[Critique] Sol, tisser des liens

L’actrice Jézabel Marques passe pour la première fois derrière avec Sol, comédie pour laquelle elle s’est entourée de Chantal Lauby, Camille Chamoux, Giovanni Pucci, Serge Bagdassarian et Yannick Rénier. Présenté en avant-première lors de la vingtième édition de l’Arras Film Fesitval, le long-métrage se centre sur le personnage de Sol, célèbre interprète de Tango argentin, qui revient en France pour tisser des liens avec son petit-fils.

Avec Sol, Jézabel Marques nous livre un premier film pétillant, qui ne manque pas de charme.

A l’image du Tango argentin, véritable acteur du film, Sol nous entraîne dans dans un chaleureux pas de deux entre une mère et sa belle-fille. Voulant rattraper le temps perdu avec son petit-fils qu’elle n’a jamais vu, Solange (dit Sol), fantasque chanteuse, revient en France pour renouer le contact avec cette partie de la famille qu’elle ne connaît pas. Malicieuse, elle profite d’un quiproquo pour s’immiscer à l’insu d’Eva, sa bru. De ce point de départ digne d’un vaudeville, Jézabel Marques tricote une comédie qui repose sur l’antagonisme de son duo féminin, qui ne manque pas de piquant.

Le tandem Chantal Lauby/Camille Chamoux est complémentaire et leur relation est ce qui procure le sel du long-métrage. La première s’amuse comme une enfant dans la peau de cette diva espiègle et manipulatrice tandis que la seconde change de registre pour proposer une prestation plus introvertie, offrant des nuances bienvenues, ce qui sert l’intrigue et l’évolution de cette co-habitation saugrenue entre ces deux femmes que tout oppose au premier abord.
L’humour prédomine, avec quelques répliques bien senties, souvent délivrées par une Chantal Lauby fantasque, et des situations cocasses qui augmentent le capital sympathie de Sol. A ce duo se greffe le jeune Giovanni Pucci qui, dans la peau de Jo, convainc et ajoute une dose d’innocence au milieu de ce petit monde.

Si la trame principale est convenue, le public sachant rapidement comment les événements vont se terminer, ce qui rajoute un cachet au film est la dose de sensibilité agrémentée à cette histoire familiale dysfonctionnelle. Appuyée par la réalisation inspirée de Jézabel Marques, le thème du deuil est abordé avec sobriété et douceur, sans jamais versé dans le mélodrame. L’absence d’un être proche est au coeur des enjeux de Sol et à travers des séquences soignées où jeux de miroirs et réminiscences du passé nous souligne que les défunts vivent toujours parmi nous. La vie d’ailleurs est célébrée via l’expression des corps liée au Tango, bien retranscrit à l’écran. Un message traité subtilement et qui se conjugue bien avec la légèreté propre à la comédie.

Avec Sol, Jézabel Marques signe un premier film attachant avec cette comédie qui instille un parfum de folie douce et d’amertume au travers de cette histoire familial. Le charme opère grâce aux facéties de Chantal Lauby et à la sensibilité de Camille Chamoux.

© StudioCanal

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