[Critique] Birds Of Prey, l’union fait la force

Trois ans après son introduction remarquée dans Suicide Squad, le personnage de Harley Quinn, interprété par Margot Robbie, vole de ses propres ailes avec un spin-off, Birds Of Prey, nous introduisant le groupe d’héroïnes éponyme connu des amateurs de comics et comprenant au casting Mary Elizabeth Winstead, Rosie Perez, Jurnee Smollett-Bell, Ella Jay Basco, Chris Messina et Ewan McGregor. Direction donc Gotham City pour assister à la formation explosive de cette bande de justicières, dysfonctionnelle mais redoutable…

Avec Birds Of Prey (Et La Fantabuleuse Histoire De Harley Quinn), Cathy Yan propose un long-métrage complètement barré, qui par littéralement dans tous les sens pour un résultat déroutant.

Si le titre met en avant notre groupe d’héroïnes issues de l’écurie DC Comics, dans le scénario, c’est Harley Quinn qui est réellement sous le feu des projecteurs, étant la pierre angulaire du long-métrage. Le long-métrage est d’ailleurs taillé sur-mesure pour le personnage, qui occupe le devant de la scène et en profite même pour officier à la narration de cette intrigue, servant d’écrin à sa rédemption et à son émancipation.

Dans un style fantasque, à l’image de Harley, nous voici ainsi embarqué dans un délire complètement loufoque, un parti-pris assumé par la scénariste Christina Hodson et renforcé par la réalisation pop de Cathy Yan sauf que ce trip sous acides n’a pas l’effet escompté et nous devons faire face à quelques descentes, qui sont dû à la cacophonie ambiante. Si l’intrigue globale tient la route, le divertissement étant bel et bien de mise, celle-ci se perd quelque peu dans ce gloubi-boulga se centrant à la fois sur une chasse à la Harley Quinn doublée de la recherche d’un précieux diamant, triplée par une quête vengeresse.
La narration adoptée, au fil décousu car racontée du point de vue de l’ancienne comparse du Joker, tente au départ tant bien que mal de faire exister ce joyeux bordel et ce choix se révèle judicieux dans le fait que la faiblesse de certains points passent mieux via ce procédé à l’image de l’introduction de nos justicières en devenir et de notre duo de criminels. Une fois que tout ce beau monde interagit ensemble, le scénario prend corps et la fête peut réellement commencer, tous les coups étant permis.

Le point le plus réussi de Birds Of Prey est bien évidemment le développement de son personnage principal. La psyché d’Harley Quinn est sondée et à travers cette histoire abracadabrantesque, cette dernière en ressort grandie puisque derrière son masque enfantin se cache une femme blessée, à la recherche d’un autre but que celui d’être la compagne de Monsieur J. Si l’on excepte l’angle humoristique, tombant parfois à plat, cette émancipation est globalement bien traitée et sert le propos féministe du long-métrage, où nos héroïnes reprennent le contrôle de leur vie respective en se sortant des griffes des hommes qui les empêchent de se révéler, que ce soit des criminels, des mafieux ou même des policiers.
Si cette partie peut se montrer manichéenne, elle est compensée par un autre aspect féministe, la sororité, proposant des interactions rafraîchissantes entre toutes ces femmes de caractère, entre l’amitié naissante entre Harley et sa protégée, Cassandra Cain ou encore l’entraide musclée de notre duo avec Renee Montoya, Black Canary et Huntress face aux ennemis, avec répliques qui claquent et combos qui font mal à la clé, faisant le sel du long-métrage. En voyant l’efficacité de cette collaboration, on ne peut que regretter au final que nos Birds Of Prey n’aient qu’une fonction limite accessoire, Huntress en particulier, ce qui est dommageable dans un film éponyme qui ne les développent pas suffisamment.

En ce qui concerne la distribution, les actrices et acteurs aident à nous impliquer dans cette aventure survitaminée et leur plaisir à participer à ce spectacle est communicatif. Si toutes les femmes ont un rôle à jouer, aussi infime soit-il (on pense à Mary Elizabeth Winstead qui aurait clairement mérité plus de temps de présence, même si Rosie Perez, Jurnee Smollett-Bell et Ella Jay Basco ne déméritent pas, proposant des prestations convaincantes), la star de Birds Of Prey est Margot Robbie, qui porte quasiment à elle toute seule le long-métrage. Habitée dans la peau de Harley Quinn, celle-ci propose un véritable numéro, volant la vedette à tous ses camarades avec son interprétation perchée de son personnage-phare, donnant de sa personne aussi bien émotionnellement, parvenant à insuffler en plus de cette aura délirante une innocence désarmante, associée à une dose de sensibilité, que physiquement, prenant part à des cascades en tout genre. Après les patins à glaces (dans Moi, Tonya) elle maîtrise les patins à roulettes. Du côté des hommes, Ewan McGregor et Chris Messina forment un tandem complémentaire dans la peau de Roman Sionis (alias Black Mask) et de Victor Zsasz, les deux comédiens s’amusant à camper ces criminels, plus particulièrement McGregor, qui s’éclate à incarner un ennemi classe et sadique mais qui, on le déplore, ne se mouille (presque) jamais.

Ce bonbon acidulé qu’est Birds Of Prey pétille également grâce à la réalisation rock n’ roll de Cathy Yan, dont le style clipesque se rapproche de celui de David Ayer, ce qui est dans un sens dans la continuité visuelle de Suicide Squad même si elle parvient à rapidement apposer sa patte, principalement au niveau des séquences d’action qui, à l’instar de son prédécesseur, sont parfaitement lisibles et dynamiques. L’interdiction aux moins de douze ans permet de mettre l’accent sur la violence, ce qui est réussi grâce à l’aide de Chad Stahelski (John Wick) qui a collaboré à leur mise en scène, ce qui se ressent à l’écran où les coups pleuvent et les os se brisent, pour un résultat brutal qui apporte un souffle nouveau au sein de l’Univers Cinématographique DC.

Avec Birds Of Prey, Cathy Yan propose un spin-off complètement déjanté, apprenant des erreurs de Suicide Squad pour mieux apporter ce sentiment de chaos qui manquait cruellement à l’oeuvre de David Ayer. Si le scénario se perd parfois en chemin et que le rythme effréné est de temps à autres éreintant, le long-métrage offre un généreux divertissement, immergeant le spectateur dans un trip sous acides, un délire porté par une distribution enjouée, à commencer par Margot Robbie qui irradie l’écran dans la peau de inénarrable Harley Quinn.

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