Quatre ans après Marche avec les Loups, Jean-Michel Bertrand effectue son retour derrière la caméra avec Vivre avec les Loups, troisième et ultime volet de sa trilogie consacrée à ce roi de la forêt, s’articulant sur la cohabitation de l’espèce avec l’homme.
Fervent défenseur de la cause animale et environnementale, Jean-Michel Bertrand a repris le chemin des Alpes pour parachever sa réflexion sur la résurgence du loup dans le paysage hexagonal en documentant cette fois son rapport avec l’humain, pour le moin conflictuel par les temps qui courent. Le tout avec nuances, le but du cinéaste étant d’ouvrir au débat sans chercher la controverse, l’essentiel étant de privilégier la discussion dans un climat apaisé.
Comme ce dernier le rappelle à raison, il y aura prochainement des loups un peu partout sur le territoire. D’où la nécessité d’apprendre à coexister. Ce qui n’est pas une mince affaire, la question s’avérant clivante dans la société, amenant à des réactions plus ou moins véhémentes selon son positionnement, à l’image de celles recueillies lors de la tournée promotionnelle de Marche avec les Loups, qui ont amené à la production de ce troisième long-métrage.
Dépassant les postures polémiques, Jean-Michel Bertrand ouvre ainsi au débat en allant à la rencontre d’éleveurs côté français et côté italien, afin d’évoquer cette problématique et de prendre en compte tous les points de vue inhérents à ce vivre-ensemble. Entre les inquiétudes des uns concernant la prédation et les espoirs des autres quant à de meilleurs lendemains, en communion avec cette faune sauvage, les discussions vont bon train et prouvent que des avancées sont possibles car les mentalités ne sont pas figées.
Au gré de ces rencontres en toute simplicité et sincérité, le réalisateur nourrit intelligemment un dialogue crucial sur la protection de la biodiversité, dépassant les frontières du traditionnel « pour ou contre ». On philisophe, on s’interroge mais l’on s’émerveille également de la beauté de ce spectacle offert par mère nature, Vivre avec les Loups se voulant également un voyage contemplatif où les animaux déambulent tranquillement au sein de leur habitat naturel, où la montagne et les forêts évoluent selon la météo. Ce qui nous rappelle que cet écosystème mérite que l’on consacre de l’énergie et des moyens pour le préserver, son équilibre restant précaire.
