Trois ans après Skyscraper, Rawson Marshall Thurber débarque sur Netflix avec son nouveau long-métrage, intitulé Red Notice, une superproduction réunissant le trio Dwayne Johnson, Ryan Reynolds, Gal Gadot au casting et nous faisant suivre John Hartley, un profiler du FBI sillonnant le globe à la recherche des criminels les plus recherchés – ceux figurant sur la ‘notice rouge’ d’Interpol…

Poursuivant son aventure dans le domaine du blockbuster, qui va de paire avec sa collaboration avec Dwayne Johnson, Rawson Marshall Thurber s’attèle au film de casse pour Netflix, qui a sorti le chéquier pour que le grand spectacle soit au rendez-vous. S’entourant de Ryan Reynolds et Gal Gadot en plus de The Rock, le réalisateur avait donc un sujet non dénué de potentiel, un casting bankable et un budget conséquent de plus de 200M$ pour mener à bien son projet. Avec toutes ces cartes en main, le divertissement et le dépaysement propre à ce genre de production ont-ils été au rendez-vous ? Pas vraiment.

Rien de neuf sous le soleil avec Red Notice, qui est une pause récréative à gros budget se contentant de jouer une partition que l’on ne connaît que trop bien, se reposant sur son casting pour espérer donner le change d’un scénario qui s’apparente à un patchwork, piochant à droite et à gauche des éléments ayant déjà fait leur preuve ailleurs. Une démarche qui est monnaie courant dans l’industrie et peut déboucher sur un excellent résultat lorsque l’on s’en donne les moyens. Ici, Rawson Marshall Thurber, qui officie également à l’écriture, nous embarque dans une histoire d’arnaque à grande échelle se devant de nous faire voyager aux quatre coins de la planète, un grand classique. Au programme, un MacGuffin de grande valeur – en l’occurrence les Œufs de Cléopâtre – attirant la convoitise de deux des plus grands voleurs d’arts, qui rivalisent d’ingéniosité pour arriver à leurs fins. Le tout en ayant aux basques un agent du FBI déterminé à les mettre derrière les verrous.

Une recette permettant de s’articuler sur les tribulations d’un trio que tout oppose, réunis sur l’autel du grand banditisme, avec son lot de retournements de situations – pour mieux maintenir le rythme sur la durée. C’est ainsi que nous prenons part à la mission de John Hartley, un profiler chevronné passant le plus clair de son temps à parcourir le monde pour traquer les criminels les plus recherchés, principalement ceux de la fameuse ‘notice rouge’ fomentée par Interpol. Lancé à la poursuite de Nolan Booth, un arnaqueur de haut vol, notre homme va se retrouver au cœur d’une machination entre notre hors-la-loi et un rival de taille, surnommé Le Fou. Un ennemi, ou plutôt une ennemie, qui prend un malin plaisir à mettre des bâtons dans les roues de ces adversaires, qu’ils soient du bon et du mauvais côté de la ligne jaune, de quoi les amener à coopérer à contrecœur. En ligne de mire de ce jeu d’escrocs, la quête de ces œufs d’or au prix inestimables, moteur de l’intrigue amenant notre trio à prendre un chemin parallèle malgré leur antagonisme.

C’est ainsi que se met en place un buddy movie prenant divers chemins de traverses, lorgnant de temps à autres vers Ocean’s Eleven mais également Indiana Jones, pour une virée à couteux tirés où manipulations et coups tordus sont légions, dans la joie et la bonne humeur – Rawson Marshall Thurber n’oubliant pas son passage dans la comédie. Donnant donc la part belle aux joutes verbales et affrontements entre ces différents partis, principal argument de vente de Red Notice, le scénario s’apparente à une Rolls ne faisant que ronronner son moteur, s’empêchant d’enclencher la première pour prendre l’autoroute du délire. Car s’orienter vers la parodie aurait pu paraître plus judicieux au vu de l’empilade de clichés et d’attendus émaillant la partition du réalisateur. Preuve de ce manque d’initiative et d’ambition, le peu de matériel proposé au tandem Dwayne Johnson/Ryan Reynolds, les acteurs en étant réduits à faire leur numéro habituel – venant renforcer ce sentiment de tiédeur, chacun jouant sur du velours sans apporter une quelconque nuance. Etonnamment, Gal Gadot s’en sort bien mieux que ses comparses masculins, son plaisir à jouer les éléments perturbateurs étant non feint à l’écran. Notre Wonder Woman s’éclate à mener la vie dur à ses camarades et cela réhausse le niveau question interprétation – ce qui est déjà ça de pris.

Si la mécanique – trop – bien huilée de ce blockbuster l’empêche de vraiment se démarquer dans le paysage cinématographique actuel, on ne peut pas dire que le résultat soit clairement mauvais, le divertissement pointant parfois son museau. Là où le bas blesse, c’est au niveau de la réalisation. Se voulant classe, la mise en scène de Rawson Marshall Thurber fait quelque peu cheap, ce que l’on doit à une gestion douteuse de son budget. Vu la masse de billets mis sur la table, comment peut-on avoir des effets spéciaux et numériques aussi peu soignés ? Une problématique qui touche de nombreuses productions depuis un petit moment déjà mais qui semble devenir la norme et cela est bien dommage car difficile de croire en ce qui se passe à l’écran quand les inserts et GCI semblent bâclés. Red Notice n’échappe pas à cette mode et l’expédition de notre trio infernal n’est pas un ravissement pour le yeux, les scènes tournées en studio se voyant à des kilomètres – peu d’efforts étant faits pour créer l’illusion.

Si la catastrophe n’est pas au rendez-vous – comme on aurait pu le craindre – Red Notice ne sort pas du lot en se contentant de surfer sur les attendus du genre sans chercher à tirer son épingle du jeu. Se reposant sur ses acquis, ce ‘film de casse’ ne casse pas la baraque comme on dit, la faute à un scénario peu inspiré, n’aidant pas notre trio principal à faire des merveilles. Si l’on peut sourire de temps à autres des pitreries de sa distribution, il faudra tout de même rehausser le niveau pour la suite des aventures de nos arnaqueurs du dimanche – Netflix n’étant pas prête de lâcher sa poule aux œufs d’or si l’on se base sur ses excellents résultats sur la plateforme. Affaire à suivre donc.

© Netflix

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