Après avoir fait ses armes dans le court-métrage durant une décennie, avec des ouvrages tels que Mayday et Crocs, qui ont attiré l’œil de divers producteurs, Sébastien Vaniček s’attèle à son premier long avec Vermines, qui comprend au casting Théo Christine, Sofia Lesaffre, Jérôme Niel, Lisa Nyarko ou encore Finnegan Oldfield et nous entraîne dans l’enceinte d’un immeuble en proie à une invasion de nuisibles pour le moins dangereux…
Ces derniers temps, le cinéma de genre made in France montre de quel bois il se chauffe, les productions se multipliant sur les écrans à un bon rythme (Acide, Le Règne Animal, Gueules Noires). Si la qualité n’est pas toujours au rendez-vous, l’effort de tenter des choses sortant de l’ordinaire est à saluer, car parfois public et critique s’y retrouvent. Ce qu’on peut d’ailleurs confirmer avec Vermines, un film d’horreur comme on aimerait en voir plus souvent, Sébastien Vaniček mettant tout en oeuvre pour que le spectateur sente un filet de sueur froide coulant le long de son dos et ce en nous immergeant dans un huis-clos cauchemardesque rondement mené – sachant utiliser les codes à sa disposition pour provoquer le malaise. Le tout en n’éludant pas le prisme social propre à l’ancrage de son récit, apportant un supplément d’âme à ce premier essai efficace.
Ayant pour but premier de faire frissonner son auditoire, le long-métrage ne lésine pas sur les moyens pour que la tension et l’angoisse montent progressivement en pression. Aux côtés de son coscénariste Florent Bernard, le cinéaste pose rapidement les bases de son intrigue en présentant en plein jour le danger inhérent à la menace qui s’abattra plus tard sur nos personnages. Soit une espèce venimeuse d’araignée, proliférant tranquillement derrière les murs pour mieux bondir au pire moment sur sa proie. L’Homme. De quoi instiller d’emblée une ambiance austère, qui ne cessera par la suite de se dégrader avec pertes et fracas. Se tisse dès lors la toile d’un cauchemar entre quatre murs, tandis que nos nuisibles à huit pattes vont se retrouver à semer le chaos dans l’enceinte d’un immeuble de banlieue.
Quand une passion mène à l’enfer, telle est la mésaventure vécue par Kaleb, un collectionneur de créatures exotiques se retrouvant en possession de cette fameuse arachnide hautement nocive et vorace – ce qu’il va apprendre à ses dépends avec ses amis, ses voisins. Laissant s’échapper par mégarde son nouvel animal de compagnie, notre jeune enclenche un piège inéluctable, dont il est difficile d’en mesurer la portée. Surtout quand notre bébête se révèle invasive, se reproduisant à vitesse grand V, pour le plus grand plaisir de notre équipe créative. Se servant à bon escient de chaque espace offert par cet environnement de béton, Sébastien Vaniček rivalise d’ingéniosité pour que l’horreur monte crescendo et ne baisse pas en intensité. Que ce soit dans des conduits, dans des couloirs, dans des baskets, le risque de tomber sur ces charmantes locataires – et de passer l’arme à gauche – est élevé. Et grâce à la mise en scène inspirée du cinéaste, ce climat d’insécurité aide à faire grimper le trouillomètre, surtout si l’on est arachnophobe. Sur ce point, saluons le travail du studio VFX Mac Guff, qui a su alterner avec brio effets pratiques et numériques pour donner vie à cet épouvantable bestiaire.
Les araignées pullulent, les portes de sorties s’amenuisent, les morts s’enchaînent dans la terreur et les cris (la distribution, menée par un Théo Christine convaincant, s’en donne à coeur joie), jusqu’à un dernier acte généreux, qui n’hésite pas à embrasser sa dimension sociale -avec la mise en place d’un véritable état de siège. Ce qui donne du relief à cette situation inéxtricable et de la pertinence au titre du film, Vermines, qui se voulait évidemment à double-sens.
Avec Vermines, Sébastien Vaniček tisse avec précision sa toile vers le genre horrifique, nous livrant un huis-clos cauchemardesque sachant tirer profit de sa mise en scène pour faire flipper le public (en premier lieu les arachnophobes). Un premier essai prometteur.



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