[Critique] 30 Jours Max, l’agent tous risques

Trois ans après Epouse-Moi Mon Pote, Tarek Boudali est de retour à la réalisation avec 30 Jours Max, comédie dans laquelle l’acteur s’entoure de Philippe Lacheau, Vanessa Guide, Julien Arruti, Marie-Anne Chazel, José Garcia, Nicolas Marié et Reem Kherici, pour nous faire suivre les mésaventures Rayane, un jeune flic trouillard et maladroit…

Pour son second passage derrière la caméra, Tarek Boudali nous convie à une comédie policière qui peine à convaincre, plombée par un humour tombant la plupart du temps à plat.

Le scénario de 30 Jours Max, co-écrit par Boudali et son comparse Pierre Dudan tente de marier action et comédie pour ce qui s’annonçait comme un film détonnant rendant hommage à certaines productions du genre – Die Hard étant la plus évidente – tout en y ajoutant un côté potache, marque de fabrique propre à La Bande à Fifi et présente depuis leur début à l’écran. Ce type d’humour – bas du front – est à l’appréciation de chacun, les vannes proposées par notre joyeuse troupe parlant à certains et laissant de marbre d’autres. Ce qui a fait par le passé le charme des réalisations du collectif était leur appropriation d’un style anglo-saxon, situé entre les parodies des ZAZ et les œuvres de Judd Apatow, instaurant un léger vent de fraîcheur dans le paysage hexagonal. Si de Babysitting à Nicky Larson, nos comiques n’ont pas été toujours à la hauteur de leurs ambitions, ici nous sommes face à leur plus faible opus.

Si l’idée de vouloir jouer avec les codes des actioner à gros budgets était louable et pouvait donner lieu à une bonne surprise, Tarek Boudali fonce malheureusement tête-baissé vers la facilité et de ce fait, nous avons du mal à nous laisser embarquer par les mésaventures de Rayane, cet agent de police se rapprochant d’un Coluche dans l’Inspecteur La Bavure plutôt que d’un John McClane. Timide, maladroit et se laissant marcher sur les pieds, notre gardien de la paix va changer drastiquement son quotidien lorsqu’il apprend qu’il n’a plus qu’ trente jours à vivre. Voulant passer de zéro à héros et rattraper ses erreurs, notre protagoniste va essayer tant bien que mal de coincer un caïd de la drogue avec l’aide de sa coéquipière et de deux flics peu enclins à l’avoir dans leurs pattes. S’ensuit une enquête menée tambour battant, entrecoupée de péripéties en tout genre, reposant avant tout sur un humour bas de gamme.

En effet, 30 Jours Max ne parvient pas à capitaliser sur son postulat de départ, le genre policier étant sacrifié sur l’autel de la comédie pour ce qui devient rapidement un délire sans âme. Les tribulations de notre équipe de choc provoquent rarement les rires, tout au plus un sourire, la faute à une relative faiblesse dans l’écriture des blagues, tournant souvent autour du slapstick et de l’humour gras. On le concède, voir Philippe Lacheau en mode souffre-douleur est amusant un instant, mais surligner ce trait d’un bout à l’autre du long-métrage devient vite ronflant et gonflant. De même, la sous-intrigue inutile concernant Reem Kherici et Marie-Anne Chazel semble sortir tout droit d’une autre comédie, ne faisant que renforcer le manque de créativité de La Bande à Fifi sur ce coup-là.

Si les présences de José Garcia et de Nicolas Marié relèvent quelque peu le niveau, dommage de voir que la volonté première de 30 Jours Max, à savoir de proposer une comédie policière, soit si vite oubliée au profit d’une compilation d’effets comiques peu inspirés et déjà-vus alors qu’il y avait de la matière à créer un bon compromis entre les deux genres. D’ailleurs, devant et derrière la caméra Tarek Boudali essaye d’insuffler un minimum d’énergie à l’ensemble que ce soit dans sa performance, avec cascades à la clé, ou dans sa mise en scène mais au final, cela ne suffit pas pour nous faire adhérer à ce délire.

Avec 30 Jours Max, Tarek Boudali s’amuse à jouer les agents casse-cou en s’aventurant dans le genre policier sauf que la pantalonnade qu’il a confectionné peine à convaincre, s’enfonçant du côté obscur de la farce. Malgré ses tentatives pour provoquer l’hilarité, l’humoriste loupe le coche et s’empêtre dans une suite de blagues peu convaincantes. Même l’action promise n’est pas au rendez-vous, éclipsée par ce besoin incessant de virer dans le potache quitte à tourner à vide. Dommage.

© David Koskas / Axel Films Production

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