[Critique réalisée en partenariat avec Cinétrafic dans le cadre de l’opération DVDtrafic (un grand merci au site ainsi qu’à l’éditeur Universal Pictures France pour cette collaboration). La fiche Cinetrafic de L’Un Des Nôtres, à consulter à cette adresse : https://www.cinetrafic.fr/film/61190/l-un-des-notres]

Une décennie après Bienvenue à Monte-Carlo, le réalisateur Thomas Bezucha fait son retour derrière la caméra avec L’Un Des Nôtres, l’adaptation du roman Let Him Go écrit par Larry Watson comprenant au casting Kevin Costner, Diane Lane, Lesley Manville, Jeffrey Donovan, Kayli Carter, Booboo Stewart ou encore Will Britain. Passé plutôt inaperçu en salles, le long-métrage, disponible en DVD et VOD depuis le 29 Septembre, se centre sur le combat d’un couple du Montana pour retrouver leur petit-fils suite au départ précipité de leur ancienne belle-fille…

Avec L’Un Des Nôtres, Thomas Bezucha délivre un néo-western intimiste au parfum de thriller, nous conviant à une âpre virée au cœur de l’Amérique profonde, où la mort plane tel un oiseau de mauvais augure sur le destin d’une famille brisée. Le tout pour une œuvre mélancolique gagnant progressivement en intensité, devant sa qualité première à l’interprétation magnétique de son casting principal.

Retranscrivant plutôt fidèlement l’œuvre de Larry Watson à l’écran – le principal changement résidant dans son ancrage temporel – le long-métrage repose sur les thématiques du deuil et de la perte d’un proche, l’impossibilité de se remettre d’un tel événement traumatique amenant à prendre des décisions radicales. Une désillusion qui prend corps dans la quête désespérée d’un couple pour renouer le contact avec la prunelle de leurs yeux, leur petit-fils, point de départ d’un voyage crépusculaire qui allie émotion et brutalité. D’abord dubitatif quant au découpage du scénario opéré par le réalisateur, cumulant les ellipses pour nous exposer le drame fracturant à jamais l’équilibre des Blackledge, celui-ci se laisse tranquillement dérouler pour mieux nous désarmer par la suite et nous amener vers un chemin sinueux qui lui sied bien.

Ainsi, après avoir perdu leur garçon lors d’un accident de cheval, George – un shérif à la retraite – et sa femme Margaret se raccrochent à leur petit-fils, Jimmy, ultime lien avec leur enfant tragiquement disparu. Lorsque leur ancienne bru se remarie, le couple ne pensait pas avoir à faire face à une nouvelle perte. Ce qui va pourtant arriver. Du jour au lendemain, leur belle-fille et son époux, au comportement suspect, plient bagages sans demander leur reste, au grand dam de Margaret. Incapable de se résoudre à couper les ponts avec sa descendance, notre grand-mère inquiète pour la sécurité des siens prend la décision de prendre la route à la recherche de son précieux Jimmy, accompagnée par George. Se dessine alors un road-trip vers les paysages sauvages du Dakota du Nord, plus mouvementé que l’on aurait pu le croire, les retrouvailles tant espérées donnant lieu à un conflit dont les ressorts se complexifient.

Dans les Rocheuses, souffle alors le vent de la colère, tandis que notre couple s’engage vers une voie à priori sans issue, avec en ligne de mire un face à face tendu avec la nouvelle famille de leur bru, les Weboy, fratrie malaisante et malfaisante qui change la donne du film. Bifurquant du western moderne au néo-noir, L’Un Des Nôtres parvient à muscler son jeu, instillant une intensité mortifère qui lui donne assurément du cachet, le drame prenant le dessus avec flamboyance. Au milieu de ce brasier fait de violence et de sang, brillent sa distribution, à commencer par Diane Lane, parfaite en femme déterminée, formant un tandem impeccable avec Kevin Costner, qui en impose avec son charisme, ayant besoin de peu pour convaincre dans la peau de cet ancien flic prêt à tout pour sa femme et ses proches. Dans le camp adverse, celui des Weboy, soulignons la prestation électrique de Lesley Manville et Jeffrey Donovan, qui campent des figures ambiguës avec une certaine aisance, de quoi agrémenter l’atmosphère pour le moins glauque propre à la seconde partie du métrage.

Tel un moteur diesel, L’Un Des Nôtres prend son temps avant de monter en puissance et de révéler son véritable potentiel. Avec cette adaptation du roman de Larry Watson, Thomas Bezucha nous livre un film faisant souffler le chaud et le froid sur plusieurs genres, du western au thriller, pour un voyage poussiéreux en plein cœur d’une Amérique désabusée et brutale, qui vaut le coup d’œil pour l’interprétation émotionnellement juste du tandem Kevin Costner/Diane Lane.

© Universal Pictures

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