[Critique] Evil Eye, l’ombre du passé

La deuxième salve de l’anthologie Welcome To The Blumhouse vient d’arriver sur Amazon Prime Video avec Nocturne et Evil Eye, qui nous accapare ici. Adaptation du roman audio éponyme de Madhuri Shekar, ce premier long-métrage des frères Elan et Rajeev Dassani réunissant au casting Sarita Choudhury, Sunita Mani, Bernard White et Omar Maskati, se centre sur les inquiétudes d’une mère vis-à-vis du petit ami de sa fille…

Avec Evil Eye, Elan et Rajeev Dassani essayent de nous embarquer dans un thriller flirtant avec le surnaturel mais n’y parviennent pas en oubliant la matière première nécessaire au genre, à savoir le suspense.

En effet, si le scénario des deux frères sait se montrer juste dans le traitement de la cellule familiale et de la culture indienne, où traditions et superstitions font offices d’éléments fondamentaux dans la construction d’une vie, on ne peut que déplorer que ce ne soit pas le cas concernant le mystère planant autour de nos personnages. Ce qui est censé nous tenir en haleine d’un bout à l’autre du long-métrage sont les interrogations d’une mère, Usha, concernant les motivations du petit-ami de sa fille, Pallavi. Elle qui espérait tant que la prunelle de ses yeux trouve l’être aimé et fonde une famille devient tout d’un coup suspicieuse. D’où lui vient cette soudaine aversion pour Sandeep, qui à l’air d’un homme bien sous tout rapport ?

Une question qui met malheureusement du temps à être posée, la faute à une lente mise en place de cette intrigue. Si la relation mère/fille dépeinte dans Evil Eye nous aide à rester devant notre écran jusqu’à la fin, leurs différences de sensibilité faisant le sel du long-métrage, difficile d’être captivé par les enjeux fantastiques établis qui manquent cruellement de subtilité et de tension. À l’exception du traitement des traumatismes d’Usha, un point fort qui doit beaucoup à l’interprétation solide de Sarita Choudhury, qui crédibilise son personnage avec une partition sur le fil du rasoir, cette sombre histoire de fantôme du passé ne tient pas ses promesses. Les zones d’ombre entourant le rôle précis de Sandeep, ce gendre idéal, de même que ses motivations sont cousues de fil blanc. Une prévisibilité dans l’écriture qui pénalise l’avancée de cette intrigue malgré la bonne idée d’y intégrer un parfum d’ésotérisme.

Au final, nous ne faisons qu’attendre une soi-disant révélation qui n’en est pas une, mais qui permet de pimenter un minimum le dernier acte du film avec une confrontation expéditive, nous réveillant d’un ennui poli. Ce manque flagrant de rythme se ressent également dans la réalisation d’Elan et Rajeev Dassani, qui se contentent de suivre la plupart du temps leurs actrices et acteurs, avec peu d’idées de mise en scène pour nous aider à nous investir dans cette histoire. Seules les quelques séquences de flash-back émaillant le film et une scène en split-screen sont à revenir visuellement parlant, ce qui est bien maigre.

Malgré certaines bonnes idées, principalement concernant les notions de famille et de culture, Evil Eye se révèle être un essai en demi-teinte dans le monde du thriller pour Elan et Rakeev Dassani, les deux frères ne parvenant pas à capitaliser sur l’aspect fantastique de leur scénario et échouant à créé une quelconque tension quant à leur mystère ésotérique, qui tombe rapidement à plat. Un nouvel opus faiblard pour le Welcome To The Blumhouse.

Amazon Studios

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