-movie traditionnel, se reposant sur les tribulations d’adolescents arrivés à un carrefour de leur vie, le scénario obscurcit progressivement les horizons de ses personnages principaux, la chaleur propre à la saison estivale faisant office de chape de plomb, étouffant inéluctablement tout le monde. Une volonté d’amener de la dramaturgie se traduisant par l’arrivée en cours de route de Seb, le grand frère de Max synonyme d’élément perturbateur, dont la mauvaise influence se répercute sur son cadet. Ajoutez à ce drame familial, une affaire de harcèlement insidieuse et vous avez les éléments portant Les Trois Fantastiques vers le haut, la candeur des premiers instants passés en compagnie de nos compères laissant place à des moments de tension, la situation s’envenimant pour mieux fracturer le noyau formé par ces amis que l’on nous présente comme inséparable.

Si l’accumulation d’événements dramatiques lors de sa dernière ligne droite peut paraître forcée, fort heureusement la performance de nos têtes d’affiches juvéniles, que ce soit Jean Devie, Benjamin Tellier mais surtout Diego Murgia, aident à faire tenir le long-métrage sur ses appuis. Pour preuve, notre trio parvient à éclipser Emmanuelle Bercot et Raphaël Quenard, qui forment pourtant des seconds rôles convaincants. Sur ce point, Michaël Dichter s’en sort avec les honneurs en termes de directions d’acteurs, parvenant à mettre à l’aise sa jeune distribution pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, surtout lors des séquences tendues inhérentes à son script, en particulier dans son acte final. De quoi donner du corps à ce premier essai, des plus convaincants.

Avec Les Trois Fantastiques, Michaël Dichter livre un teen-movie synonyme d’été en pente douce, se reposant sur l’alchimie de son trio principal pour évoquer cette épreuve douloureuse qu’est le passage à l’âge adulte.

© Zinc Film

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