[Critique réalisée en partenariat avec Cinétrafic dans le cadre de l’opération DVDtrafic. Un grand merci au site ainsi qu’à l’éditeur The Jokers Entertainment pour cette collaboration (à retrouver sur Facebook/Twitter). La fiche Cinetrafic dEgō, à consulter à cette adresse : https://www.cinetrafic.fr/film/64620/ego]

Après avoir fait sensation à la dernière édition du Festival international du film fantastique de Gérardmer, d’où il est reparti avec le Grand Prix et le Prix du Jury Jeunes, le premier long-métrage de la réalisatrice finlandaise Hanna Bergholm – intitulé Egō – se dévoile finalement au grand public, débarquant ce 27 avril en Blu-Ray, DVD et VOD. L’occasion de découvrir dans son salon ce thriller horrifique comprenant au casting Siiri Solalinna, Sophia Heikkilä, Jani Volanen, Reino Nordin ou encore Oiva Ollila et se centrant sur la découverte d’un œuf bien étrange par une jeune fille mal dans sa peau…

Pour son arrivée dans le monde du septième art, Hanna Bergholm flirte avec le fantastique, nous livrant avec Egō un drame familial où l’horreur couve pour mieux éclore dans la peine et la souffrance, donnant lieu à une œuvre pour le moins malaisante destinée à exprimer le mal-être propre à l’adolescence.

Riche en symbolisme, ce premier film joue de son atmosphère anxiogène pour appuyer son propos quant à la pression que peuvent exercer les parents sur leurs enfants, une situation pouvant amener à des dérives psychologiques. Ce que démontre l’intrigue tissée par la scénariste Ilja Rautsi, qui évoque des problématiques terre à terre via le prisme du surnaturel, afin de mieux marquer les esprits. En résulte un récit de passage à l’âge adulte glacial et âpre qui craquelle petit à petit sa carapace pour nous amener sur un terrain glissant, où l’effroi n’est jamais loin. De cette ambivalence entre l’illusion d’une vie rêvée et la noirceur de la réalité, se dessine un parcours chaotique, redéfinissant les relations parents/enfants – donnant ainsi son cachet à ce thriller venu du froid (de Finlande plus précisément).

Les apparences sont parfois trompeuses, un adage que ne connaît que trop bien la jeune Tinja qui vit sous le joug d’une mère autoritaire passant son temps à mettre la pression à son entourage, et plus précisément sa fille Tinja, qu’elle entraîne sans relâche à devenir une gymnaste de haut niveau. Une froideur inaperceptible pour le public, cette dernière se cachant derrière une existence idyllique de façade en tenant à jour un blog où son image est des plus soignées. Mais ce vernis, aussi bien appliqué soit-il, tend à se craqueler tandis que la prunelle de ses yeux trouve un œuf, appartenant à un corbeau s’étant malencontreusement écrasé contre la fenêtre de la maison familiale, et le conserve. Le point de départ d’une lente escalade vers l’horreur, puisque sous cette coquille sommeille une créature hors du commun qui, une fois éclose, va tisser un lien pour le moins alambiqué avec celle qui s’est chargée de la couver.

Se tisse alors une relation de codépendance entre notre protagoniste et cet oiseau de mauvais augure, par lequel transparaîssent les émotions refoulées de sa mère de substitution, pour le meilleur et surtout pour le pire. Les états d’âmes de Tinja, devant sans cesse se plier aux exigences d’une génitrice obstinée à la modeler à son image, deviennent alors le moteur d’une perte de contrôle synonyme de rage. En mal d’amour et d’affection, la pauvre enfant se laisse emporter par ce flot d’émotions propre à ce stade de l’évolution qu’est l’adolescence, ne sachant plus comment réagir face aux épreuves se dressant sur son chemin. Colère, jalousie, tristesse, des sentiments contradictoires qui alimentent les excès de ce monstre qu’elle élève dans le plus grand secret – reflet de ses ressentiments personnels. Une analogie qui fait la force d’Egō, servant à donner du corps aux éléments horrifiques émaillant le long-métrage, qui surgissent avec parcimonie afin de mieux saisir le spectateur.

La caméra de Hanna Bergholm, dont la mise en scène accentue ce côté trompe-l’œil – avec une photographie lumineuse (d’autant plus en Blu-ray, où les contrastes sont renforcés, avec une image éclatante qui se laisse progressivement assombrir à chaque ‘coup de sang’) en guise de façade – aide à créer une atmosphère pour le moins dérangeante où derrière la bonhommie et la vacuité se cache une sombre réalité. Mieux encore, la direction d’acteurs de la réalisatrice, qui a su guider comme il se doit la jeune Siiri Solalinna, l’atout principal du film, lui permettant de composer avec un personnage ambigu et de montrer l’étendue de sa palette de jeu, l’actrice s’en sortant très bien avec une double prestation solide, parvenant à osciller entre innocence et gravité.

© The Jokers Distribution

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