Après avoir refermer sa parenthèse super-héroïque en livrant sa director’s cut de Justice League, Zack Snyder revient à ses premières amours et s’approprie à nouveau le genre zombiesque. En effet, dix-sept ans après s’être se fait connaître du grand public avec L’Armée Des Morts (Dawn Of The Dead en VO), remake de Zombie de George A. Romero, le réalisateur se replonge dans le monde de l’horreur avec Army Of The Dead, qui comprend au casting  Dave Bautista, Ella Purnell, Ana De La Reguera, Theo Rossi, Huma Qureshi, Omari Hardwick, Tig Notaro, Hiroyuki Sanada, Garret Dillahunt, Matthias Schweighöfer, Raúl Castillo, Nora Arnezeder ou encore Samantha Win et nous fait suivre un casse dans un Las Vegas gangréné par par une horde de morts-vivants…

Avec Army Of The Dead, Zack Snyder signe un retour aux sources en demi-teinte, ne parvenant à réitérer l’exploit de L’Armée Des Morts (Dawn Of The Dead en VO) – qui lui avait permis de se faire remarquer du grand public – en ne sachant pas sur quel pied danser et en étirant plus que de raison une intrigue convenue. Ainsi, le réalisateur nous livre un film de zombies calibré pour passer un moment de détente lors d’une soirée entre amis, rien de plus rien de moins.

Alors qu’il aurait pu marquer de son empreinte le genre zombiesque, le long-métrage échoue à remplir son cahier des charges malgré de bonnes idées, la faute à un scénario brouillon qui hésite constamment entre premier et second degré. Un problème de ton qui va l’empêcher de réellement décoller, volant ainsi constamment en rase-motte. Pourtant, on ne peut pas dire qu’il n’y avait pas un semblant d’ambition de la part de Snyder, preuve en est, ce dernier nous plonge avec force dans son univers à travers une scène introductive réussie, présentant de manière efficace le drame qui se joue ainsi nos personnages principaux, pris dans le feu de l’action.

De ce chaos inaugural, où Las Vegas devient une enclave coupée du monde suite à une épidémie fulgurante, Army Of The Dead fait retomber le soufflé pour mieux expliciter les tenants et aboutissants de la mission qui va accaparer l’attention de nos protagonistes et de nous, spectateurs. Malgré la quarantaine instaurée et les moyens mis en place pour empêcher toute entrée dans la ville du pêché, un ancien patron de casino veut constituer un groupe de mercenaires pour un pari très risqué : Récupérer un pactole de deux-cents millions de dollars, resté à l’abri dans le coffre fort de son établissement. Acceptant cette proposition dangereusement alléchante, un ex-militaire campé par Dave Bautista – traumatisé par son expérience personnelle dans la vallée de la mort – qui renouer contact avec ses compagnons d’infortune et trouver des volontaires pour venir renforcer les rangs et former une équipe prête à en découdre pour un casse et un dézingage de zombies en règle.

Passé une heure à tisser des liens avec notre bande de braqueurs amateurs, dont la majorité des membres sont malheureusement des clichés sur pattes, Zack Snyder et ses co-scénaristes Joby Harold et Shay Hatten nous propulsent finalement en territoire ennemi afin que les choses sérieuses commencent. Hélas, cette mission d’infiltration sur le Strip de Vegas ne tient pas ses promesses malgré des tentatives évidentes de vouloir surprendre le public de la part de l’équipe créative. Malgré un temps imparti – le gouvernement voulant rayer la ville de la carte – et un royaume des morts-vivants à explorer, difficile de croire en ce qui se passe à l’écran, la tension ayant du mal à se faire ressentir. Là encore, les tâtonnements du réalisateur ne jouent pas en sa faveur avec une emphase trop sérieuse entrecoupé de traits d’humour tombant à plat vu le contexte. Le délire aurait dû prévaloir, peut-être que cela aurait aidé à rehausser le niveau.

Si le dernier acte rattrape un peu le tout avec une violence plus accrue et une atmosphère fataliste venant maintenir notre intérêt, le chemin fût long pour que Army Of The Dead lâche la bride et se décomplexe. Contrairement à son titre, les zombies ne sont pas légions – à l’exception de la scène d’introduction – ceux-ci restant bien trop longtemps dans l’ombre de nos anti-héros. Entre une race alpha préférant marchander que de s’attaquer à tout ce qui bouge (et s’adonner à la procréation, de quoi permettre une scène malaisante) et des morts-vivants en sommeil, on ne peut pas dire que le braquage prévu fût si compliqué, avec si peu d’obstacles à la clé. Snyder préfère lancer des pistes capillotractées pour l’expansion de son univers (un préquel et une série animée ont déjà été commandé par Netflix) et oublie de développer comme il se doit la majorité de ses personnages, qui ne sont au final que de la chair à canon destinés à disparaître à un moment donné, sans que cela ne nous touche réellement – à l’exception de Dave Bautista, l’un ses seuls qui aura su se démarquer.

Même au niveau de la mise en scène, Zack Snyder nous avait habitué à mieux. Son style grandiloquant aurait pu fonctionner ici tant l’exercice s’y prêter mais notre homme s’est endormi en cours de route, donnant de la hauteur à sa mise en scène en ouverture et en conclusion de son film. Le reste du temps, ce dernier s’amuse avec la mise au point de sa caméra, mettant littéralement nos acteurs dans le flou. Si l’on comprend bien l’intention derrière cette démarche artistique, les personnages naviguant dans un monde trouble, sans une once de lisibilité quant à ce qu’il va leur advenir, cela devient vite redondant et fatiguant. Notons tout de même que quand l’action est au rendez-vous, nous y voyons plus clair et nous retrouvons la patte du réalisateur, ralenti à l’appui, une maigre consolation.

© Netflix

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